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Borloo veut vérifier les nappes phréatiques près des centrales nucléaires

  • Après l'incident du Tricastin, classé au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires, Jean-Louis Borloo "veut une totale transparence sur le dossier".
  • Le ministre a par ailleurs demandé à la PDG d'Areva Anne Lauvergeon de se rendre à l'usine du site du Tricastin et de faire un audit interne.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo veut faire vérifier toutes les nappes phréatiques près de l'ensemble des centrales nucléaires après l'incident qui s'est produit la semaine dernière sur le site de Tricastin. Incident qui a par ailleurs été classé au niveau 1, au bas de l'échelle des incidents nucléaires qui va de 0 à 7.

Interrogé, dans le cadre d'un entretien publié jeudi par Le Parisien, sur les motivations de sa saisine du Haut-Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire à la suite de cet incident, il répond : "Je veux une totale transparence sur ce dossier (...) Il a déjà pu auditionner l'industriel, l'Autorité de Sûreté nucléaire, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire et les préfets en charge du dossier". "Je souhaite qu'il se penche sur la situation radio-écologique de l'ensemble des sites nucléaires et que l'on vérifie notamment l'état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires françaises", ajoute-t-il. "Il faut faire un état des lieux et j'attends du Haut-Comité une analyse", dit-il.

"Fautes professionnelles"

Le ministre souligne aussi que c'est lui qui a demandé à la PDG d'Areva Anne Lauvergeon de se rendre à l'usine Socatri située sur le site du Tricastin (Vaucluse) et de faire un audit interne. Interrogé sur l'objet de son entretien avec Mme Lauvergeon, qu'il doit rencontrer ce jeudi, il répond: "Je lui ai déjà demandé (...) de tirer toutes les conséquences qui s'imposent s'il s'avère que des fautes professionnelles sont à l'origine de cet incident". "Même s'il ne s'agit pas ici d'un incident nucléaire, mais d'un dysfonctionnement au niveau de l'entretien de la centrale, lorsqu'on travaille dans le domaine du nucléaire, aucune négligence ne peut exister. Et la transparence doit être exemplaire", insiste-t-il.

L'organisation Greenpeace explique qu'elle ne peut "que soutenir" cette initiative mais que les contrôles doivent être élargis à tous les sites nucléaires : sites de traitement des matières, anciennes mines d'uranium, sites militaires et centres de stockage des déchets.

De son côté, le Réseau "Sortir du nucléaire" se "félicite" de la décision de Jean-Louis Borloo tout en souhaitant que de nombreux autres sites nucléaires gérés par Areva fassent l'objet de mesures similaires. L'organisation anti-nucléaire estime par ailleurs que, pour que les résultats "ne puissent souffrir d'aucun soupçon", ces prélèvements doivent être faits par des organismes indépendants "n'ayant aucun lien avec les industriels du nucléaire ni avec l'Etat français".

Borloo présente la loi d'orientation du Grenelle de l'environnement

  • Le ministre de l'Ecologie a détaillé mercredi matin le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement. Il sera soumis au Parlement avant l'été.
"Nous avons tenu le pari de mettre dans une loi les engagements et les conclusions du Grenelle. Le texte du projet de loi d'orientation reprend fidèlement les conclusions du Grenelle". Visiblement satisfait, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a présenté mercredi matin en détails le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement. "On avait dit que le texte serait prêt avant l'été. Il sera soumis au Parlement avant l'été comme le président de la République s'y était engagé". Le texte du projet de loi (appelé Grenelle I) est envoyé ce mercredi au Conseil économique et social.

La loi d'orientation sera présentée ensuite au Conseil d'Etat puis examinée en Conseil des ministres fin mai pour une première lecture à l'Assemblée nationale avant l'été. Cette loi sera suivie par un paquet Grenelle II, consacré à la mise en forme réglementaire et législative des dispositions dans le bâtiment et les transports, avant l'été également. Un Grenelle III, consacré notamment aux pratiques agricoles, arrivera au Parlement à l'automne.

