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Le chômage, à 7,2%, poursuit sa décrue

  • La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a révélé jeudi matin que le taux de chômage en France s'établissait à 7,2% au premier trimestre.
Christine Lagarde n'y tenait plus. La ministre de l'Economie a annoncé, une heure avant la publication officielle des chiffres par l'Insee, que le taux de chômage s'établissait à 7,2% au premier trimestre 2008. C'est 0,2 point de moins par rapport au précédent trimestre, selon les statistiques de l'Insee.

"C'est vraiment la très très bonne direction et c'est une confirmation de ce que tous les efforts que nous mettons en place, tous les efforts développés par les entreprises, sont en train de payer", a commenté Christine Lagarde qui a noté que le taux d'emploi a progressé au premier trimestre à 65,1% contre 64,7% au quatrième trimestre 2007. "L'effet démographique n'est absolument pas suffisant pour expliquer ces chiffres-là", a estimé la ministre.

Les jeunes toujours très touchés

Ce taux "provisoire", en baisse de 1,2 point sur un an, correspond à deux millions de chômeurs en France métropolitaine. La décrue du chômage, entamée en 2006, a connu un palier au tournant de l'année 2006-2007, avant de reprendre à partir du deuxième trimestre 2007.

Pour les moins de 25 ans, le taux de chômage a encore reculé tout en restant plus de deux fois supérieur à celui des 25-49 ans. En métropole, il a atteint 17,2% (21,1% au premier trimestre 2007), soit 461.000 personnes. . Le chômage a aussi décliné pour les 25-49 ans, passant à 6,6%. Pour les 50 ans ou plus, le taux s'est établi en repli à 4,7%.

"Je reste cependant pessimiste pour la croissance
Mais il s'agit d'une très bonne nouvelle"
Sarkozyfrance2007

Barnier à l'Elysée pour sortir de la crise des pêcheurs

  • Le ministre de l'Agriculture s'est entretenu avec le chef de l'Etat puis le Premier ministre pour les informer de l'avancée des négociations qui doivent reprendre à 15 heures.
  • Ce matin, quatre CRS ont été blessés, dont trois sérieusement, dans des heurts qui ont opposés pêcheurs et forces de l'ordre devant le ministère de la pêche.
Un gazole à 0,40 euros le litre contre 0,70 euros. Voilà ce que les marins pêcheurs ont exigé lors de leur réunion mercredi avec le ministre de la Pêche Michel Barnier. En attendant la réponse du gouvernement, ils ont décidé de suspendre les négociations, a annoncé à la sortie un de leurs porte-paroles. "On restera au ministère tant qu'on n'aura pas obtenu satisfaction", a affirmé Mourad Kahoul, vice-président du Comité national des pêches. "Au besoin on est prêt à amener des matelas", a-t-il ajouté. Les marins pêcheurs sont "mécontents des propositions qui leur ont été faites", a déclaré Mourad Kahoul. Ils ont donc demandé de renconter directement le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre François Fillon "pour obtenir une baisse du gazole". Un "contact" a été établi avec la présidence de la République, a indiqué une porte-parole du ministère.

Le Comité national des pêches a aussi demandé à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde de convoquer les pétroliers "pour réduire les prix du gazole comme l'avait promis le président de la République au Guilvinec en janvier dernier".

Alors que la délégation était reçue par Michel Barnier, une manifestation de 300 à 400 marins pêcheurs a dégénéré devant le ministère de l'Agriculture et de la pêche. Quatre policiers ont été blessés par des projectiles dont trois sérieusement, a annoncé la préfecture de police. Un tir tendu de fusée de détresse a atteint l'un deux à la jambe, selon plusieurs témoins.

