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Ingrid Betancourt rend "grâce à Dieu et à l'armée"

  • A peine libérée, la Franco-colombienne s'est exprimée sur la radio privée colombienne Caracol.
A peine libérée, Ingrid Betancourt s'est exprimée depuis la Colombie sur la radio privée Caracol. "Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie", a-t-elle déclaré. "L'opération a été absolument impeccable", a ajouté Ingrid Betancourt. "Je crois (que ces libérations) sont un signal de paix pour la Colombie."

Dans sa première déclaration publique, l'ex-otage franco-colombienne n'a pu retenir ses larmes, savourant ses premiers instants de liberté après six ans et demi de captivité aux mains des Farc. La télévision colombienne l'a ensuite montrée débarquant d'un avion du gouvernement colombien sur une base aérienne près de Bogota.

Contrairement aux informations évoquant son état de santé très précaire, Ingrid Betancourt semblait à la fois souriante et en bonne forme lorsqu'elle est tombée dans les bras de sa mère Yolanda Pulecio au bas de la passerelle. Les deux femmes se sont longuement étreintes, avant qu'Ingrid Betancourt, qui portait un haut kaki de l'armée colombienne, ne pose pour les photographes avec les autres otages libérés.

Ingrid Betancourt est libre

La Colombie a annoncé mercredi la libération par l'armée de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt et de trois otages américains qui étaient mains des Farc. Le ministre de la Défense Juan Manuel Santos a déclaré que tous les anciens otages étaient en relativement bonne santé. Onze militaires ou policiers ont également été libérés. Selon le ministre, les otages ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée.

"C'est une immense joie, une joie indescriptible. Je n'arrive pas à y croire", a déclaré mercredi Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Betancourt. Du côté de l'Elysée, on ne confirme pas l'information. "Aucune réaction pour le moment. On ne dit rien on ne confirme pas", a déclaré un conseiller du président Nicolas Sarkozy.

Selon Olivier Roubi, porte-parole du comité de soutien d'Ingrid Betancourt, interrogé sur LCI, les otages n'ont pas été libérés par l'armée colombienne, mais par la réédition de deux commandants des Farc.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d'échange contre des centaines de militants emprisonnés. Parmi eux, Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l'élection présidentielle en Colombie, qui avait été capturée le 23 février 2002. Les trois otages américains travaillaient eux pour le département de la Défense et avaient été capturés en 2003 après la chute de leur avion dans la jungle lors d'une opération de lutte contre les stupéfiants.

Un guérillero des Farc propose de libérer Ingrid Betancourt

  • Selon le président colombien, un rebelle a proposé à Bogota de relâcher Ingrid Betancourt et d'autres otages, en échange d'une garantie de non extradition.
  • Bogota a envoyé une note au guérillero "assurant qu'il n'y aurait pas d'extradition si cela se passe bien", a affirmé Uribe.
Peut-être un nouvel espoir pour l'otage franco-colombienne. En tous cas, il s'agit d'une proposition d'un genre nouveau. Un membre des Force armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a proposé de relâcher la Franco-colombienne Ingrid Betancourt et d'autres otages en échange d'une garantie de non extradition, a déclaré vendredi le président colombien Alvaro Uribe.

"Espérons que la proposition (...) soit réelle. Nous avons envoyé une note au guérillero qui a proposé de libérer Ingrid Betancourt et d'autres victimes d'enlèvements. Le directeur de la DAS (services de renseignement colombiens) l'a envoyée avec mon autorisation, assurant qu'il n'y aurait pas d'extradition si cela se passe bien", a déclaré le président colombien, lors d'une réunion de l'Organisation démocrate chrétienne d'Amérique (OCDA) à Bogota.

"J'assume cet engagement"

Le chef de l'Etat colombien avait déjà évoqué jeudi la possibilité d'obtenir la libération d'otages en échange de son refus d'extrader un membre des Farc. Mais il n'avait pas précisé alors qu'Ingrid Betancourt était concernée par ce marché. "J'assume cet engagement. Dites leur que nous nous engageons à ne pas extrader cette personne. Mais que les otages soient libérés", avait-il déclaré, alors qu'il rendait visite à des députés du département de Risaralda, dans l'est du pays.

Le sénateur colombien Luis Eladio Perez, un des six otages relâchés par les Farc depuis le début de l'année, a de son côté estimé que la guérilla pourrait procéder dès la semaine prochaine à de nouvelles libérations, dont celle d'Ingrid Betancourt. Enlevée en 2002, elle fait partie d'un groupe de 39 otages dont les Farc proposent la libération contre celle de 500 guérilleros emprisonnés. Ces otages sont pour la plupart des policiers et militaires colombiens, ainsi que trois Américains, capturés en 2003 alors qu'ils effectuaient une mission anti-drogue pour le gouvernement des Etats-Unis.

Les FARC sont prêts à libérer les otages dont Ingrid Betancourt, annonce Uribe

  • L'armée colombienne a annoncé samedi le décès de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie.
  • Le président colombien Alvaro Uribe a ajouté que les Farc sont prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
L'armée colombienne a annoncé samedi le décès de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste), déjà donné pour mort à au moins 17 reprises. "Le gouvernement a reçu des appels des Farc dans lesquels certains dirigeants ont annoncé leur décision de se démobiliser et de libérer Ingrid Betancourt, si le gouvernement (colombien) leur garantit la liberté", a affirmé le président lors d'une réunion publique en province. Ces dirigeants, a ajouté Alvaro Uribe, "seraient remis aux autorités françaises pour qu'ils puissent profiter dans ce pays de leur liberté".

