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Les premiers résultats sur la croissance

  • Tranchant avec la sinistrose ambiante, les chiffres de la croissance sont revus à la hausse par l'Insee, ce qui ravit la ministre de l'Economie et l'Elysée.
  • Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement".
La sinistrose n'est que dans les têtes ! Les bons chiffres de la croissance française révélés jeudi par l'Insee abondent en tout cas dans ce sens. Le produit intérieur brut (PIB) de la France a nettement accéléré au premier trimestre 2008, progressant de 0,6% après 0,3% au dernier trimestre 2007. L'institut national de la statistique a par ailleurs revu à la hausse la croissance pour 2007 à 2,1%, après une précédente estimation à 1,9%. L'acquis de croissance, c'est-à-dire le niveau de croissance dont on est sûr qu'il sera atteint sauf récession à venir, s'établit donc à 1,4% à la fin mars 2008.

Le gouvernement tablait pour 2007 sur une croissance comprise entre 2% et 2,5%. "Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit", a dit Christine Lagarde. "On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit nous ferons au moins 2%", "on sort à 2,2% : c'est plus que la fourchette basse de nos prévisions", a constaté une Christine Lagarde revancharde. "On a eu un bon investissement des entreprises et une bonne contribution des exportations, qui prennent un peu le relais de la consommation, plutôt faible au premier trimestre 2008", a-t-elle estimé.

"Les remèdes sont confortés"

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat". "Les résultats de 2007 comme les estimations pour le premier trimestre 2008 sont conformes aux prévisions du gouvernement en dépit d'un contexte international difficile", relève le chef de l'Etat. "Le diagnostic posé sur la situation de notre pays et les remèdes à y apporter sont confortés", estime-t-il.

Dans la même veine, François Fillon a saisi l'occasion pour valider la politique de son gouvernement. "C'est une très, très bonne nouvelle" et "j'invite tous ceux qui pendant six mois nous ont expliqué que la croissance française serait bien inférieure à réfléchir à deux fois avant de faire de nouvelles prévisions", a lancé le Premier ministre devant la presse sur le perron de Matignon. "Les chiffres de la croissance montrent que l'économie française, dans un climat international très difficile, résiste très bien".

L'enthousiasme a aussi gagné le ministre du Budget Eric Woerth qui estime que les chiffres annoncés sont une "bonne surprise", et affirme que la prévision de croissance du gouvernement pour 2008 est "crédibilisée". "La croissance en France tient plutôt bien. Sur la moyenne des pays européens nous avons réduit l'écart", a-t-il déclaré sur iTélé. L'économie allemande a en effet affiché de son côté une robustesse surprenante début 2008, son PIB ayant progressé de 1,5% au premier trimestre.

Cerise sur le gâteau, cette révision à la hausse de la croissance permet à la France de réduire sa dette publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) à 63,9% du PIB en 2007, contre 64,2% précédemment. A 50,3 milliards d'euros, le déficit public pour 2007 reste quant à lui à 2,7% du PIB, en-deçà du seuil de 3% prévu dans le pacte de stabilité de l'Union européenne.

Internet : Le décret de la dérive

  • Selon Les Echos, le projet de décret élargirait considérablement le champ des données personnelles conservées un an par les acteurs d'Internet.
  • Le projet de décret serait déjà bien avancé et il n'y manquerait plus que l'accord du Conseil d'Etat et les signatures des ministres concernés.
Les internautes risquent d'être bientôt de plus en plus surveillés. Adresse IP, mot de passe, login, pseudo, terminal utilisé... Si le projet de décret sur lequel planchent les ministères de la Justice et de l'Intérieur voit le jour (et s'il faut en croire Les Echos, ce pourrait être sous peu), toutes ces données et d'autres encore devraient être conservées pendant un an, retraçant ainsi l'activité de toute personne présente sur Internet et permettant de l'identifier. Selon le quotidien économique, contrairement au décret du 26 mars 2006, publié à la suite des lois "Economie numérique" de juin 2004 et "Lutte contre le terrorisme" de janvier 2006, ce texte ne viserait plus les seuls opérateurs télécoms, mais tous les acteurs d'Internet, FAI et hébergeurs compris ; et les données à conserver seraient bien plus larges, puisqu'elles ne se limiteraient pas aux seules données de connexion.

Selon le texte cité par Les Echos, seraient concernées toutes les données permettant "l'identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l'un des contenus des services". De quoi susciter un beau mouvement de révolte dans la communauté d'Internet, où tout ce qui concerne les données personnelles et leur conservation est pour le moins sensible. Un premier projet de décret portant sur le même sujet... et comportant des propositions à peu près identiques, avait déjà provoqué l'an dernier une levée de boucliers.

Les acteurs d'Internet réclament de la clarté

FAI, hébergeurs et opérateurs, cités par Les Echos, dénoncent "l'absence de lisibilité et de cohérence du périmètre des données à conserver" et les "conséquences de l'empilement des textes sur la lisibilité et la cohérence des obligations imposées". Méfiance également de la part de certaines des autorités déjà consultées pour avis. L'une d'elles, la Commission supérieure du service public des postes et télécommunications, a rendu le 24 octobre 2007, assure le quotidien économique, "un avis pour le moins réservé". Elle n'est pas favorable, par exemple, à la conservation des mots de passe. Et elle a des interrogations sur l'adresse IP.

Le fameux décret ne s'apprête pas moins à voir le jour, selon Les Echos. Il n'y manquerait plus que l'aval du Conseil d'Etat, et six signatures : celles du Premier ministre François Fillon et des ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, de la Défense Hervé Morin, de la Justice Rachida Dati, de l'Economie Christine Lagarde et du Budget Eric Woerth.