"Vous n'êtes pas les seuls, chers amis et
je condamne fermement vos méthodes"
Sarkozyfrance2007

Les premiers résultats sur la croissance

  • Tranchant avec la sinistrose ambiante, les chiffres de la croissance sont revus à la hausse par l'Insee, ce qui ravit la ministre de l'Economie et l'Elysée.
  • Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement".
La sinistrose n'est que dans les têtes ! Les bons chiffres de la croissance française révélés jeudi par l'Insee abondent en tout cas dans ce sens. Le produit intérieur brut (PIB) de la France a nettement accéléré au premier trimestre 2008, progressant de 0,6% après 0,3% au dernier trimestre 2007. L'institut national de la statistique a par ailleurs revu à la hausse la croissance pour 2007 à 2,1%, après une précédente estimation à 1,9%. L'acquis de croissance, c'est-à-dire le niveau de croissance dont on est sûr qu'il sera atteint sauf récession à venir, s'établit donc à 1,4% à la fin mars 2008.

Le gouvernement tablait pour 2007 sur une croissance comprise entre 2% et 2,5%. "Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit", a dit Christine Lagarde. "On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit nous ferons au moins 2%", "on sort à 2,2% : c'est plus que la fourchette basse de nos prévisions", a constaté une Christine Lagarde revancharde. "On a eu un bon investissement des entreprises et une bonne contribution des exportations, qui prennent un peu le relais de la consommation, plutôt faible au premier trimestre 2008", a-t-elle estimé.

"Les remèdes sont confortés"

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat". "Les résultats de 2007 comme les estimations pour le premier trimestre 2008 sont conformes aux prévisions du gouvernement en dépit d'un contexte international difficile", relève le chef de l'Etat. "Le diagnostic posé sur la situation de notre pays et les remèdes à y apporter sont confortés", estime-t-il.

Dans la même veine, François Fillon a saisi l'occasion pour valider la politique de son gouvernement. "C'est une très, très bonne nouvelle" et "j'invite tous ceux qui pendant six mois nous ont expliqué que la croissance française serait bien inférieure à réfléchir à deux fois avant de faire de nouvelles prévisions", a lancé le Premier ministre devant la presse sur le perron de Matignon. "Les chiffres de la croissance montrent que l'économie française, dans un climat international très difficile, résiste très bien".

L'enthousiasme a aussi gagné le ministre du Budget Eric Woerth qui estime que les chiffres annoncés sont une "bonne surprise", et affirme que la prévision de croissance du gouvernement pour 2008 est "crédibilisée". "La croissance en France tient plutôt bien. Sur la moyenne des pays européens nous avons réduit l'écart", a-t-il déclaré sur iTélé. L'économie allemande a en effet affiché de son côté une robustesse surprenante début 2008, son PIB ayant progressé de 1,5% au premier trimestre.

Cerise sur le gâteau, cette révision à la hausse de la croissance permet à la France de réduire sa dette publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) à 63,9% du PIB en 2007, contre 64,2% précédemment. A 50,3 milliards d'euros, le déficit public pour 2007 reste quant à lui à 2,7% du PIB, en-deçà du seuil de 3% prévu dans le pacte de stabilité de l'Union européenne.

Le chômage au plus bas depuis 25 ans

  • Christine Lagarde se félicite des chiffres de l'Insee "historiquement au plus bas depuis 1983" annonçant un recul du chômage de 0,3% au 4e trimestre 2007, à 7,5% de la population active.
  • Entre 2006 et 2007, le taux de chômage moyen a diminué de 0,8%, passant de 8,8% à 8% de la population active.
Le taux de chômage au quatrième trimestre 2007 a fortement reculé à 7,5% de la population active en France métropolitaine (-0,3% par rapport au troisième trimestre) et à 7,8% si l'on inclut les départements d'Outre-mer, selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee. "C'est historiquement au plus bas depuis 1983", s'est félicitée dans la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, pour qui "l'évolution tient tout simplement à la création d'emplois, environ 340.000 au total en 2007, du jamais vu depuis 2000".

Pour la ministre, "il y a certes une partie non négligeable, mais pas dominante, de création d'emplois dans les services à la personne, mais aussi dans le tertiaire général, qui correspond à des externalisations par les entreprises, maintenance, logistique, etc.". Christine Lagarde a ironisé sur "les esprits chagrins qui s'accordent à conclure qu'il s'agirait d'emplois dégradés" : "en réalité, les CDI sont stables, il n'y a pas plus de travail à temps partiel, donc pas de dégradation de la qualité de l'emploi, mais au contraire une légère amélioration", a-t-elle dit. "Cela m'encourage vivement à engager plus encore les réformes de modernisation du marché du travail car on est à un moment historique pour peut-être véritablement tourner le dos au chômage comme l'ont fait nos voisins des pays nordiques", a-t-elle ajouté.