Alvaro Uribe a également rappelé son offre de payer une récompense pouvant atteindre 100 millions de dollars aux guérilleros qui désertent avec des otages. Le président a fait ces déclarations à l'issue d'un "conseil communautaire" dans la localité de Florida (sud-ouest) et ses propos ont été retransmis en direct par la télévision d'état.

Une libération ?

Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate à la présidentielle, est otage de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis plus de six ans. Depuis plusieurs mois, Mme Betancourt est dans un état de santé alarmant, selon plusieurs témoignages. Les Farc ont proposé d'échanger 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros emprisonnés.

Le chef des Farc âgé de 80 ans et vétéran de la guérilla, est décédé le 26 mars, soit depuis près de deux mois et son remplaçant à la tête du mouvement devrait être Alfonso Cano, considéré comme l'actuel responsable idéologique, selon un communiqué lu par un porte-parole militaire du ministère. Sa mort "est survenue à 18H30 et les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées", a-t-on précisé de même source, alors qu'aucune photographie ou document prouvant cette disparition n'ont été présentés à la presse par le ministère de la Défense.

Samedi le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a indiqué à l'hebdomadaire Semana que l'information a été donnée au gouvernement "par une source qui ne nous a jamais trompés". Le chef guérillero "est décédé de mort naturelle", a pour sa part déclaré à la télévision privée Caracol le numéro deux de l'armée, l'amiral David René Moreno. "Maintenant c'est aux Farc de démontrer que cette information n'est pas vraie", a-t-il dit.
"Je croise les doigts pour toi Ingrid"
Sarkozyfrance2007

Le numéro 1 des Farc serait mort

  • Le chef de la guérilla colombienne serait mort fin mars d'une crise cardiaque, selon le ministre colombien de la Défense.
  • Le gouvernement colombien l'accuse d'avoir introduit les prises d'otage dans la guérilla.
Le chef de la guérilla colombienne des Farc, Manuel Marulanda, serait mort. C'est ce qu'affirme le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos à l'hebdomadaire Semana qui le cite samedi sur son site internet. "Selon les informations dont nous disposons, il est déjà mort", a déclaré Juan Manuel Santos, faisant état d'informations des services du renseignement selon lesquelles le chef des Farc est décédé le 26 mars d'une crise cardiaque. La présidence colombienne et le ministère de la Défense ont indiqué ne pas pouvoir confirmer les affirmations du ministre et ont ajouté que dans l'immédiat aucune annonce officielle n'était prévue.

Déjà été donné pour mort au moins à 17 reprises, Manuel Marulanda, alias "Tirofijo", de son vrai nom Pedro Antonio Marin, né le 12 mai 1928, est rarement sorti de la clandestinité. Sa dernière apparition publique remonte à 1982. Selon les éléments biographiques dont disposent les médias, le fondateur des Forces armées révolutionnaires de Colombie serait marié et aurait "plusieurs enfants", dont une fille, la compagne du numéro deux des Farc Raul Reyes, tué le 1e mars au cours d'un raid de l'armée colombien en territoire équatorien.

Le gouvernement colombien accuse Manuel Marulanda, le plus vieux guérillero communiste au monde, d'avoir introduit le trafic de drogue et les prises d'otage dans la guérilla.

La soeur d'Ingrid Betancourt a de l'espoir

Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne, a exprimé son "espoir profond" de voir sa soeur Ingrid libérée prochainement, au cours de l'assemblée générale de la Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) à Evry, dans la banlieue parisienne.

"L'année dernière, j'étais dans un état d'esprit totalement différent. Aujourd'hui, je nourris l'espoir profond de voir Ingrid parmi nous", a déclaré Astrid Betancourt, en saluant la mobilisation de la France et des 69 comités de soutien de la FICIB, dont une dizaine sont à l'étranger. Elle est revenue sur une année riche en événements concernant la question des otages aux mains de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) avec notamment la libération de sept d'entre eux, dont Clara Rojas.

La soeur de l'otage, ancienne candidate des Verts à la présidentielle en Colombie, a expliqué que la dernière mission du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, en Amérique latine avait permis d'établir "quelque chose de très concret" entre la France et le président vénézuélien Hugo Chavez, sans vouloir préciser la teneur de ces discussions.

"Libération, Vite !!!"
Sarkozyfrance2007

Bernard Kouchner lundi en Colombie

  • Le chef de la diplomatie va entamer une tournée pour évoquer le sort des otages et notamment celui de la Franco-Colombienne.
Le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, se rendra lundi à Bogota avant de gagner l'Equateur et le Venezuela pour évoquer le sort des otages en Colombie et notamment celui de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a indiqué vendredi le quai d'Orsay.

"Le ministre, qui s'était entretenu avec les présidents Chavez et Uribe en février, réévaluera la situation des otages avec les trois chefs d'Etat et évoquera l'urgence d'une solution humanitaire permettant de conduire à la libération des séquestrés détenus par les Farc en Colombie, parmi lesquels figure (...) Ingrid Betancourt", indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Sarkozy ne "renoncera pas"

L'annonce de cette visite avait été faite un peu plus tôt par l'ambassadeur de France à Bogota, Jean-Michel Marlaud. "Nous évoquerons un accord humanitaire et ferons une nouvelle évaluation de la situation après l'envoi d'une mission humanitaire", avait indiqué l'ambassadeur.