Le détail de quelques points importants :
  • Les 30 pesticides les plus dangereux retirés d'ici fin 2008
Les trente produits phytopharmaceutiques "les plus préoccupants" seront retirés du marché d'ici fin 2008. Il s'agit de "généraliser les pratiques agricoles soutenables et productives. Il est ainsi prévu de retirer du marché les substances phytopharmaceutiques les plus préoccupantes en fonction de leur substitualité : 30 d'ici fin 2008, 10 d'ici fin 2010", précise le texte. Il s'agit également de diminuer de 50% d'ici 2012 celles pour lesquelles il n'existe pas de produits ni de pratiques de substitution. L'objectif est de réduire de moitié les usages des pesticides en dix ans "en accélérant la mise au point de méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point". Le projet de loi indique par ailleurs que l'objectif pour la surface agricole utile en agriculture biologique est d'atteindre 6% du total en 2013 et 20% en 2020. Le crédit d'impôt en faveur de l'agriculture bio sera doublé dès 2009 afin de favoriser la conversion des exploitations agricoles vers le bio. Enfin, la part des produits bio dans la restauration collective publique devra atteindre 15% en 2010 et 20% d'ici 2012.
  • Multiplication par 6 des transports urbains en site propre en 15 ans
Les transports urbains en site propre hors Ile-de-France seront multipliés par six en quinze ans, de 329 à 1.800 km, afin de permettre notamment "le désenclavement de quartiers sensibles", selon le texte. Sur une première tranche de travaux de 12 milliards d'euros d'ici 2020, l'Etat contribuera aux projets nouveaux à hauteur de 2,5 milliards, précise le texte.
  • 2000 km de lignes TGV supplémentaires d'ici 2020
L'Etat entend créer 2.000 km de lignes supplémentaires pour les trains à grande vitesse d'ici 2020 pour relier les capitales régionales, selon le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement présenté mercredi à la presse par le ministère de l'Ecologie. "La réalisation de 2.000 km de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse sera lancée d'ici 2020", indique le texte. Sont concernées : la ligne Tours-Bordeaux, le contournement de Nîmes et Montpellier, la ligne Montpellier-Perpignan, la ligne Bretagne-Pays de la Loire, les deuxièmes phases de la ligne Est et de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône, l'interconnexion sud des lignes à grande vitesse en Ile-de-France, les lignes Provence-Alpes Côte d'Azur, Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Hendaye, et les branches sud et ouest de Rhin-Rhône. "Un programme supplémentaire de 2.500 km sera défini dans une perspective de long terme incluant notamment la mise à l'étude d'un barreau est-ouest", indique également le texte de loi, sans autre précision.
  • Réduire de 38% la consommation énergétique dans le bâtiment d'ici 2020
L'Etat veut réduire "d'au moins 38%" d'ici 2020 les consommations énergétiques du parc existant de bâtiments, selon le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement présenté mercredi à la presse par le ministère de l'Ecologie. Dans le neuf, le gouvernement veut imposer la norme "basse consommation" (consommant moins de 50 kWh par an et par m2) à toutes les constructions neuves dès la fin 2012 et par anticipation dès la fin 2010 à tous les bâtiments publics et tertiaires. La norme "énergie positive" (des bâtiments qui consomment moins d'énergie qu'ils n'en produisent à partir d'énergies renouvelables) sera imposée à partir de la fin 2020 pour toutes les constructions neuves. Dans l'ancien, l'Etat mettra en place des "incitations financières destinées à encourager et accélérer la réalisation de travaux" en favorisant la conclusion d'accords avec les banques et les assurances. Il s'agira notamment de développer des prêts aux particuliers dont le remboursement des annuités d'emprunt ne devra pas dépasser le montant des économies d'énergie réalisées grâce aux travaux de rénovation. Le secteur du bâtiment contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre et consomme plus de 40% de l'énergie finale consommée en France. De son côté, l'Etat entend se montrer exemplaire : audit énergétique généralisé de ses bâtiments d'ici 2010 et lancement de la rénovation pour la totalité d'entre eux avant 2012 afin de réduire de 40% au moins la consommation d'énergie et de moitié les émissions de gaz à effet de serre dans un délai de dix ans.