"Le passage d'un emploi à un autre, une évolution"

La décrue du chômage, entamée en 2006, a connu un palier au tournant de l'année 2006-2007, avant de reprendre à partir du deuxième trimestre 2007. Les chiffres fournis par l'Insee permettent de calculer un taux de chômage moyen pour l'année 2007 de 8% de la population active, contre 8,8% en 2006. Si l'on inclut les DOM, le taux de chômage moyen 2007 ressort à 8,3%, selon les chiffres fournis par l'Insee, dont le communiqué ne permet pas de calculer le taux de chômage moyen métropole + DOM en 2006.

Selon la ministre, "il faut pondérer les fermetures et les restructurations, et surtout s'efforcer de les anticiper, pour mettre en place des mécanismes de formation professionnelle qui permettent aux salariés qui quitteront un travail d'en retrouver un le plus rapidement possible". "C'est tout le sens de la modernisation du marché du travail : réforme de l'ANPE avec la fusion avec les Assedic, réforme de la formation, renégociation de la convention d'assurance chômage" (prévue entre syndicats et patronat probablement à partir de la mi-avril). "Le but", a-t-elle précisé, est que "le passage d'un emploi à un autre ne soit plus vécu comme une fatalité, mais comme une évolution" et qu'"en échange d'un parcours un peu plus sécurisé, il y ait évidemment l'obligation de chercher activement et prendre des offres d'emploi considérées comme valables".

Hausse des prix - Appuyer "là où ça fait mal"

  • En déplacement dans l'Allier, le président de la République a demandé une enquête sur l'augmentation des prix dans l'alimentaire.
  • Selon une enquête de l'Institut national de la consommation, les prix alimentaires ont fortement augmenté entre fin novembre et début janvier, certaines hausses atteignant 50%.
En matière de prix dans l'alimentaire, Nicolas Sarkozy a promis mardi de "porter le fer là où ça fait mal". "J'ai demandé à Christine Lagarde une enquête aux services de Bercy", a déclaré sans plus de détails le chef de l'Etat, en déplacement dans l'Allier. "Il n'y aucune raison que les Français se voient rogner leur pouvoir d'achat sur des augmentations de prix qui ne correspondent ni à une réalité dans le processus de fabrication, ni à une équité compte tenu de ce que doit être la concurrence", a-t-il ajouté devant les salariés d'une entreprise de fabrication de produits diététiques naturels à Saint-Bonnet-de-Rochefort, un village de 600 habitants. "Ce n'est pas normal ce qui se passe."

Lundi, François Fillon avait déjà annoncé une série de mesures "coup de poing" pour lutter contre les "abus" en matière de prix de certains industriels et distributeurs de produits alimentaires. Car selon une enquête de l'Institut national de la consommation, les prix dans l'alimentaire ont fortement augmenté entre fin novembre et début janvier, certaines hausses atteignant 50%.

"Je vois bien que le prix des denrées alimentaires a augmenté et je ne comprends pas", a déclaré lundi Nicolas Sarkozy. "Le prix qu'on verse aux producteurs de porc diminue et le prix du jambon explose. Il y a quand même un lien entre le porc et le jambon, non ? Je ne suis pas de la campagne mais c'est quand même monté jusqu'à mon cerveau", a-t-il ajouté.

Internet : Le décret de la dérive

  • Selon Les Echos, le projet de décret élargirait considérablement le champ des données personnelles conservées un an par les acteurs d'Internet.
  • Le projet de décret serait déjà bien avancé et il n'y manquerait plus que l'accord du Conseil d'Etat et les signatures des ministres concernés.
Les internautes risquent d'être bientôt de plus en plus surveillés. Adresse IP, mot de passe, login, pseudo, terminal utilisé... Si le projet de décret sur lequel planchent les ministères de la Justice et de l'Intérieur voit le jour (et s'il faut en croire Les Echos, ce pourrait être sous peu), toutes ces données et d'autres encore devraient être conservées pendant un an, retraçant ainsi l'activité de toute personne présente sur Internet et permettant de l'identifier. Selon le quotidien économique, contrairement au décret du 26 mars 2006, publié à la suite des lois "Economie numérique" de juin 2004 et "Lutte contre le terrorisme" de janvier 2006, ce texte ne viserait plus les seuls opérateurs télécoms, mais tous les acteurs d'Internet, FAI et hébergeurs compris ; et les données à conserver seraient bien plus larges, puisqu'elles ne se limiteraient pas aux seules données de connexion.