Paris avait envoyé en Colombie début avril un avion médicalisé et des émissaires pour secourir Ingrid Betancourt, mais avait annulé sa mission une semaine plus tard après avoir essuyé un refus de la guérilla marxiste qui retient l'otage depuis six ans.

Vendredi, Alvaro Uribe a confirmé qu'il recevrait Bernard Kouchner lundi à Bogota et réaffirmé qu'il s'opposerait à toute médiation de Hugo Chavez dans l'affaire de libération des otages. Jeudi soir, le président Nicolas Sarkozy a assuré dans un entretien télévisé qu'il ne "renoncerait pas" à obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, et souhaité que Hugo Chavez, crédité d'une influence sur la guérilla colombienne, "continue à s'investir" en faveur de la libération des otages.

Les Farc, en lutte depuis 1964 contre les autorités, réclament la libération de 500 guérilleros contre celle d'un groupe de 39 otages dit "échangeables", dont l'ex-candidate à la présidence, Ingrid Betancourt.

Echec de la mission humanitaire pour sauver Ingrid Betancourt

  • Bernard Kouchner se rendra "prochainement dans la région", suite au rejet par les Farc de la mission humanitaire française.
  • Les guérilleros réclament toujours au président colombien la démilitarisation d'une zone grande comme la ville de New-York.
C'est un aveu d'échec pour la mission française : dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que l'équipe envoyée la semaine dernière en Colombie pour secourir Ingrid Betancourt allait quitter le pays. Sans avoir pu atteindre son objectif. Elle était, depuis jeudi dernier, immobilisée sur la base aérienne de Catam, près de Bogota. L'Elysée a ensuite annoncé que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner se rendra "prochainement dans la région" pour discuter de la situation des otages.

Dans un communiqué, l'Elysée présice que le président Nicolas Sarkozy a accueilli "avec une profonde déception" le rejet par les Farc de la mission médicale envoyée sur place pour secourir Ingrid Betancourt. "Face à cette nouvelle épreuve, ajoute l'Elysée, il (M. Sarkozy) tient à assurer la famille de notre compatriote comme celles de tous les otages que sa détermination à obtenir leur libération reste entière". "La France demeure pleinemement mobilisée pour rendre les otages à la vie et à leurs proches", ajoute le communiqué.

Démilitarisation sinon rien

Quelques heures avant cette annonce du Quai d'Orsay, les Farc avaient qualifié "d'irrecevable" cette mission humanitaire, excluant d'agir sous "la pression médiatique". Selon la guérilla, la mort de son numéro deux, Raul Reyes, abattu lors d'un raid de l'armée colombienne le 1er mars en Equateur, a démontré que le président colombien est "l'obstacle principal et l'ennemi numéro un de l'échange". Et les Farc ont jugé que la mission française n'était "pas le résultat d'une concertation mais de la mauvaise foi d'Uribe à l'encontre du gouvernement français". Les rebelles marxistes ont réclamé à nouveau la démilitarisation par le président Alvaro Uribe d'une zone grande comme la ville de New York dans la jungle, afin de faciliter un éventuel échange d'otages contre des militants détenus dans les prisons colombiennes. Le président colombien a repoussé à plusieurs reprises cette idée, affirmant ne pas vouloir offrir aux rebelles l'occasion de regrouper leurs forces.

Un rejet "très cynique", selon Lorenzo

"Les Farc ont donné une réponse très dure et très cynique" en rejetant la faute sur le président Uribe "alors que ce sont eux les preneurs d'otages", a déclaré Lorenzo Delloye. "Que valent les otages aujourd'hui ?" s'est interrogé Lorenzo Delloye, s'en prenant également à Alvaro Uribe. "Est-ce que c'est à ce point dégradant pour le gouvernement colombien de mettre sa fierté de côté et d'accepter une démilitarisation d'une zone ou une zone neutre avec une force internationale de paix pour faire que cet accord soit possible?" a dit Lorenzo Delloye. "Ou est-ce que c'est trop dégradant et qu'on nous laisse enterrer les otages et que je doive enterrer ma mère ?" a-t-il poursuivi. "Maman va très mal. Son état s'est encore dégradé par rapport à la vidéo" reçue par la famille en décembre, a répété le fils de l'otage. "J'ai encore l'espoir. Je suis certain qu'on peut arriver à une solution", a-t-il ajouté, appelant Alvaro Uribe a en finir avec une "politique de guerre" et à ne pas oublier "les gens qui sont en train de pourrir dans la jungle".

Libérez Ingrid maintenant !

  • Carla Bruni-Sarkozy, Cristina Kirchner, Bernard Kouchner : de nombreuses personnalité ont rejoint à Paris la "marche blanche" en faveur de l'otage de Farc.
  • Près d'une vingtaine de villes se mobilisent ce dimanche pour tenter de hâter sa libération, alors que la mission humanitaire envoyée par la France peine à obtenir des résultats.
Le cortège parisien s'est ébranlé, dimanche après-midi, en direction de l'Assemblée nationale alors qu'une banderole proclamant : "Libérez Ingrid maintenant !" avait été déployée sur la façade de l'Opéra Garnier. Comme dans près de 20 villes en France, la capitale a servi de cadre à une "marche blanche" pour exiger la libération de l'otage des Farc. Les participants, au nombre d'un millier, avaient été invités à porter des vêtements blancs en signe de paix pour la Colombie. Sous les acclamations de la foule, le fils d'Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, 19 ans, a lancé au départ du défilé : "Liberté, liberté pour tous ! Que ces cris de liberté traversent l'Atlantique pour que maman les entende !".