Climat tendu entre l'Elysée et Matignon

  • Des OGM à la carte "familles nombreuses", Nicolas Sarkozy a dû monter au créneau trop souvent, estiment ses collaborateurs.
La scène se déroule mardi, à la sortie d'une réunion de crise à l'Élysée sur le projet de loi OGM. Un collaborateur du président lève les yeux au ciel : "Fillon, c'est la cata, il n'a rien géré. Ce n'est tout de même pas le job du président de rédiger des sous-amendements". Dans la matinée, Nicolas Sarkozy a fait venir en urgence François Fillon, le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, les présidents des groupes UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, et au Sénat, Henri de Raincourt, et les rapporteurs de la loi OGM. Le but : trouver un compromis sur ce projet de loi qui donne à la majorité tant de fil à retordre depuis la semaine dernière . Lundi, le premier ministre est resté en retrait lors de la réunion. Jouant sa proximité avec les députés UMP, alors que Nicolas Sarkozy voulait leur faire accepter un amendement censé calmer les anti-OGM. "C'est toute la crédibilité du Grenelle de l'environnement qui se jouait sur ce dossier OGM. Le président est intervenu hier, parce qu'il ne pouvait pas laisser passer ça", explique-t-on dans l'entourage du président. "Mais ce n'est pas parce qu'il défend plutôt la ligne Kosciusko-Morizet qu'il a approuvé sa méthode", précise-t-on à l'Élysée où l'on rappelle que "le président le lui a dit personnellement".

"Que se passe-t-il quand un dossier du gouvernement tourne mal ? C'est encore Sarkozy qui s'y colle !", s'exclame-t-on à l'Élysée, où on se dit las d'être "les pompiers de service" . Et de citer le cas de la carte famille nombreuse : "une c…, voilà ce qui arrive quand la technostructure tourne à vide. On ne peut pas tout surveiller". Voilà un autre dossier sur lequel Nicolas Sarkozy est intervenu en fin de semaine, pour démentir François Fillon. Le premier ministre avait annoncé de­puis le Japon qu'il était bien question de confier à la SNCF le fi­nancement de la carte famille nombreuse, dans le cadre de la révision des politiques publiques. À l'énervement de la fin de semaine dernière s'ajoutait mardi la "gaffe" de Roselyne Bachelot sur le non-remboursement des lunettes.

"Tenir le cap des réformes"

Cette proche de Fillon, qui lui doit sa place au gouvernement, "a été prise au dépourvu", s'agace-t-on à l'Élysée. Des reproches qui "ne manquent pas de saveur", s'amuse un proche de Fillon : "Le président nous demande d'être interventionnistes. Soit. Mais alors qu'il ne se mêle pas de tout !". Au passage, on rappelle que le président est celui qui "fait des annonces à la place de ses ministres", en citant Christine Albanel qui apprit "un quart d'heure avant la conférence de presse du président qu'il voulait supprimer la pub de la télévision publique". Ou encore les propositions "brouillonnes" du chef de l'État sur Arcelor.

Face à ces agacements élyséens, François Fillon "est de plus en plus détaché", reconnaît l'un de ses proches. "Il ne veut pas se perdre dans ces querelles picrocholines. L'essentiel est de tenir le cap des réformes", explique ce dernier. À l'Élysée, un proche du président calme lui aussi le jeu : "Fillon, il le connaît par cœur, il sait pertinemment ce qu'il sait faire ou ne pas faire. Et il sait bien qu'ils font équipe jusqu'en 2009."
"Fillon, réveille toi ! Il est temps"
Sarkozyfrance2007

Les Français prennent partie pour Kosciusko-Morizet

  • 78% des Français approuvent les "positions assez restrictives" sur les OGM de "NKM" et 74% désapprouvent la punition du Premier ministre.
  • La secrétaire d'Etat à l'Ecologie avait été sommée mercredi de présenter des excuses publiques après avoir accusé Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé de "lâcheté" dans le débat sur le projet de loi OGM.
Sommée par François Fillon de présenter des excuses publiques cette semaine pour avoir accusé son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo d'être entré dans "un concours de lâcheté" avec Jean-François Copé, le chef des députés UMP, sur le projet de loi sur les OGM. Puis privée de voyage au Japon avec le Premier ministre. Et enfin interdite de banc à l'Assemblée lors de la séance de mercredi. Après ces trois "punitions", le Premier ministre avait déclaré mercredi soir que l'incident Kosciusko-Morizet était "clos".