Selon le texte cité par Les Echos, seraient concernées toutes les données permettant "l'identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l'un des contenus des services". De quoi susciter un beau mouvement de révolte dans la communauté d'Internet, où tout ce qui concerne les données personnelles et leur conservation est pour le moins sensible. Un premier projet de décret portant sur le même sujet... et comportant des propositions à peu près identiques, avait déjà provoqué l'an dernier une levée de boucliers.

Les acteurs d'Internet réclament de la clarté

FAI, hébergeurs et opérateurs, cités par Les Echos, dénoncent "l'absence de lisibilité et de cohérence du périmètre des données à conserver" et les "conséquences de l'empilement des textes sur la lisibilité et la cohérence des obligations imposées". Méfiance également de la part de certaines des autorités déjà consultées pour avis. L'une d'elles, la Commission supérieure du service public des postes et télécommunications, a rendu le 24 octobre 2007, assure le quotidien économique, "un avis pour le moins réservé". Elle n'est pas favorable, par exemple, à la conservation des mots de passe. Et elle a des interrogations sur l'adresse IP.

Le fameux décret ne s'apprête pas moins à voir le jour, selon Les Echos. Il n'y manquerait plus que l'aval du Conseil d'Etat, et six signatures : celles du Premier ministre François Fillon et des ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, de la Défense Hervé Morin, de la Justice Rachida Dati, de l'Economie Christine Lagarde et du Budget Eric Woerth.

Un décret à revoir et surtout à me pas signer en cachette sans négociation car c'est, je le pense, une très mauvaise idée et surtout une grande dérive. Certes, il y a le terrorisme, la pédophilie... mais il ne faut pas réaliser un flicage massif et ne pas porté atteinte à la liberté de circulation. Pourquoi conserver des mots de passe par exemple, ou allons nous ?

Top / Flop - Janvier 2008

  • Nouveauté du blog : le top-flop des ministres à la fin de chaque mois avec une proposition de remaniement gouvernementale ce mois ci sur le gouvernement Fillon II.
  • Cette évaluation n'est qu'une apréciation personnelle.
Top

Xavier Darcos : il a trouvé sa place à l’éducation, en phase avec les défis et objectifs de l’école. Son service minimum afin d’assurer une garde des enfants les jours de grève a plutôt bien fonctionné le 24 Janvier dernier.

Roselyne Bachelot : elle a été très en avant au début du mois de Janvier avec l’interdiction de fumer dans les lieux publics, mesure qui s’est imposé facilement dans les bars, discothèques et restaurants sans délai avec fermeté. Certains diront cependant qu’ils ont perdu leur clientèle, d’autres diront l’inverse alors ne s’agit-il pas d’un problème d’attraction de leur établissement !

Flop

Bernard Kouchner : en Janvier, il n’aura pas changé, il continu ses ingérences, ses boulettes et ses absences marqués par une absence totale de stature internationale.

Christine Lagarde : malgré une grande compétence ministérielle, elle ne trouve toujours pas sa place à l’économie certainement à cause d’une absence de connaissance approfondie dans le domaine. Cela est notamment visible par son absence de réactivité aux fluctuations de l’économie. Il faut tout de même avoué qu’elle ne bénéficie pas d’une conjoncture économique favorable qui nécessiterait plutôt un ministre très spécialisé dans le domaine.

Proposition de remaniement :

Michel Barnier : Ministre des affaires étrangères et européennes
Hervé Morin : Ministre de l’Agriculture et de la Pêche
Jean-Louis Borloo : Ministre de l’Economie (A voir)
Christine Lagarde : Ministre de la Défense (A voir)
Alain Juppé / Nicolas Hulot… : Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires pour influer sur les prochaines top/flop ministres.