"Ça me touche énormément. Et le désarroi de sa famille me touche aussi. Il faut simplement qu'Ingrid sorte le plus vite possible. Et je voulais vous dire que mon mari ne renoncera pas", a déclaré l'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni-Sarkozy, présente à ce défilé. Pour Rama Yade, également sur place, "c'est une course pour la vie et tant qu'elle est en vie, tant que ses enfants sont là à se battre, nous serons toujours à côté". "Nous manifestons par principe pour la libération d'Ingrid Betancourt. C'est cette cause humanitaire qui doit désormais prévaloir sur toutes les autres", a déclaré pour sa part la présidente argentine Cristina Kirchner.

La mission humanitaire "n'est en rien bloquée"

Egalement présent à cette manifestation à laquelle participaient diverses personnalités comme le maire de Paris Bertrand Delanoë et des personnalités du monde culturel comme l'écrivain Marek Halter, Bernard Kouchner a assuré que la France poursuivrait ses efforts pour libérer Ingrid Betancourt. "Aujourd'hui, les gens nous posent des questions sur cette mission humanitaire, pour nous demander si nous allons l'arrêter", a déclaré le chef de la diplomatie française devant l'Opéra de Paris. "Nous n'allons pas l'arrêter, nous n'arrêterons jamais" nos démarches pour la libération d'Ingrid Betancourt, a-t-il alors lancé.

La France a dépêché mercredi, pour l'heure sans avancée apparente, une mission humanitaire, avec la Suisse et l'Espagne, afin de tenter d'entrer en contact avec la guérilla des Farc, qui détient l'ex-candidate à la présidentielle colombienne depuis plus de six ans. Mais cette absence de résultats visibles n'a pas davantage découragé le porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, Hervé Marro, qu'elle n'a convaincu Bernard Kouchner "d'arrêter". "A l'heure où certains s'interrogent sur la mission humanitaire, nous tenons à dire qu'elle n'est en rien bloquée : elle n'en est qu'à son début et nous avons la conviction qu'à force de persuasion et d'audace, elle sera couronnée de succès", a assuré Hervé Marro.

Pendant que le cortège traversait Paris, d'autres défilés plus ou moins fournis s'étiraient dans les rues de villes comme Marseille, Avignon, Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Clermont-Ferrand ou encore Strasbourg. A Nice par exemple, six cents personnes ont manifesté entre deux banderoles proclamant l'une "Maintenant...tout de suite" et l'autre "Nice avec Ingrid" sur la Promenade des Anglais, le front de mer de la ville. A Toulouse, deux banderoles avec les portraits de l'otage avaient été installées dès mercredi sur la façade du Conseil général de Haute-Garonne appelant à la marche.

Chavez propose d'aller avec Sarkozy dans la jungle

  • Le président du Venezuela, qui s'est entretenu par téléphone mercredi avec son homologue français, se dit prêt "à aller, avec Sarkozy, chercher Ingrid".
  • Depuis jeudi matin, une mission humanitaire française se trouve en Colombie mais les Farc ont affirmé jeudi qu'il n'y aurait pas de libérations d'otages sans échange avec des guérilleros emprisonnés.
Le président du Venezuela Hugo Chavez a proposé jeudi soir d'aller, avec son homologue français Nicolas Sarkozy, chercher en Colombie l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, aux mains de la guérilla des Farc depuis six ans. Hugo Chavez a également demandé au président Sarkozy de solliciter l'aide des Etats-Unis.

"Je serais disposé à aller, avec Sarkozy, chercher Ingrid", a indiqué Hugo Chavez dans un message diffusé par les chaînes de radio et de télévision vénézuéliennes, dévoilant le contenu d'un entretien téléphonique qu'il a eu mercredi avec le président français. Hugo Chavez a par ailleurs suggéré à Nicolas Sarkozy de faire également appel au président américain George W. Bush pour faciliter l'échange humanitaire entre 39 otages des Farc, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, et quelque 500 guérilleros emprisonnés. "J'ai recommandé à Sarkozy de parler avec le président des Etats-Unis qui peut faire beaucoup là-bas", a-t-il indiqué sans autre précision. La soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid, a appelé vendredi Nicolas Sarkozy à saisir cette proposition et à "travailler" avec son homologue vénézuélien pour présenter des propositions à la guérilla colombienne.

Nicolas Sarkozy a lancé mardi un appel au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie Manuel Marulanda pour qu'il libère immédiatement l'otage franco-colombienne "en danger de mort imminente". Depuis jeudi matin, une mission humanitaire française se trouve en Colombie, où elle est arrivée par un avion français Falcon 50, prêt à décoller pour se rendre à San Jose Guaviare (sud-est), située dans la région où se trouverait Betancourt. Paris attend toujours une réponse des Farc pour tenter d'accéder à Ingrid Betancourt, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. "Les Farc doivent répondre, nous attendons, nous sommes sur place", a-t-il dit. "Pour le moment nous sommes en train d'essayer, essayer, essayer, et il n'y a pas d'autre solution", a-t-il insisté.

