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La France décroche le oui européen pour son pacte d'immigration

  • Les pays européens ont donné lundi à Cannes un accord unanime au projet de pacte européen pour l'immigration et l'asile élaboré par la France.
  • Le projet, imprégné de la conception d'immigration "choisie" chère à Nicolas Sarkozy, devrait être signé en octobre, a annoncé la présidence française de l'UE.
C'est la satisfaction pour Brice Hortefeux : les pays européens ont donné lundi à Cannes un accord politique unanime au projet de pacte européen pour l'immigration et l'asile élaboré par la France et il devrait être signé en octobre, a annoncé la présidence française de l'UE. "Cet accord autorise la perspective d'une signature à la mi-octobre", lors du sommet européen prévu à Bruxelles, a déclaré le ministre français de l'Immigration, entouré lors d'une conférence de presse finale de ses homologues allemand, espagnol, tchèque et suédois. "Il s'agit d'un véritable et total succès", s'est félicité le ministre français.

Cet accord est "le résultat d'un long et très minutieux travail engagé depuis six mois et qui a fait gagner plusieurs mois", a souligné Brice Hortefeux, estimant que "ce travail a permis d'apporter des améliorations et des enrichissements qui confirment l'ambition du pacte". Le projet reste imprégné de la conception d'immigration "choisie" chère au président français Nicolas Sarkozy. Il tend à durcir la politique européenne sur l'immigration, tout en mettant en place des règles communes entre les 27 pays membres de l'UE en matière d'asile. "Nous parlons d'immigration choisie et concertée, c'est à dire qu'elle tient compte des besoins des pays et de leur capacité d'accueil, établie sur la base d'un dialogue avec les pays d'origine" des migrants, a insisté Brice Hortefeux.

Le texte entend notamment privilégier l'immigration de travail, réguler l'immigration familiale et lutter contre les clandestins en renforçant les contrôles aux frontières de l'UE et en facilitant le renvoi de ceux qui ont réussi à passer entre les mailles du filet. Plusieurs associations de soutien aux immigrés ont dénoncé lundi à Cannes le pacte, estimant qu'il s'agissait, selon eux, d'une préfiguration d'une "Europe bunker".

Un "casse toi pauvre con" mérité

Même si je ne suis pas particulièrement convaincu par le sous-titrage du Parisien, je souhaite apporté mon avis sur ce qui devient une affaire d'Etat alors que je considère cela comme un fait de la vie privée auquel tout le monde peut-être confronté. Qui ne réagirait pas à de tel propos : "Touche moi pas, tu me salis" ? C'est ce que j'appelle de la provocation et de l'irrespect d'un abrutis sans cerveau.
Je constate donc la réaction, très direct, d'un homme comme tous les autres qui sait se faire respecter et qui ne souhaite pas montrer une façade qui n'est pas la sienne parce qu'il est Président.

Jean-Pierre Raffarin : "La vidéo ne m'a pas parue particulièrement nerveuse. C'est un dialogue privé, d'homme à homme, assez direct, assez viril, un dialogue volé. Je ne commente que les dialogues politiques". Mais "dans la vie privée", "de temps en temps, on peut avoir envie de dire un certain nombre de choses".

Brice Hortefeux : "Les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds". "Nicolas Sarkozy s'est exprimé de manière à ce que son interlocuteur le comprenne, eh bien moi je trouve ça très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français".

Xavier Bertrand : "On n'a pas le droit dans ce pays d'humilier le président de la République. Que ce monsieur refuse de lui serrer la main, c'est vexant, mais les propos qu'il a tenus c'est blessant". Selon lui, "on marche sur la tête" quand on "ne retient que les cinq secondes" de cet échange alors que le président "est resté deux heures" au Salon de l'Agriculture. "Le président de la République ne se laisse pas insulter", a conclu Xavier Bertrand.

Valérie Pécresse : "C'est un geste d'agacement, les hommes politiques sont des hommes comme les autres, ils ont une sensibilité vous savez", a lancé la ministre. "C'est plutôt rassurant, peut-être". Pour Mme Pécresse, "la personne qui s'exprimait en face, elle-même, n'avait pas utilisé des mots extrêmement tendres".

Michel Barnier : "A un moment donné, quelqu'un a agressé verbalement le chef de l'Etat. (...) Et le président de la République, c'est un homme qui est spontané, direct et assez moderne dans son comportement. Il n'y a pas d'hypocrisie avec Nicolas Sarkozy, il lui a répondu d'homme à homme et il ne faut pas s'en étonner".

Lionel Jospin : "Le président de la République doit rester respecté. J'ai été choqué que quelqu'un puisse s'adresser à lui comme il l'a fait, mais j'ai été surpris que le président de la République réponde comme il a cru pouvoir le faire".

56% des Français approuvent les tests ADN

  • Selon un sondage OpinionWay-Le Figaro-LCI, 69% des Français sont favorables à la fixation de quotas d'immigrés selon leur profession.
  • 67% se disent en outre favorables à la limitation du regroupement familial aux personnes qui maîtrisent le français.
L'amendement sur les tests ADN proposé par Thierry Mariani dans le cadre du projet de loi sur l'immigration a suscité l'indignation de nombreux leaders politiques de tous bords, mais jusqu'à présent, il existait peu d'indications sur l'opinion des Français. Alors qu'une précédente enquête CSA faisait état de 47% d'avis favorables à ces tests, un nouveau sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié vendredi révèle que 56% des Français sont favorables à l'utilisation des tests ADN dans le cadre d'un regroupement familial contre 44% qui y sont opposés.