Société Générale : la perte de 5 milliards

  • La banque assure avoir découvert une fraude d'un montant 4,9 milliards d'euros au sein de son activité de courtage. Un seul homme en serait responsable.
  • A cette fraude éventuelle s'ajoutent 2 milliards de dépréciations liées à la crise des subprimes, soit un total de 6,9 milliards d'euros.
"La situation financière est restaurée", affirme le PDG de la banque, Daniel Bouton pour rassurer ses clients. La Société Générale a annoncé ce jeudi matin avoir été victime d'une fraude au sein de son activité de courtage qui se monte à 4,9 milliards d'euros auxquels s'ajoutent 2 milliards de dépréciations liées à la crise des subprimes, soit un total de 6,9 milliards.

La banque a mis au jour cette fraude le 19 janvier : un trader opérant à Paris, dans une sous-division de ses activités de marché, a profité de "sa connaissance approfondie des procédures de contrôle", acquise lors de ses précédentes fonctions au sein du back-office du groupe, pour "dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives", explique la banque.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la plainte d'un actionnaire. L'association des petits porteurs actifs (APPAC) de la Société Générale, s'estimant aussi lésée par la banque, a déposé jeudi une plainte contre X auprès du procureur de Paris pour "diffusion de fausses informations ou trompeuses ayant agi sur le cours de Bourse des titres".

"Un homme seul"

Daniel Bouton a insisté jeudi dans une conférence de presse sur le fait que les pertes subies par sa banque provenaient d'un "homme seul qui a eu l'intelligence d'échapper à toutes les procédures de contrôle". Le PDG de la Société Générale a présenté ses "excuses" aux actionnaires. Il a par ailleurs annoncé que lui et son directeur général Philippe Citerne allaient renoncer à leur bonus 2007 ainsi qu'à leur salaire fixe "au moins jusqu'au 30 juin 2008".

Selon la banque, l'employé a reconnu les faits, a été relevé de ses fonctions et une procédure de licenciement a été engagée tandis que les responsables de sa supervision quitteront le groupe, précise la Société Générale. Il s'agirait d'un homme d'une trentaine d'années. Employé à la Société Générale depuis 2000, il avait auparavant travaillé pendant plusieurs années dans une autre banque.

Au sein de la banque d'investissement et de financement de la Société Générale (SGCIB), il était passé du "middle office" au "front office" en 2005, c'est-à-dire de la vérification des opérations des traders aux salles de marchés elles-mêmes. Daniel Bouton a déclaré jeudi ne pas savoir où il se trouve. Selon son avocat, le trader n'est en tout cas "pas en cavale". "Il était dans les locaux (du cabinet à Paris) aujourd'hui", a indiqué un membre du cabinet de son avocate, Me Elisabeth Meyer. La Société Générale a déposé plainte jeudi après-midi auprès du parquet du Tribunal de Nanterre contre ce trader, pour "faux en écritures de banque, usage de faux (...) et intrusions informatiques", a-t-elle annoncé.

La Banque de France rassure

Malgré cette perte colossale, le bénéfice net de la banque française sera positif en 2007, estimé entre 600 et 800 millions d'euros. Mais la chute est spectaculaire par rapport au résultat net de 5,221 milliards en 2006. Pour faire face à cette situation, la Société Générale a indiqué qu'elle allait procéder à une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros dans les semaines qui viennent.

Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer a assuré n'avoir "aucune inquiétude" sur la Société Générale qu'il a jugée "solide". La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a annoncé jeudi qu'elle avait demandé à la Commission bancaire des "contrôles additionnels" sur les banques."Comment se fait-il qu'en dépit des contrôles, aucune malversation n'ait été décelée ?", s'est étonnée la ministre au Sénat.

Depuis le sommet de Davos, le Premier ministre François Fillon a estimé que la fraude "très importante" était "une affaire sérieuse" mais qui n'avait rien à voir "avec la situation des marchés financiers". La présidence de la République n'a pas souhaité réagir pour le moment. A la Bourse de Paris, l'action de la Société Générale a en tout cas fini en forte baisse de 4,14% à 75,81 euros.

