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Barnier à l'Elysée pour sortir de la crise des pêcheurs

  • Le ministre de l'Agriculture s'est entretenu avec le chef de l'Etat puis le Premier ministre pour les informer de l'avancée des négociations qui doivent reprendre à 15 heures.
  • Ce matin, quatre CRS ont été blessés, dont trois sérieusement, dans des heurts qui ont opposés pêcheurs et forces de l'ordre devant le ministère de la pêche.
Un gazole à 0,40 euros le litre contre 0,70 euros. Voilà ce que les marins pêcheurs ont exigé lors de leur réunion mercredi avec le ministre de la Pêche Michel Barnier. En attendant la réponse du gouvernement, ils ont décidé de suspendre les négociations, a annoncé à la sortie un de leurs porte-paroles. "On restera au ministère tant qu'on n'aura pas obtenu satisfaction", a affirmé Mourad Kahoul, vice-président du Comité national des pêches. "Au besoin on est prêt à amener des matelas", a-t-il ajouté. Les marins pêcheurs sont "mécontents des propositions qui leur ont été faites", a déclaré Mourad Kahoul. Ils ont donc demandé de renconter directement le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre François Fillon "pour obtenir une baisse du gazole". Un "contact" a été établi avec la présidence de la République, a indiqué une porte-parole du ministère.

Le Comité national des pêches a aussi demandé à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde de convoquer les pétroliers "pour réduire les prix du gazole comme l'avait promis le président de la République au Guilvinec en janvier dernier".

Alors que la délégation était reçue par Michel Barnier, une manifestation de 300 à 400 marins pêcheurs a dégénéré devant le ministère de l'Agriculture et de la pêche. Quatre policiers ont été blessés par des projectiles dont trois sérieusement, a annoncé la préfecture de police. Un tir tendu de fusée de détresse a atteint l'un deux à la jambe, selon plusieurs témoins.

"Vous n'êtes pas les seuls, chers amis et
je condamne fermement vos méthodes"
Sarkozyfrance2007

L'Europe face au défi de la crise alimentaire

  • Après les "émeutes de la faim" et les cris d'alarme de dirigeants d'institutions internationales, la France presse l'UE de rester "une puissance agricole forte".
  • Mais la politique européenne se retrouve en première ligne aussi sur la question des biocarburants. Officiellement, l'objectif européen en la matière est maintenu.
Les "émeutes de la faim" ont touché pour l'instant des pays de la région Afrique-Caraïbes, certains redoutent de les voir s'étendre en Asie... et déjà, leur écho a gagné l'Europe. En première ligne, la Politique Agricole Commune (PAC), depuis toujours objet de vifs bras de fer entre partenaires européens. Par la voix de Michel Barnier, la France a ainsi exhorté lundi l'UE à tout faire pour rester une puissance agricole forte.

A l'occasion d'une réunion avec ses collègues européens à Luxembourg, le ministre français de l'Agriculture a présenté une "initiative européenne pour la sécurité alimentaire", face à un "contexte grave de crises". Il propose que l'UE produise "plus et mieux". Une manière de répondre à ceux qui, comme le Royaume-Uni, prônent une baisse des subventions agricoles de l'UE, alors que les 27 sont en train d'établir un "bilan de santé" de la PAC. Pour Michel Barnier, la situation actuelle prouve notamment que l'UE doit rester intransigeante dans les négociations en cours à l'Organisation mondiale du commerce, où elle est sous pression pour réduire ses aides et droits de douane agricoles.

Une analyse sur laquelle le consensus pourrait être difficile. Si les déclarations d'intention sur la sécurité alimentaire devraient faire l'unanimité des 27, la France, soupçonnée de défendre aussi ses intérêts nationaux - elle est la première puissance agricole européenne - risque d'avoir plus de difficultés à emporter l'adhésion sur cette question de l'attitude envers l'OMC.

Les biocarburants, une idée hier, un crime aujourd'hui

Mais la politique de l'UE se retrouve au coeur des tensions par d'autres biais - notamment celui des biocarburants, accusés de contribuer à la flambée des prix. Entre autres denrées, le prix du riz s'est envolé de 75% en deux mois et celui du blé a grimpé de 120% au cours de l'année écoulée. Le problème est d'autant plus aigu que la part du revenu consacrée à l'alimentation atteint jusqu'à 75% dans les pays pauvres, contre 10 à 20% dans les pays riches. Or, l'un des facteurs expliquant cette envolée des prix est l'utilisation d'une part croissante et significative des terres arables pour produire des biocarburants. Pratiquement tout le supplément de récolte mondiale de maïs entre 2004 et 2007 a servi à fabriquer aux Etats-Unis cette alternative au pétrole. "La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité", a ainsi tonné lundi le Suisse Jean Ziegler.

L'Agence européenne de l'Environnement, un organisme relevant directement de la Commission européenne, a recommandé de "suspendre" l'objectif pour les biocarburants en raison des "menaces pour l'environnement". Mais la politique européenne n'est officiellement pas remise en cause : "Il n'est pas question pour l'instant de suspendre l'objectif fixé pour les biocarburants", a réaffirmé lundi Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.
Crise alimentaire et crise écologique !
Que faire ?