Pas de libération sans échange avec des guérilleros

Pour Hugo Chavez, "la situation est extrêmement compliquée" car les Farc n'ont pas répondu à l'initiative française. "Nous sommes prêts à soutenir cette mission humanitaire comme nous l'avons fait précédemment, mais bien sûr la situation est très compliquée", a-t-il expliqué. Un haut dirigeant des Farc, Rodrigo Granda, a affirmé jeudi qu'il n'y aurait pas de libérations d'otages sans échange avec des guérilleros emprisonnés, dans un communiqué diffusé sur internet par l'Agence bolivarienne de presse (ABP).

Des dizaines de milliers de personnes, selon la police et les organisateurs, ont manifesté vendredi dans les rues des grandes villes colombiennes en faveur de la libération d'Ingrid Betancourt et de tous les otages de Colombie qui sont environ 2.800 personnes.

Ingrid Betancourt est-elle déjà morte ?

  • Selon la Colombie, la santé de l'otage est "extrêmement fragile". Elle est déplacée en permanence de camp en camp, "ce qui aggrave la situation".
  • Selon le procureur général de la nation, l'échange proposé jeudi par Uribe n'est valable que si tous les otages des Farc sont libérés.
Les informations de ces dernières semaines concernant la santé d'Ingrid Betancourt ne laissent guère place à l'optimisme. Dernière en date, la Colombie affirme que la santé de l'otage franco-colombienne est "extrêmement fragile". "Selon des informations de la police, de l'armée et du ministère de la Défense, nous avons établi qu'Ingrid Betancourt est très malade", indique le palais présidentiel colombien.

Un état de santé qui serait aggravé par des déplacements "permanents" dans les forêts du sud du pays. "Nous demandons aux Farc qu'ils libèrent immédiatement Ingrid Betancourt car elle risque de mourir. S'ils refusent, qu'ils acceptent au moins qu'une mission médicale internationale la soignent pour lui éviter la mort", a ajouté une source du palais présidentiel.

Son ex-mari craint qu'elle soit "déjà morte"

Son ex-mari Fabrice Delloye, qui avait annoncé fin février qu'elle souffrait d'une Hépatite B récurrente, a dit craindre samedi que l'otage "soit en train de mourir, ou soit déjà morte", après des déclarations alarmistes de Bogota sur son état de santé. "Ce qui m'angoisse le plus, c'est la déclaration du gouvernement colombien, je me demande s'ils ne disposent pas d'informations que nous n'avons pas et s'ils ne sont pas en train d'ouvrir le parapluie", a-t-il déclaré.

Devant la gravité des nouvelles concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt, le gouvernement colombien a affirmé qu'il était prêt à un accord humanitaire et à "réduire au minimum" ses exigences pour la sortie de prison de guérilleros en échange de sa libération. Mais cette proposition se heurterait à la constitution colombienne, selon le procureur général de la nation. Il faut "que soient libérés la totalité des otages" détenus par les Farc, a-t-il précisé, pour que le Bureau du procureur soutienne le décret présidentiel. Samedi, le président colombien a par ailleurs indiqué que la France serait disposée à accueillir le ou les guérilleros colombiens qui libéreraient des otages.

11 femmes du gouvernement envoient un message à Ingrid Betancourt

La secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, a souhaité consacrer à Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des Farc depuis 6 ans, la Journée internationale des Femmes du 8 mars. Elle a proposé aux femmes ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement Fillon d’enregistrer un message de soutien diffusé sur RFI. Découvrez-les ci-dessous en vidéo.

Le n°2 des Farc tué par l'armée

  • Raul Reyes, bras droit de Manuel Marulanda et porte-parole de la guérilla, a été tué dans le bombardement d'un camp des Farc en territoire équatorien.
  • Sa mort, avec celle de 16 autres guérilleros, sera certainement un coup dur pour les Farc tout comme pour le processus de libération des otages, dont Ingrid Betancourt.
Cet homme de 59 ans était la tête visible des Farc. La nouvelle de sa mort a fait l'effet d'une petite bombe, trois jours après la libération unilatérale de quatre otages des Farc. Raul Reyes, n°2 des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), a été tué par l'armée, a confirmé samedi le ministre de la Défense, après l'annonce faite par la radio Caracol et une source gouvernementale. "Il s'agit du coup le plus important porté jusqu'ici à ce mouvement terroriste", a commenté le ministre de la Défense.

Si sa mort va porter un coup très rude aux Farc sous pression de la diplomatie internationale, elle risque aussi de porter un nouveau coup aux relations difficiles entre le président Alvaro Uribe et les guérilleros marxistes, qui détiennent notamment Ingrid Betancourt. Sa disparition pourrait même compromettre la libération des otages. En juillet 2005, Raul Reyes avait déclaré : "Si Uribe est réélu, Ingrid pourrait passer quatre ans supplémentaires en détention".

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy regrette à demi-mot cette opération militaire. Il a d'ores et déjà appelé à "toutes les parties concernées à faire prévaloir les considérations humanitaires" après "ces opérations militaires apparemment ciblées" et à "conforter la dynamique positive (...) amorcée avec la libération unilatérale de plusieurs otages", "un moment crucial".

De nouvelles libérations compromises ?