Interrogés par l'Ifop pour Le Journal du Dimanche sur la mini-crise au sein du gouvernement de mercredi dernier, trois Français sur quatre ont dit déplorer la décision du Premier ministre de sanctionner la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. 74% la jugent "mauvaise" contre 22% qui l'approuvent. Les avis sont en revanche partagés du côté des sympathisants de l'UMP qui y voient à 46% une "bonne décision" et à 48% une "mauvaise décision".

Quant au fond, près de 8 Français sur 10 donnent raison à Nathalie Kosciusko-Morizet. Ils sont en effet 78% à approuver les "positions assez restrictives concernant la culture des OGM" prises par la secrétaire d'Etat devant l'Assemblée nationale. 16% sont d'un avis contraire. 6% ne se prononcent pas. Une large majorité des sympathisants de l'UMP lui ont également donné raison, 67% contre 26%.
"Bravo Nathalie Kosciusko-Morizet pour ce courage et cette vérité"
Sarkozyfrance2007

OGM : la France engage la clause de sauvegarde

  • Matignon a annoncé que la France allait déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810.
  • José Bové a annoncé qu'il cessait sa grève de la faim.
La France a décidé de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture. "Le Gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810, jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", déclarent dans un communiqué les services du Premier ministre, qui soulignent avoir pris cette décision "en application du principe de précaution".

Techniquement, la clause doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Monsanto, le géant américain de l'agro-chimie qui produit ce maïs, a par ailleurs 15 jours pour présenter sa défense. Le gouvernement a ajouté que "les doutes sur cet OGM actuellement cultivé en France ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux". Il a également a annoncé dans la foulée "un plan sans précédent d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels".

Bové cesse sa grève de la faim

José Bové a immédiatement annoncé vendredi soir qu'il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants. "C'est ce qu'on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l'ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s'alimenter", a-t-il déclaré. "On recommencera à s'alimenter demain à midi", a-t-il ajouté. Tous réclamaient l'activation par la France de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne afin de suspendre la culture en France du maïs MON810.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, "c'est l'esprit de responsabilité du Grenelle de l'environnement qui permet ce soir au gouvernement d'enclencher la clause de sauvegarde. Le plus important maintenant, c'est la loi. Il faudra appliquer à ce texte le même esprit de principe de précaution". Même réaction du côté de Greenpeace. Arnaud Apotheker, spécialiste des OGM à Greenpeace-France, a exprimé "sa joie". "Cette décison fait qu'il n'y aurait pas d'OGM en culture sur le territoire français en 2008 et va permettre de discuter de la loi de manière sereine. Cette loi devra prendre en compte de la même façon ce principe de précaution", a-t-il ajouté.

Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause "en cas de doute sérieux" sur le MON810. Or, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de "doutes sérieux" sur ce maïs, dans un avis remis mercredi au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Un avis toutefois contesté, notamment par douze scientifiques membres de la Haute autorité. Dans un communiqué jeudi soir, ils "font remarquer" que "le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de doutes sérieux, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de négatifs", comme l'a déclaré le président, le sénateur Jean-François Le Grand. Ils se disent donc "gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription" et "regrettent le manque de temps qui ne leur a pas permis, d'une part de réaliser une expertise plus complète du MON810 selon les critères de l'expertise collective, et d'autre part de relire sereinement l'avis avant sa diffusion".