Un "casse toi pauvre con" mérité

Même si je ne suis pas particulièrement convaincu par le sous-titrage du Parisien, je souhaite apporté mon avis sur ce qui devient une affaire d'Etat alors que je considère cela comme un fait de la vie privée auquel tout le monde peut-être confronté. Qui ne réagirait pas à de tel propos : "Touche moi pas, tu me salis" ? C'est ce que j'appelle de la provocation et de l'irrespect d'un abrutis sans cerveau.
Je constate donc la réaction, très direct, d'un homme comme tous les autres qui sait se faire respecter et qui ne souhaite pas montrer une façade qui n'est pas la sienne parce qu'il est Président.

Jean-Pierre Raffarin : "La vidéo ne m'a pas parue particulièrement nerveuse. C'est un dialogue privé, d'homme à homme, assez direct, assez viril, un dialogue volé. Je ne commente que les dialogues politiques". Mais "dans la vie privée", "de temps en temps, on peut avoir envie de dire un certain nombre de choses".

Brice Hortefeux : "Les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds". "Nicolas Sarkozy s'est exprimé de manière à ce que son interlocuteur le comprenne, eh bien moi je trouve ça très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français".

Xavier Bertrand : "On n'a pas le droit dans ce pays d'humilier le président de la République. Que ce monsieur refuse de lui serrer la main, c'est vexant, mais les propos qu'il a tenus c'est blessant". Selon lui, "on marche sur la tête" quand on "ne retient que les cinq secondes" de cet échange alors que le président "est resté deux heures" au Salon de l'Agriculture. "Le président de la République ne se laisse pas insulter", a conclu Xavier Bertrand.

Valérie Pécresse : "C'est un geste d'agacement, les hommes politiques sont des hommes comme les autres, ils ont une sensibilité vous savez", a lancé la ministre. "C'est plutôt rassurant, peut-être". Pour Mme Pécresse, "la personne qui s'exprimait en face, elle-même, n'avait pas utilisé des mots extrêmement tendres".

Michel Barnier : "A un moment donné, quelqu'un a agressé verbalement le chef de l'Etat. (...) Et le président de la République, c'est un homme qui est spontané, direct et assez moderne dans son comportement. Il n'y a pas d'hypocrisie avec Nicolas Sarkozy, il lui a répondu d'homme à homme et il ne faut pas s'en étonner".

Lionel Jospin : "Le président de la République doit rester respecté. J'ai été choqué que quelqu'un puisse s'adresser à lui comme il l'a fait, mais j'ai été surpris que le président de la République réponde comme il a cru pouvoir le faire".

OGM : la France engage la clause de sauvegarde

  • Matignon a annoncé que la France allait déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810.
  • José Bové a annoncé qu'il cessait sa grève de la faim.
La France a décidé de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture. "Le Gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810, jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", déclarent dans un communiqué les services du Premier ministre, qui soulignent avoir pris cette décision "en application du principe de précaution".

Techniquement, la clause doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Monsanto, le géant américain de l'agro-chimie qui produit ce maïs, a par ailleurs 15 jours pour présenter sa défense. Le gouvernement a ajouté que "les doutes sur cet OGM actuellement cultivé en France ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux". Il a également a annoncé dans la foulée "un plan sans précédent d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels".

Bové cesse sa grève de la faim

José Bové a immédiatement annoncé vendredi soir qu'il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants. "C'est ce qu'on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l'ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s'alimenter", a-t-il déclaré. "On recommencera à s'alimenter demain à midi", a-t-il ajouté. Tous réclamaient l'activation par la France de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne afin de suspendre la culture en France du maïs MON810.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, "c'est l'esprit de responsabilité du Grenelle de l'environnement qui permet ce soir au gouvernement d'enclencher la clause de sauvegarde. Le plus important maintenant, c'est la loi. Il faudra appliquer à ce texte le même esprit de principe de précaution". Même réaction du côté de Greenpeace. Arnaud Apotheker, spécialiste des OGM à Greenpeace-France, a exprimé "sa joie". "Cette décison fait qu'il n'y aurait pas d'OGM en culture sur le territoire français en 2008 et va permettre de discuter de la loi de manière sereine. Cette loi devra prendre en compte de la même façon ce principe de précaution", a-t-il ajouté.

Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause "en cas de doute sérieux" sur le MON810. Or, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de "doutes sérieux" sur ce maïs, dans un avis remis mercredi au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Un avis toutefois contesté, notamment par douze scientifiques membres de la Haute autorité. Dans un communiqué jeudi soir, ils "font remarquer" que "le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de doutes sérieux, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de négatifs", comme l'a déclaré le président, le sénateur Jean-François Le Grand. Ils se disent donc "gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription" et "regrettent le manque de temps qui ne leur a pas permis, d'une part de réaliser une expertise plus complète du MON810 selon les critères de l'expertise collective, et d'autre part de relire sereinement l'avis avant sa diffusion".