Bras droit du chef des Farc, Manuel Marulanda, dont on n'a pas eu de preuve de vie depuis des mois, et porte-parole de la guérilla marxiste, c'est lui qui recevait la presse, rencontrait les émissaires internationaux (français, vénézuéliens, colombiens...), négociait avec eux pour un échange humanitaire de prisonniers... Il faisait partie des 7 membres du secrétariat des Farc, l'une des plus anciennes guérillas marxistes d'Amérique latine classée comme "organisation terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne. En octobre, l'armée colombienne, appuyée par l'aviation, avait tué un autre chef militaire des Farc, Gustavo Rueda Diaz, dans un camp proche de la côte caraïbe. Un mois auparavant, Tomas Medina, un rebelle impliqué dans le trafic d'armes et de drogue, avait été tué près du Venezuela.

Une manifestation de soutien à la Franco-Colombienne se déroulait samdi après-midi devant l'ambassade de Colombie à Paris. Les proches d'Ingrid Betancourt ont toujours prôné les négociations avec les Farc, rejettant la méthode forte du président Uribe et la possilité d'une attaque de l'armée. Ils se disent rongés par l'inquiétude, et l'ex-mari de l'otage, Fabrice Delloye aurait même appelé le président français au téléphone pour qu'il s'assure que les Farc ne vont pas s'en prendre aux otages. Vendredi, Nicolas Sarkozy s'est redit prêt à aller chercher l'otage, estimant qu'elle est "en danger de mort".

Bogota reçoit pour sa part des milliards de dollars d'aide américaine pour éliminer les Farc et lutter contre le trafic de cocaïne. Le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche en Amérique latine et sympathisant de la cause des Farc, tente actuellement d'obtenir la libération de nouveaux otages.

Le "plan Chavez" pour libérer Betancourt

  • Le président vénézuélien propose une médiation internationale pour parvenir à un terrain d'entente entre son homologue colombien et les Farc.
"Je pense que le sentiment humanitaire et l'opinion publique internationale vont faire bouger les lignes au sein de l'oligarchie colombienne". Hugo Chavez est confiant : il se dit sûr de pouvoir amener la Colombie à valider son plan de négociation avec les Farc.

Auréolé des libérations successives de 6 otages des Farc, Hugo Chavez veut prendre en main les manœuvres pour faire libérer Ingrid Betancourt et les autres otages. Le président vénézuélien a proposé jeudi de créer un groupe de "pays amis" qui ferait office de terrain neutre pour des rencontres entre "un émissaire de Manuel Marulanda (chef des Farc) et un responsable colombien pour commencer à discuter de la libération de tous les otages".

Chavez a déjà en tête la composition de cette assemblée calquée sur le groupe "Contadora" créé en 1983 pour faire face à la situation explosive en Amérique centrale. Il cite le Brésil, l'Argentine, la France, l'Equateur, la Bolivie, Cuba et la Suisse, et dit avoir l'accord de l'Union des Etats Américains. Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien Lula da Silva auraient déjà donné leur feu vert.

Le problème Uribe

Seul problème : la Colombie refuse pour l'instant de participer. "Tous sont d'accord sauf Uribe", a constaté Chavez. De même, la Colombie a de nouveau refusé les exigences des Farc sur une zone démilitarisée. "Nous allons le faire changer d'avis", promet Chavez.

Ingrid Betancourt aurait elle aussi un avis sur la question. Un de ses ex-compagnons de détention de la Franco-Colombienne, Luis Eladio Pérez, rapporte ainsi que Betancourt lui aurait confié son propre "plan". "Pour Ingrid, il existe des alternatives politiques (...) l'échange doit être réalisé entre prisonniers de guerre en application de la Convention de Genève", déclare-t-il. Et d'ajouter que Betancourt y voit une "condition primordiale" qui risque de poser problème : "que le président colombien Alberto Uribe reconnaisse le statut politique aux Farc".

Sarkozy prêt à aller dans la jungle pour libérer Betancourt

  • Le chef de l'Etat se dit prêt à se rendre la frontière entre le Venezuela et la Colombie pour chercher Ingrid Betancourt, si les Farc en font la demande.
  • François Fillon a lui estimé que la vie d'Ingrid Betancourt n'était plus "qu'une question de semaines".
"Il s'agit d'une question de vie ou de mort, d'une question d'urgence humanitaire". Le témoignage alarmant d'un des ex-otages des Farc sur la santé d'Ingrid Betancourt, n'a pas tardé à faire réagir Nicolas Sarkozy. Depuis l'Afrique du Sud, le chef de l'Etat se dit "prêt à aller à la frontière entre le Venezuela et la Colombie chercher Ingrid Betancourt si c'était une condition posée par les Farc". Le chef de l'Etat a appelé les rebelles qui détiennent Ingrid Betancourt depuis plus de 6 ans à la libérer "sans délai" et demandé au président vénézuélien Hugo Chavez qui joue un rôle de médiateur "d'user de tout son influence pour sauver Ingrid Betancourt". "La France reste mobilisée jusqu'à la sortie du dernier otage, je m'y engage. Il faut qu'on arrive à faire libérer" Ingrid Betancourt, a-t-il insisté.

En visite au Salon de l'agriculture, François Fillon a lui estimé que la vie d'Ingrid Betancourt n'était plus "qu'une question de semaines". "Cette femme est malade, on le savait déjà depuis plusieurs mois, on a des témoignages qui sont maintenant extrêmement précis. Il faut vraiment que tout le monde comprenne, et en particulier les Farc, que le monde entier les condamnera s'ils ne libèrent pas Ingrid Betancourt dans les meilleurs délais", a-t-il dit.