En outre, 67% des personnes interrogées se disent en faveur de la limitation du regroupement familial aux personnes qui maîtrisent la langue française contre 33% qui y sont opposées. Les Français sont aussi 64% en faveur de la limitation du regroupement familial aux personnes qui ont un revenu équivalent ou supérieur au smic, selon OpimionWay. 35% sont opposés à cette mesure. 69% des Français sont favorables à la fixation de quotas d'immigrés autorisés à s'installer en France selon leur profession contre 31% qui s'y opposent, indique encore le sondage.

"J'écoute les élites mais j'entends le peuple"

Ce sondage a été commenté vendredi matin par Brice Hortefeux sur France Inter. "C'est la deuxième ou troisième enquête consécutive qui montre que nos compatriotes approuvent très massivement la loi que j'ai présentée concernant la maîtrise des flux migratoires", a-t-il fait valoir. "Ensuite, je suis toujours très attentif aux opinions émises et à ceux qui les profèrent. J'écoute avec intérêt ce que disent les historiens." Selon Brice Hortefeux, c'est une "toute petite minorité" de parlementaires qui s'opposent à ce projet de loi, et "une grande majorité des Français approuvent ce dispositif". "Ma responsabilité est d'abord d'écouter le peuple. J'écoute les élites mais j'entends le peuple", a-t-il dit, faisant allusion aux réserves émises, notamment, par des historiens.

Absent mardi lors de l'ouverture au public de la Cité de l'histoire de l'immigration, le ministre dit avoir été "l'un des premiers responsables publics à se rendre sur place" et avoir "été très impressionné par cette visite". Il a expliqué son absence très remarquée mardi par le fait que les travaux ne sont pas achevés dans le musée. "Les travaux se termineront au début de l'année 2009. Quand on invite pour une inauguration il vaut mieux pouvoir recevoir dans les meilleures conditions possibles. Quand on inaugure il vaut mieux que les travaux soient terminés".

Les tests ADN adoptés... mais encadrés

Les députés ont adopté jeudi le projet de loi sur l'immigration et notamment l'amendement controversé de Thierry Mariani sur le recours aux tests ADN.
Mais ces tests n'ont été autorisés qu'à titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2010, et une commission d'évaluation sera mise en place.

Le vote a eu lieu aux premières heures de la journée, à 4h20 précisément, et en présence de 23 députés. Approuvé par l'UMP et le Nouveau Centre, rejeté par le PS, le PCF et les Verts, le projet de loi sur l'immigration a été adopté ce jeudi par l'Assemblée nationale. Examiné en urgence (une seule lecture par assemblée), le texte doit à présent être présenté au Sénat. Le PS a déjà annoncé qu'il en saisira le Conseil constitutionnel. Mesure la plus polémique, le texte durcit les conditions du regroupement familial en autorisant, à titre expérimental, le recours aux tests ADN pour prouver une filiation.

L'amendement controversé de l'UMP Thierry Mariani a été voté dans une version rectifiée par le gouvernement afin de mieux en encadrer la mise en oeuvre. Les tests ont été autorisés, à titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2010, pour les étrangers candidats au regroupement familial voulant apporter une preuve de leur filiation. L'examen génétique, facultatif et fait après consentement exprès du demandeur, lui sera remboursé si le visa est accordé. En outre une commission sera mise en place pour évaluer "annuellement les conditions de mise en oeuvre" du dispositif.

Origines raciales ou ethniques

Ce premier texte de Brice Hortefeux prévoit aussi la mise en place, dans le pays d'origine, d'une "évaluation de connaissance de la langue et des valeurs de la République". Ce test concerne toute personne de moins de 65 ans, y compris les conjoints, pour lequel "le regroupement familial est sollicité". Si le "test" est négatif, "l'autorité administrative organise une formation à l'issue de laquelle une nouvelle évaluation a lieu". Par ailleurs le niveau de ressources exigibles du demandeur a été augmenté. Autre dispositif controversé adopté avec l'accord de Brice Hortefeux : la levée de l'interdiction du recensement des origines raciales ou ethniques pour la conduite d'études sur "la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration".

Concernant le droit d'asile, l'Assemblée nationale a réduit d'un mois à 15 jours le délai de recours laissé à l'étranger devant la Commission de recours des réfugiés (CRR) après le rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs le projet voté fait passer l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) de la tutelle du ministère des Affaires étrangères à celle du ministère de l'Immigration.

Le nouveau député des Hauts-de-Seine, Frédéric Lefebvre, ex-conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy, a présenté les deux seuls amendements qui ont été adoptés à l'unanimité. L'un crée un "fonds d'épargne de co-développement" et l'autre autorise la régularisation "à titre exceptionnel" de travailleurs immigrés dans des métiers ou des zones qui ont des difficultés de recrutement.

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