L'hommage de Sarkozy aux morts de la "P'tite Julie"

  • Nicolas Sarkozy a rencontré vendredi les proches des marins dont les corps ont été retrouvés après le naufrage du chalutier.
  • Les investigations autour de l'épave ont dû être suspendues pour cause de mauvais temps.
Nicolas Sarkozy a rencontré vendredi les familles des victimes du naufrage du chalutier La P'tite Julie lors d'une brève visite dans les Côtes-d'Armor. Cette rencontre s'est déroulée en milieu de journée, à huis clos, à la mairie de la petite cité balnéaire de Pléneuf-Val-André, proche d'Erquy où était basé le chalutier, avec une trentaine de proches des disparus. Le président était accompagné de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, et de Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme.

Le président de la République s'est également entretenu quelques instants avec des sauveteurs, civils et militaires qui ont participé aux recherches après le naufrage. "Vous avez fait preuve de courage. Je vous en remercie", leur a-t-il dit après leur avoir demandé de lui faire le récit des opérations de secours. "On va travailler à renforcer la sécurité", a-t-il ajouté. Il s'est ensuite rendu à la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde, dominant le petit port voisin de Dahouët, pour se recueillir quelques instants avec les familles devant les cercueils des deux marins français dont les corps ont été retrouvés. Il a inscrit quatre mots sur le registre de condoléances de la chapelle: "En souvenir... Votre ami", signant simplement "Nicolas Sarkozy".

"Quand ça doit arriver, ça arrive"

Les obsèques de ces deux marins se dérouleront samedi matin à Pléneuf-Val-André. Les corps des quatre autres victimes -deux Portugais et deux Français- n'ont pas été retrouvés. "Quand ça doit arriver, ça arrive. Il n'y a pas de résistance contre la mer", commentait, fataliste, après la cérémonie Alberto Duque, l'un des marins-pêcheurs portugais employés par l'armement auquel appartenait le chalutier naufragé. Nicolas Sarkozy a adressé un courrier à son homologue portugais, Anibal Cavaco Silva, lui demandant de transmettre aux familles des deux pêcheurs portugais disparus, "au nom de la République française, toute ma compassion et ma solidarité dans cette épreuve douloureuse".

A la demande du procureur de Saint-Brieuc en charge de l'enquête, la marine nationale a envoyé jeudi le chasseur de mines Eridan sur la zone du naufrage pour tenter d'examiner l'épave du chalutier, qui repose par 80 mètres de fond. L'Eridan a facilement localisé La P'tite Julie, mais les mauvaises conditions météo régnant vendredi ont empêché le robot sous-marin mis en oeuvre par le chasseur de mines de transmettre des images exploitables du chalutier. L'Eridan a quitté la zone du naufrage en milieu de journée pour aller attendre au port de Roscoff une accalmie permettant d'entreprendre l'exploration de l'épave dans de bonnes conditions.

Sarkozy "se battra" pour que le procès soit en France

Ils sont venus nombreux mercredi après-midi à Plouescat, dans le Finistère, pour rendre un dernier hommage au capitaine Bernard Jobard, tué il y a moins d'une semaine au large d'Ouessant dans la collision de son bateau avec un cargo. Parmi eux, la navigatrice Maude Fontenoy, le ministre de la Pêche, Michel Barnier, et surtout le président de la République auquel la veuve du marin en avait directement appelé dimanche dernier.

Plusieurs centaines de personnes massées devant l'Eglise et la mairie ont applaudi le chef de l'Etat à son arrivée. Avant d'assister à la messe d'enterrement du patron pêcheur du Sokalique, Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec les six autres marins rescapés de la collision. Il a eu aussi un entretien privé avec la veuve du marin, Yvette Jobard.

Je suis choqué qu'on puisse se comporter de cette façon"

Nicolas Sarkozy a promis de "tout" faire, de "se battre", pour que le procès ait lieu en France, tout en mais reconnaissant n'était "pas sûr d'y arriver". Il a affirmé qu'il allait téléphoner pendant le week-end au président des îles Kiribati, Anote Tong, pour appuyer la demande de transfert en France de la compétence judiciaire. Car si la France a obtenu que l'enquête soit menée par la France, selon le droit de la mer, le procès est censé avoir lieu dans les îles Kiribati, ces îles du Pacifique où le cargo est immatriculé. En attendant, le cargo Ocean Jasper est immobilisé à Brest pour la durée de l'enquête sur le naufrage du Sokalique, dans la nuit du 16 au 17 août.

"J'ai voulu être là pour manifester la solidarité de la Nation à l'endroit du monde de la pêche. J'ai voulu également dire combien je suis choqué qu'on puisse se comporter de cette façon", a commenté le président. "Le bateau qui a percuté (le Sokalique), semble-t-il, n'a pas porté secours aux hommes qui étaient à la mer et on a un marin qui est mort. Ma place était donc d'être aux côtés de la famille", a-t-il ajouté.

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