"Elle est très mal traitée par la guérilla"

Dans la nuit, l'un des quatre otages libérés avait donné des nouvelles d'Ingrid Betancourt, qu'il a vue pour la dernière fois début février. "Elle est très mal traitée par la guérilla. Cela il faut le dire au monde entier. La guérilla s'est acharnée contre Ingrid Betancourt et elle est dans des conditions inhumaines, entourée de gens qui n'ont rien fait pour lui rendre la vie agréable. Ils passent leur colère sur elle", dit-il. Toujours selon l'ex-otage, Ingrid Betancourt serait malade du foie et souffrirait d'une hépatite B.

"Nous lançons un appel aux Farc, au gouvernement colombien et à la communauté internationale tout entière pour qu'elle se mobilise" en faveur d'un accord humanitaire entre la guérilla et le gouvernement colombien, a estimé son ex-mari Fabrice Delloye. "On est colère. Ca fait six ans qu'on a dit que ça allait finir comme ça. Les otages ne sont pas immortels. Elle est au plus mal. C'est une question de semaines. Il faut un accord humanitaire maintenant", a de son côté estimé le comité de soutien à Ingrid Betancourt. Astrid Betancourt, la soeur de l'otage, a elle expliqué qu'elle restait toutefois "optimiste". Selon elle, "les Farc n'ont pas exclu de libérer unilatéralement" sa soeur, expliquant que la guérilla, qui veut obtenir d'être rayée de la liste des organisations terroristes, a compris qu'elle devait "se conformer au droit international" et ne plus prendre d'otages civils.

Ma vidéo de soutien

Ingrid Betancourt est "très malade"

Quatre nouveaux otages détenus par les Farc ont été libérés mercredi en Colombie. Deux d'entre eux se sont exprimés à propos d'Ingrid Bétancourt.

Luis Eladio Perez a précisé avoir vu Betancourt pour la dernière fois il y a 23 jours, pendant quelques minutes. "Nous travaillerons sans repos pour obtenir la liberté pour tous, et en particulier celle d'Ingrid Betancourt, qui est en ce moment dans une situation extrêmement difficile", a-t-il dit à son arrivée à l'aéroport international de Maiquetia, près de Caracas, quelques heures après avoir été libéré.

Gloria Polanco a ajouté qu'Ingrid Betancourt était "très malade" dans un camp rebelle installé dans la jungle. La sénatrice franco-colombienne est l'otage de la rébellion marxiste colombienne depuis plus de six ans. Une vidéo et une lettre diffusées à l'automne dernier l'avaient montrée très amaigrie et au bord du désespoir.

Quatre otages des Farc retrouvent la liberté

  • Il s'agit de quatre députés, qui ont été remis à une délégation vénézuélienne lors d'un rendez-vous en pleine jungle, dans le cadre d'un accord avec Hugo Chavez.
  • Comme lors des précédentes libérations, ce sont des hélicoptères portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge qui ont servi à l'opération.
Un peu plus d'un mois après la libération de Clara Rojas, la collaboratrice d'Ingrid Betancourt, et de la parlementaire Consuelo Gonzalez, les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie ont libéré quatre nouveaux otages. Il s'agit de quatre députés, qui ont été remis à une délégation vénézuélienne dans le cadre d'un accord conclu avec le président Hugo Chavez.

Les Farc avaient proposé dans un premier temps de libérer les otages Gloria Polanco, Orlando Beltran et Luis Eladio Perez. Elles avaient ensuite offert la libération d'un quatrième otage, l'ex-sénateur Jorge Eduardo Gechem, qui souffre notamment de problèmes cardiaques. La remise des quatre otages s'est faite dans la jungle colombienne, en un lieu non précisé, et la nouvelle de la libération a été annoncée par la Croix-Rouge.

"Un puissant encouragement"

Comme lors des précédentes libérations, ce sont des hélicoptères portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge qui ont servi à l'opération. Partis de l'aéroport de Santo Domingo, à 650 km au sud-est de Caracas, ils ont pris la direction des localités colombiennes de Guaviare et El Retorno avant de rejoindre le lieu, tenu secret, de l'échange. A bord se trouvaient la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, qui fut médiatrice aux côtés du président vénézuélien Hugo Chavez sur ce dossier, ainsi que le ministre vénézuélien de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin, coordinateur de l'opération de sauvetage.

Selon le porte-parole de la présidence du Venezuela, Jesse Chacon, les quatre otages sont "sains et saufs" et sont attendus "dans les prochaines heures" à Caracas. Une libération considérée par le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner comme "un puissant encouragement" pour obtenir celle des autres otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt. De son côté, Nicolas Sarkozy a réaffirmé "sa détermination à travailler sans relâche pour que tous les otages, notre compatriote Ingrid Betancourt en particulier, puissent être rendus rapidement à la liberté". Dans un communiqué, les Farc ont toutefois exclu mercredi de nouvelles libérations d'otages en l'absence d'une "démilitarisation" de deux localités du sud-ouest du pays.

Triste anniversaire pour Ingrid Betancourt

  • L'otage a entamé sa 7è année de détention ce samedi. Ses proches ont été reçus par le président et son épouse, dont c'était la première apparition officielle.
  • Une chaîne humaine a été organisée à Paris. "C'est un jour difficile pour nous mais j'ai de l'espoir", a commenté la fille de l'otage, Mélanie Delloye.
Ingrid Betancourt a entamé ce samedi une 7e année de détention aux mains des Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc). Un triste anniversaire rappelé par sa famille et les comités de soutien par des actions tout au long de la semaine passée, notamment un grand concert vendredi avec les chanteurs Renaud, Vincent Delerm et Camille. Ce samedi, une grande chaîne humaine "de l'espoir", formée de centaines de personnes main dans lachaîne humaine Ingrid Betancourt main, a été organisée dans l'après-midi autour de la mairie de Paris. "Otage depuis 2.191 jours", affichait le compteur placé en haut de la photo géante de la citoyenne d'honneur de Paris, ornant la façade de l'Hôtel de Ville.