OGM : la Haute autorité émet des "doutes sérieux"

  • Dans un avis, elle relève "un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" pour la faune et la flore.
  • Selon José Bové, il n'y a désormais "qu'une seule possibilité" : la clause de sauvegarde.
La Haute autorité provisoire sur les OGM a "relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" dans son avis sur le maïs OGM MON 810, à propos duquel elle exprime des "doutes sérieux", a indiqué mercredi son président, Jean-François Le Grand. Selon lui, les éléments scientifiques nouveaux sont "la dissémination à longue distance, sur plusieurs dizaines, voire centaines de km" de l'OGM en question, "la résistance chez des insectes" et "les effets constatés sur la flore et la faune", notamment sur le lombric et les micro-organismes.

"Cet avis est conforme à l'état d'esprit du Grenelle" de l'environnement, a de son côté souligné Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement. "Des scientifiques pointus nous ont répondu qu'il y avait des éléments scientifiques nouveaux par rapport à ceux qui avaient permis l'autorisation du MON 810 en 1998 et ils ont fait état de doutes sérieux".

"Une seule possibilité"

Pour le leader altermondialiste José Bové, il n'y a désormais "qu'une seule possibilité" : la clause de sauvegarde. "On attend la décision du ministre de l'Ecologie (...). A mon avis il n'y a qu'une seule possibilité", a-t-il déclaré sur LCI, faisant allusion à l'activation par la France de la clause de sauvegarde qui lui pemettrait d'interdire la culture du MON 810. Même réaction au sein des associations écologistes. "Je vois mal comment avec un avis pareil on pourrait ne pas appliquer la clause de sauvegarde", a déclaré Arnaud Apoteker, de Greenpeace. "Il est évident pour nous ce soir que la clause de sauvegarde sera activée par le président de la République", a déclaré de son côté Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement.

Du côté de la FNSEA par contre, "rien ne devrait pousser le gouvernement à accélérer un processus de décision sur cette clause de sauvegarde, à moins d'agir d'une facon politicienne", explique le vice-président du syndicat agricole, Pascal Férey. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a indiqué que le gouvernement prendrait une position officielle sur l'activation, ou non, de la clause de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Mardi, Nicolas Sarkozy s'était déclaré prêt à faire jouer cette clause en cas de "doute sérieux" sur ces cultures "jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème". Cette clause permet à un pays européen d'interdire un organisme génétiquement modifié autorisé par l'Union européenne à condition de le justifier par des éléments scientifiques nouveaux.

Sarkozy lance un "New Deal écologique"

  • Le chef de l'Etat a conclu jeudi le Grenelle de l'environnement en annonçant une série de programmes ambitieux.
  • Al Gore et Manuel Barroso étaient à ses côtés.
C'est dans un "plan Marshall" du développement durable, dans un "New Deal écologique" que la France veut s'engager, a affirmé jeudi Nicolas Sarkozy. Son discours volontariste a conclu les deux journées du Grenelle de l'environnement et repris les principales mesures proposées par les négociateurs de ces tables rondes : représentants de l'Etat, des associations écologistes, de l'entreprise et des collectivités territoriales.

"Vos mesures, je les fais miennes (...) je les mettrai en œuvre", leur a assuré le président de la République, après avoir rendu un hommage appuyé aux participants et à Jean-Louis Borloo. "C'est bien à une révolution que nous amène le Grenelle de l'environnement, a-t-il pointé. Révolution des comportements, des objectifs, des politiques, des critères."

Fiscalité

Nicolas Sarkozy s'est prononcé "contre toute fiscalité supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises". Selon lui, "tout impôt nouveau doit être compensé". Il demandera ainsi à l'Union européenne "une TVA à taux réduit sur tous les produits écologiques". La création de la taxe climat-énergie, ou taxe carbone que réclamaient les ONG écologistes, sera ainsi adoptée "en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail". "L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail", a-t-il poursuivi.

En revanche, Nicolas Sarkozy veut s'attaquer au "dumping environnemental", qu'il considère comme une "déloyauté", en taxant les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. Il a souhaité que ses partenaires européens prennent part à ce combat.

Investissements

Rappelant que la politique en faveur de l'environnement est avant tout une politique d'investissements, Nicolas Sarkozy a annoncé un "programme national de développement durable", doté d'investissements massifs, à l'image du Plan Marshall américain qui a permis à l'Europe de se relever après la deuxième guerre mondiale. Un milliard d'euros sur quatre ans seront ainsi consacré à la recherche "verte". Des fonds seront également consacrés au développement des transports alternatifs à la route (voies ferrées, fluviales...) afin de réduire de trois millions le nombre de camions circulant en France d'ici à 2020.