Sarkozy "adhère à l'essentiel" du rapport Attali

  • Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi qu'il adhérait "à l'essentiel" des 316 propositions de la commission Attali.
  • Il s'est toutefois dit "en désaccord" avec la proposition de supprimer le "principe de précaution".
Après six mois de travail, Jacques Attali a remis mercredi en fin de matinée, les 316 propositions de son rapport sur "la libération de la croissance". Il a surpris en empruntant les mots d'une lettre de Turgot pour s'adresser à "Votre Majesté" Nicolas Sarkozy. "Je ne demande point à Votre Majesté d'adopter mes principes sans les avoir examinés mais, quand elle en aura reconnu la justice et la nécessité, je la supplie d'en maintenir l'exécution avec fermeté, sans se laisser effrayer par des clameurs qu'il est impossible d'éviter", a-t-il lu, en préambule de son intervention.

Il a ensuite affirmé que son rapport était "prêt" à être appliqué et que toutes ses mesures formaient "un ensemble". "Notre rapport est techniquement applicable, financièrement équilibré, sans augmenter les impôts", a-t-il dit en remettant son document à Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il appartient "naturellement" au "gouvernement, au président de la République et au Parlement de décider ce qui sera fait", a-t-il cependant relevé.

A l'issue de la présentation des principaux points du rapport, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il adhérait "à l'essentiel". "Dans cet ensemble (...) j'assumerai quelques désaccords", a-t-il toutefois ajouté. Nicolas Sarkozy s'est notamment dit mercredi "en désaccord" avec la proposition de supprimer le "principe de précaution". "Proposer sa suppression au motif qu'il bride l'action repose à mon sens sur une incompréhension", a-t-il déclaré. "Le principe de précaution n'est pas un principe d'inaction. C'est un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude", a-t-il poursuivi. La suppression du principe de précaution serait en "contradiction" avec la volonté de favoriser le développement durable, a-t-il expliqué. "Il faut être compris", a ajouté le chef de l'Etat, qui a dit qu'il ne prendrait pas le "risque" de suivre sur ce point les recommandations de la commission.

Contre la suppression des départements

Nicolas Sarkozy s'est aussi dit en désaccord avec la proposition de supprimer les départements, qui ont "la légitimité historique". "Dans un monde qui est devenu un village, cela coûte beaucoup plus cher de perdre son identité que d'accumuler des strates de collectivités". "On peut modifier le rapport des Français avec la dépense publique sans cela", a-t-il ajouté. Le rapport Attali propose de "renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en 10 ans l'échelon départemental".

Nicolas Sarkozy a par ailleurs jugé nécessaire de réformer certaines professions réglementées, estimant qu'il existe des "réglementations parfaitement obsolètes", comme celle des taxis. "Ce chantier est difficile, car il touche à des situations individuelles et à des intérêts légitimes qui ne peuvent être ignorés pour des raisons d'équité. Il sera ouvert, en prenant le temps de la concertation", a annoncé le chef de l'Etat. "Paris est quand même la seule ville au monde où on a du mal à trouver un taxi", a-t-il souligné. Mais "il y a d'autres sujets beaucoup plus difficiles, je pense à la parapharmacie". "Il y a une véritable mission de service public des pharmacies. On ne peut pas réduire tout à la question des tarifs", a-t-il ajouté. Selon nos informations, la fédération des artisans de taxi appelle à un mouvement de grève mercredi prochain pour protester contre la réforme de leur profession recommandée dans le rapport Attali.

Tout ou partie des propositions de la commission Attali doivent être reprises dans le projet de loi de modernisation de l'économie présenté cette année par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Lagarde prévoit une inflation plus élevée en 2008

  • Sans toutefois chiffrer la hausse, la ministre de l'Economie a annoncé samedi matin sur France Info que l'inflation serait supérieure à celle de 2007.
  • En cause : l'envolée des prix du pétrole et des matières premières.
Mauvaise nouvelle pour le consommateur en ce début d'année. L'inflation en 2008 sera supérieure à celle de 2007 compte tenu de l'envolée des prix du pétrole et des matières premières, a déclaré samedi la ministre de l'Economie et des Finances sur France Info. "Nous aurons sans aucun doute plus d'inflation en 2008 que l'on en a eu en 2007", selon Christine Lagarde. "Je ne pense pas que les prix du pétrole baissent durablement en 2008 et je pense que les prix d'un certain nombre de matières premières et notamment agricoles continueront à augmenter sur le marché mondial", a expliqué la ministre.