"C'est un jour difficile pour nous mais j'ai de l'espoir", a dit la fille de l'otage, Mélanie Delloye. "J'ai de l'espoir et cet espoir a un visage : c'est celui de Consuelo avec son sourire et sa force", a-t-elle ajouté, en référence à Consuelo Gonzalez, ex-parlementaire et otage libérée avec Clara Rojas en janvier. Celle-ci , à Paris ce samedi en signe de soutien, a dit son "optimisme" pour la libération d'Ingrid Betancourt et de tous ses anciens "compagnons qui vivent dans des conditions atroces dans la jungle".

En ce "sixième anniversaire de l'enlèvement le 23 février 2002 de Mme Ingrid Betancourt", la présidence slovène de l'Union européenne a appelé samedi à sa libération ainsi que celle de tous les autres otages retenus en Colombie par des "groupes armés illégaux". Une messe a été célébrée samedi à Bogota.

Uribe à l'Elysée pour un entretien avec Sarkozy

  • L'entretien des deux chefs d'Etat est consacré aux otages de la guérilla colombienne des Farc, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
  • Partisan de la manière forte vis-à-vis de la guérilla, Alvaro Uribe a réaffirmé lundi que sa priorité était de libérer les otages mais aussi "d'écraser les terroristes".
Le président colombien Alvaro Uribe est arrivé lundi matin à l'Elysée pour un entretien avec Nicolas Sarkozy consacré aux otages de la guérilla colombienne des Farc, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Le chef de l'Etat colombien a commencé dimanche par Paris une tournée européenne qui doit le mener également en Espagne, en Suisse et à Bruxelles. Sa visite a pour objet d'obtenir le soutien des Européens dans la médiation qu'il a confiée à l'Eglise catholique de son pays pour permettre l'échange de 500 guérilleros prisonniers contre 43 otages.

Dimanche soir, il a rencontré le fils d'Ingrid Bétancourt et son ex-mari Frabrice Delloye. Il a réitéré sa proposition de créer une zone d'échange d'environ 150 km2 "dans une zone rurale, dépeuplée où il n'y a pas de caserne de l'armée ni de la police", pour l'heure refusée par la guérilla.

Le chef de l'Etat français est opposé, comme la famille de l'otage, à toute solution militaire pour la libération des otages. Partisan de la manière forte vis-à-vis de la guérilla, Alvaro Uribe a réaffirmé lundi que sa priorité était de libérer les otages mais aussi "d'écraser les terroristes".

Colombie : les deux otages des Farc ont été libérées

  • Hugo Chavez, le président vénézuélien, indique que Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, "en bonne santé", seront ramenées à Caracas dans la soirée.
  • L'opération de récupération avait débuté dans la matinée.
"Je leur ai souhaité la bienvenue à la vie". C'est Hugo Chavez, le président vénézuélien, qui a été le premier à annoncer l'information jeudi après-midi vers 17h, heure française : après plusieurs années aux mains des Farc, la guérilla marxiste colombienne, Clara Rojas, la directrice de campagne de Ingrid Betancourt, et Consuelo Gonzalez, une parlementaire colombienne, ont été libérées. La nouvelle a été confirmée quelques minutes plus tard par la représentante de la Croix rouge internationale (CICR) en Colombie.

Hugo Chavez, qui a parlé aux deux femmes par téléphone juste après qu'elles ont été relâchées par la guérilla, a assuré qu'elles étaient "en bonne santé" . Vers 20h40, leurs hélicoptères se sont posés à Santo Domingo, au Venezuela, pour une escale technique. Elles devaient ensuite être transférées à Caracas, où leurs proches les attendent.

Avec le CICR

L'opération de sauvetage avait échoué une première fois fois fin décembre. Contre toute attente, elle avait été relancée mercredi soir. Hugo Chavez avait alors annoncé avoir reçu les coordonnées du lieu de libération.

Conformément au plan et aux exigences des Farc, deux hélicoptères vénézuéliens, portant l'insigne de la Croix-Rouge, qui a pris part activement à l'opération, s'étaient rendus jeudi matin en Colombie. Après une escale technique à l'aéroport de San José de Guaviare en milieu de matinée, ils avaient pris la direction de la jungle, direction un petit village indigène où a eu lieu la remise des deux femmes. Pour faciliter le passage des hélicoptères, le trafic aérien avait été suspendu dans la région. Les opérations militaires contre la guérilla avaient également été interrompues pour la même raison sur ordre du président colombien Alvaro Uribe.

"Un encouragement" pour Sarkozy

Nicolas Sarkozy, qui avait lancé en décembre un appel solennel aux Farc, a réagi en affirmant lors d'une brève déclaration dans la cour de l'Elysée que "la France se réjouit profondément" de la libération. "C'est un encouragement à persévérer" dans les efforts pour obtenir celle des autres otages, a-t-il ajouté, en remerciant Hugo Chavez et Alvaro Uribe. (cliquez ici pour voir sa déclaration)

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