Le gouvernement souhaite aussi investir dans le bâtiment neuf et ancien (800.000 HLM à rénover en priorité) ainsi que dans une "agriculture durable", utilisant moins de pesticides. Les cantines publiques proposeront ainsi au moins un repas bio par semaine. Tous ces engagements financiers se traduiront par "100.000 nouveaux emplois dans le bâtiment, 50.000 dans les énergies nouvelles", a précisé le président, évoquant une baisse de 40% de la facture énergétique des ménages en 2020.

Transparence

"Les Français ont le droit de savoir et de se faire leur propre opinion", a souligné le chef de l'Etat, qui prône un "droit de transparence total, y compris sur le nucléaire et les OGM". Face aux "doutes" que soulèvent les cultures transgéniques, le président a ainsi annoncé la "suspension de la commercialisation des OGM pesticides avant la fin de l'année". En revanche, "il est illusoire de relever le défi climatique sans le nucléaire", a-t-il dit, mais "le nucléaire n'est pas la solution unique". D'où le lancement prochain d'un "programme national des énergies renouvelables" avec la "même ambition" que le programme nucléaire démarré en 1974. Double objectif : réduire les besoins d'énergie et parvenir à 95% d'énergie électrique sans carbone.

Le chef de l'Etat a par ailleurs défendu le "principe de précaution", contesté par les travaux de la Commission Attali sur la croissance, expliquant qu'il devait "être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions.

Hommage aux Français

Trois invités d'honneur étaient également présents : l'Américain Al Gore et la Kényane Wangari Maathai, deux prix Nobel de la Paix honorés pour leur combat en faveur de la préservation de la planète, ainsi que le président de la commission européenne, Manuel Barroso. L'ex-vice président américain a adressé ses "félicitations au peuple français" et au président Sarkozy pour avoir su organiser le Grenelle de l'environnement. "Nous avons besoin d'un Grenelle mondial, a déclaré Al Gore, pour aller loin et vite."

Création du Parc naturel marin d'Iroise

Jean Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont annoncé la création officielle du parc naturel marin d'Iroise, dont le décret de classement a été publié au Journal Officiel du 2 octobre 2007. Le parc naturel marin d'Iroise est le premier créé en application des dispositions de la loi du 14 avril 2006. Il couvre une superficie de 3.550 km².

L'Iroise occupe, selon le ministère de l’écologie une position stratégique à l'extrême ouest de la France métropolitaine, au large du Finistère. L'Iroise abrite un patrimoine naturel remarquable et des écosystèmes particulièrement productifs, ce que confirme la présence d'une active et ancienne communauté de pêcheurs. Sur cet espace coexistent de nombreux usages, parfois en concurrence (pêche professionnelle, pêche de loisirs, tourisme, nautisme…), situés à proximité d'une zone où le trafic maritime est l'un des plus importants au niveau mondial.

Selon le ministère de l’écologie, le parc naturel marin d'Iroise « pourra illustrer de façon exemplaire un nouveau mode de gouvernance, sur une zone dont la valeur exceptionnelle est reconnue par tous depuis de très nombreuses années. Les pêcheurs professionnels ont participé activement à la démarche de création du parc naturel marin d'Iroise.

Les orientations de gestion ont été définies avec pour objectif majeur, outre l'amélioration des connaissances, le maintien de l'activité de pêche professionnelle dans une optique d'exploitation durable de la ressource halieutique. »