Le prix du baril de pétrole a dépassé pour la première fois cette semaine les 100 dollars. Le taux de l'inflation en France est "hélas" supérieur à 2% pour 2007 alors que nous avancions à un rythme de 1,6% mais "même avec ce chiffre-là nous sommes plutôt mieux que la moyenne de nos partenaires européens", a affirmé Christine Lagarde sans toutefois chiffrer la hausse pour 2008.

Des sanctions pour refus d'offres d'emplois

  • Nicolas Sarkozy a demandé jeudi un calendrier sur la mise en place de sanctions pour les chômeurs qui refusent deux offres d'emploi "acceptables".
  • La notion d'offre acceptable doit être définie avec les partenaires sociaux.

Le chef de l'Etat a demandé jeudi un "calendrier" pour la mise en place de "sanctions" à l'encontre des demandeurs d'emploi qui refuseraient "deux offres acceptables", a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez. "Le président a demandé un calendrier sur le sujet", a déclaré Laurent Wauquiez à la presse, rappelant que "500.000 offres d'emplois" sont non pourvues.

"Il y a un travail en commun qui devra être fait avec les partenaires sociaux pour définir ce que sont deux offres d'emplois acceptables. Il faudra ensuite mettre en place un dispositif. La mise en place du dispositif de sanctions est bien de la responsabilité de l'Etat", a-t-il détaillé. "Cela fait partie des points importants dans le cadre de notre amélioration sur la situation de l'emploi", a estimé le porte-parole.

Objectif plein-emploi en 2012

Lors du conseil des ministres, Christine Lagarde a indiqué est passé que le taux de chômage était passé de 8,8% en 2006, à 7,9% au troisième trimestre 2007, "son niveau le plus bas depuis cinq ans". La ministre de l'Economie a cependant rappelé que l'objectif était de ramener ce taux à 5% en 2012, soit au niveau du plein emploi.

Le porte-parole a rappelé que l'exécutif espérait 7,7% de chômage "assez rapidement". "Alors que le taux de chômage était de 8,8% en 2006, il est de 7,9% en 2007 et avec un tendanciel qui nous permet d'espérer pouvoir atteindre assez rapidement 7,7%, avec des chiffres de l'Insee qui sont maintenant non contestés", a-t-il déclaré.

La TVA sociale devra attendre

  • La ministre de l'Economie Christine Lagarde estime que la mesure n'est "pas propice" actuellement, en raison de la faiblesse de la croissance.
  • François Fillon a lui demandé au Conseil économique et social de rendre ses conclusions sur le dossier "avant la fin de l'année".
La TVA sociale attendra. Ainsi la ministre de l'Economie Christine Lagarde a-t-elle tranché après la remise du rapport sur le sujet par Eric Besson. "En tant que telle, en l'état de la croissance et sans un accompagnement ferme en matière de maintien des prix, (elle) ne serait pas propice en ce qu'elle serait facteur d'inflation et probablement peu créatrice d'emplois", a estimé la ministre, ajoutant toutefois que la TVA sociale restait "une piste opportune".

Après des semaines de discussion, le secrétaire d'Etat à la prospective et à l'évaluation des politiques publiques, Eric Besson, a remis mardi son rapport sur la TVA sociale au Premier ministre François Fillon. Dans ce rapport, il regrette que le débat ait été "mal engagé" et "le problème mal posé". "Pour être à la hauteur d'un tel enjeu, il nous faut redéfinir les termes du débat. Il nous faut élargir la discussion. Il nous faut être plus ambitieux", écrit Eric Besson, suggérant la saisine du Conseil économique et social pour piloter la concertation.