Un décret à revoir et surtout à me pas signer en cachette sans négociation car c'est, je le pense, une très mauvaise idée et surtout une grande dérive. Certes, il y a le terrorisme, la pédophilie... mais il ne faut pas réaliser un flicage massif et ne pas porté atteinte à la liberté de circulation. Pourquoi conserver des mots de passe par exemple, ou allons nous ?

Une pause dans la réduction de la dette

  • Le déficit de l'Etat est prévu à 41,7 milliards d'euros pour 2008, selon le projet de loi de Finances 2008 présenté mercredi en conseil des ministres.
  • Le projet sera examiné la semaine prochaine par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'examen en séance par les députés étant prévu à partir du 16 octobre.

Le gouvernement appuie sur la touche pause. Le très attendu projet de loi de Finances 2008 était présenté mercredi en conseil des ministres, moins d'une semaine après les déclarations de François Fillon, qui évoquait vendredi "la faillite sur le plan financier" de la France. Le projet 2008 prévoit notamment une réduction très marginale du déficit public et de la dette de la France en 2008, programmés respectivement à 2,3% et 64,0% de son produit intérieur brut (PIB), contre 2,4% et 64,2% prévus pour 2007.

Le déficit de l'Etat est prévu à 41,7 milliards d'euros pour 2008, en très légère baisse par rapport au déficit inscrit pour 2007 dans la loi de finances initiale (41,996 milliards). Pour cette année, le gouvernement prévoit de ramener le déficit de l'Etat à 38,3 milliards d'euros, soit plus de trois milliards de mieux que prévus dans la loi de finances initiale. "On est en légère réduction, ça veut dire qu'on n'est pas loin de la stabilité", a déclaré le ministre du Budget, Eric Woerth, en décrivant "un budget d'investissement et d'avenir".

Le total des dépenses du budget général sont prévues à 271,8 milliards d'euros pour 2008, dont 8,9 milliards au titre du "paquet fiscal", 800 millions pour le crédit d'impôt recherche et 2,9 milliards pour la réforme de la taxe professionnelle. Selon le projet de budget du gouvernement, le déficit des administrations publiques (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) est fixé à 2,3% du PIB en 2008, contre 2,4% en 2007, soit une très légère réduction. La dette de l'Etat est prévue à 64,0% du PIB en 2008, marginalement inférieure à celle de 2007 (64,2%).

De nouvelles franchises dès le 1er janvier

  • Alors que le déficit de la Sécu dérape, le gouvernement prévoit un plan d'économies pour 2008 pour renflouer les caisses.
  • Taxes sur les préretraites, franchises médicales et incitation à l'emploi des seniors sont au menu.
"En France, les dépenses de santé représentent 11% de notre PIB (Produit intérieur brut) contre 9% en moyenne dans les pays de l'OCDE", a souligné Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et de la Jeunesse et des Sports lors de la présentation des remèdes au dérapage des dépenses de santé. Cette année, le déficit atteindra 11,7 milliards d'euros sous l'effet, notamment, d'un creusement du déficit de la branche vieillesse, quand la branche maladie se porte un peu mieux. "Et le déficit se creuserait à 14 milliards d'euros en 2008 si nous ne faisions rien", a estimé Eric Woerth, ministre du Budget.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, appelé barbarement PLFSS, prévoit donc de ramener le trou de la Sécu à 8,9 milliards d'euros l'an prochain. "Il faut donc aller chercher 4 milliards d'euros", a souligné Eric Woerth. Le budget de la Sécu est, lui, de 300 milliards d'euros. L'instauration de nouvelles franchises médicales dès le 1er janvier 2008 devrait rapporter 850 millions d'euros, selon les projections présentées lundi après-midi. Elles seront de 50 centimes par boîte de médicaments, 50 centimes par acte paramédical et 2 euros pour les transports sanitaires. Dans la limite de 50 euros par an. Les plus démunis (CMU et minima sociaux), les femmes enceintes et les enfants ne seront pas concernés par ces franchises. Ces recettes seront affectées au financement du plan Alzheimer et à la lutte contre le cancer.

Pas de facilité pour les préretraites

Autre source de recettes : la taxation, via la CSG et la CRDS sur les dividendes d'actions avec un an d'avance qui devrait rapporter 1,3 milliard d'euros. Le PLFSS s'en prend également aux préretraites en décidant de les taxer davantage pour en rendre l'utilisation moins aisée. "En France, seuls 37,6% des plus de 55 ans ont encore une activité contre 70% des Suédois", a rappelé Eric Woerth. La contribution sur les préretraites va donc passer de 24,5% à 50% : soit 80 millions de plus dans les caisses de la Sécu. Une contribution sur les mises à la retraite automatiques avant 65 ans sera instaurée. Gain attendu : 300 millions d'euros.

Enfin, le gouvernement compte sur les médecins eux-mêmes pour réduire les dépenses de santé. Ils auront des objectifs individuels en termes de prescription d'arrêt maladie ou de médicaments. Roselyne Bachelot a voulu rassurer les jeunes médecins : même si une meilleure répartition géographique est souhaitée, une négociation sera entamée et "aucun calendrier n'est arrêté".

Seul poste de dépense supplémentaire en 2008 : l'allocation à la garde d'enfant. Celle-ci sera revalorisée de 50 euros et passera à 425 euros par mois pour les ménages les plus modestes. Quant aux personnes âgées dépendantes, le PLFSS "accentue l'effort en direction des services de soins infirmiers à domicile. (...) Là où les créations de places s'élevaient à environ 4.000 par an entre 2004 et 2007, ce sont 6.000 places nouvelles qui seront créées chaque année en 2007 et en 2008".

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