Le parc naturel marin d'Iroise « prend en compte la spécificité des trois îles habitées de l'Iroise : Ouessant, Molène et Sein, notamment dans les orientations de gestion élaborées par le comité de pilotage. L'intégration dans le projet de parc naturel marin de la partie sud correspondant au cap Sizun a été momentanément différée, mais les communes concernées pourront demander l'extension du parc. »La création du conseil de gestion du parc naturel marin d'Iroise sera engagée très prochainement. Il sera chargé de la gestion de ce nouvel outil et devra notamment :
  • Etablir un plan de gestion du parc et proposer aux autorités qui définissent la réglementation en mer toute mesure nécessaire à la protection et à la gestion durable du parc naturel marin ;
  • Mettre en oeuvre les moyens mis à disposition par l'agence des aires marines protégées pour la connaissance, la surveillance, ainsi que le montage et la conduite de projets avec les acteurs.
L'idée d'un parc marin en Iroise est ancienne puisque, dès 1989, le président du parc naturel régional d'Armorique, appuyé par des scientifiques, a proposé la protection de ce milieu marin. Le statut de parc national initialement envisagé se révélant inadapté aux enjeux et au contexte particulier du milieu marin, l'expérience de l'Iroise a en partie inspiré les principes fondateurs des parcs naturels marins et la loi du 14 avril 2006, ajoute le ministère.

64% des Français font confiance à Sarkozy, 53% à Fillon

  • La cote des deux têtes de l'exécutif restant stable par rapport au mois dernier, selon un sondage TNS-Sofres pour le Figaro-Magazine à paraître samedi.
  • Bernard Kouchner reste en tête des personnalités politiques les plus populaires. Il est suivi de Rachida Dati, Jean-Louis Borloo, François Bayrou et François Fillon.
La cote de confiance de Nicolas Sarkozy et de François Fillon est stable par rapport au mois dernier. 64% de Français interrogés disent faire confiance au chef de l'Etat tandis que 53% accordent leur confiance au Premier ministre, François Fillon, selon un sondage TNS-Sofres pour le Figaro-Magazine à paraître samedi. Par ailleurs, 32% (-1) ne font pas confiance au président de la République pour résoudre les problèmes qui se posent en France, 4% (+1) étant sans opinion. 39% ne font pas confiance au Premier ministre (-3), 8% (+3) n'ont pas d'opinion.

Côté priorités du gouvernement : 38% des sondés estiment que ce doit être la lutte contre le chômage et 23% celle contre la hausse des prix. 16% des Français jugent prioritaire la lutte contre la violence et la criminalité, 15% le maintien du pouvoir d'achat, et 7% estiment qu'il faut en premier lieu maintenir la paix sociale. 63% pensent que l'action du gouvernement n'est pas efficace en matière de lutte contre le chômage (26% pensant le contraire). 56% estiment que beaucoup de conflits sociaux surgiront dans les mois à venir, contre 35% peu.

Bernard Kouchner reste en tête des personnalités politiques les plus populaires (63%, +1). Il est suivi de Rachida Dati (57%, +4), Jean-Louis Borloo (55%, -1), François Bayrou et François Fillon (53%, +1), Dominique Strauss-Kahn (51%, -2), Michèle Alliot-Marie (48%, +2), Bertrand Delanoë (46%, +1), Jack Lang (42%, -2) et Ségolène Royal (41%, -2).

La popularité de Nicolas Sarkozy en hausse

  • Selon un sondage Ipsos pour Le Point, 66% des Français se disent en juillet "très" ou "plutôt" favorables à l'action du chef de l'Etat, contre 61% en juin et 64% en mai.
  • Bernard Kouchner (68%) reste une personnalité appréciée. Il est suivi de Jean-Louis Borloo (60%), ex aequo avec la ministre de la Justice, Rachida Dati.
L'état de grâce de Nicolas Sarkozy semble se confirmer. Le président a connu en juillet une hausse de popularité, avec 66% des Français se disant "très" ou "plutôt" favorables à son action, contre 61% en juin et 64% en mai, selon un sondage Ipsos à paraître jeudi dans Le Point. A l'inverse, 25% des sondés se disent "plutôt" ou "très" défavorables à l'action du président, moins qu'en juin (31%), mais un peu plus qu'en mai (24%).

François Fillon bénéficie lui aussi d'une hausse des opinions favorable, avec 56% des personnes interrogées portant un jugement "plutôt" ou "très" favorable à l'égard de son action, contre 54% en juin. En revanche, il reste sous son niveau de mai (60%).

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