Le Conseil économique et social saisi

Une décision que le Premier ministre François Fillon a annoncé peu après la rendue du rapport très attendu. "Une réforme d'ampleur du mode de financement de la protection sociale au regard de la problématique du coût du travail ne saurait être envisagée sans associer de façon étroite les partenaires sociaux, qui ont la responsabilité de la gestion des organismes sociaux", écrit le Premier ministre dans un communiqué.

François Fillon a donc demandé mardi au Conseil économique et social de lancer la concertation sur la "TVA sociale" et de rendre ses conclusions sur le dossier "avant la fin de l'année". Mais pour Eric Besson, il ne s'agit pas d'enterrer le projet. "Ce n'est pas un enterrement mais une volonté de débat", a-t-il déclaré mardi sur Europe 1.

De son côté, la gauche dénonce une mesure "antisociale" qui conduirait à une augmentation des prix et pénaliserait les consommateurs les plus modestes. Ses défenseurs, patrons en tête, y voient au contraire un effet positif pour la compétitivité grâce à l'allègement du coût du travail et à la taxation des produits importés.

Doublement à 40% du crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers pour la première annuité

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé vendredi que le gouvernement avait décidé de doubler à 40% le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers pour toute personne ayant acquis un bien depuis le 6 mai dernier. Cette mesure ne sera toutefois valable que pour la première année de remboursement, le crédit d'impôt étant maintenu à 20% pour les quatre autres annuités.

Le 16 août dernier, le Conseil constitutionnel avait censuré cette disposition pour les propriétaires ayant acquis leur bien avant le 6 mai, date de l'élection de Nicolas Sarkozy, limitant donc cette disposition du "paquet fiscal" aux seuls nouveaux propriétaires. Le gouvernement avait promis dans un premier temps un dispositif de remplacement pour les anciens propriétaires, avant de renoncer.

Programme de rentrée du gouvernement

  • Le président a réuni plusieurs ministres pour faire le point sur la situation économique, notamment après la crise financière de ces derniers jours.
Le gouvernement se remet au travail. Une première réunion s'est tenue lundi à 10h avec pour sujet le pouvoir d'achat, la croissance et la situation économique. Le rejet par le Conseil constitutionnel du crédit d'impôt sur les emprunts immobiliers souscrits avant l'élection sera évoqué. Le gouvernement souhaite trouver une formule de remplacement. Avant la réunion, Christine Lagarde a estimé sur BFM que le "gros de la crise" boursière était "derrière nous", tout en affichant sa prudence.

A l'issue de la réunion, le porte-parole de l'Elysée a indiqué que "le président de la République a fait une évaluation de la situation économique et financière". "Les participants ont également examiné les moyens de doper l'investissement, et de répondre à la décision du Conseil constitutionnel concernant la question des intérêts d'emprunts immobiliers".

L'immigration sera au menu d'une deuxième réunion à 14h, tandis que le président de la République et le chef de gouvernement discuteront à partir de 15h avec les ministres concernés de "mesures de sûreté contre les criminels dangereux", après l'affaire Francis Evrard. Cette dernière, organisée suite à l'enlèvement, mercredi à Roubaix, d'un enfant de cinq ans par un pédophile récidiviste, réunira le Premier ministre François Fillon, les ministres Rachida Dati (Justice), Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Roselyne Bachelot (Santé).

But de la réunion : "étudier les mesures qu'il convient de prendre, en particulier en s'inspirant des exemples étrangers, pour garantir que les personnes condamnées pour des agressions graves, notamment d'ordre sexuel, ne soient plus en situation de recommencer de tels actes une fois purgée leur peine de prison", selon l'Elysée.

Autre mission : François Fillon a annoncé une réunion interministérielle en début de semaine sur la situation des deux départements d'Outre-mer, après le passage dévastateur de l'ouragan Dean. Après un voyage éclair en Martinique et Guadeloupe pour constater ces dégâts, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Estrosi, aura, de lundi à mercredi, des entretiens avec les responsables de Polynésie, en proie depuis 2004 à l'instabilité politique.

Le premier Conseil des ministres de la rentrée est prévu vendredi prochain. Le même jour, sera installée lors d'une cérémonie à l'Elysée la commission de préparation du "livre blanc" sur la défense, qui doit être prêt début 2008 et servir de base à la prochaine loi de programmation militaire 2009-2013.

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