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Borloo veut vérifier les nappes phréatiques près des centrales nucléaires

  • Après l'incident du Tricastin, classé au niveau 1 de l'échelle des incidents nucléaires, Jean-Louis Borloo "veut une totale transparence sur le dossier".
  • Le ministre a par ailleurs demandé à la PDG d'Areva Anne Lauvergeon de se rendre à l'usine du site du Tricastin et de faire un audit interne.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo veut faire vérifier toutes les nappes phréatiques près de l'ensemble des centrales nucléaires après l'incident qui s'est produit la semaine dernière sur le site de Tricastin. Incident qui a par ailleurs été classé au niveau 1, au bas de l'échelle des incidents nucléaires qui va de 0 à 7.

Interrogé, dans le cadre d'un entretien publié jeudi par Le Parisien, sur les motivations de sa saisine du Haut-Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire à la suite de cet incident, il répond : "Je veux une totale transparence sur ce dossier (...) Il a déjà pu auditionner l'industriel, l'Autorité de Sûreté nucléaire, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire et les préfets en charge du dossier". "Je souhaite qu'il se penche sur la situation radio-écologique de l'ensemble des sites nucléaires et que l'on vérifie notamment l'état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires françaises", ajoute-t-il. "Il faut faire un état des lieux et j'attends du Haut-Comité une analyse", dit-il.

"Fautes professionnelles"

Le ministre souligne aussi que c'est lui qui a demandé à la PDG d'Areva Anne Lauvergeon de se rendre à l'usine Socatri située sur le site du Tricastin (Vaucluse) et de faire un audit interne. Interrogé sur l'objet de son entretien avec Mme Lauvergeon, qu'il doit rencontrer ce jeudi, il répond: "Je lui ai déjà demandé (...) de tirer toutes les conséquences qui s'imposent s'il s'avère que des fautes professionnelles sont à l'origine de cet incident". "Même s'il ne s'agit pas ici d'un incident nucléaire, mais d'un dysfonctionnement au niveau de l'entretien de la centrale, lorsqu'on travaille dans le domaine du nucléaire, aucune négligence ne peut exister. Et la transparence doit être exemplaire", insiste-t-il.

L'organisation Greenpeace explique qu'elle ne peut "que soutenir" cette initiative mais que les contrôles doivent être élargis à tous les sites nucléaires : sites de traitement des matières, anciennes mines d'uranium, sites militaires et centres de stockage des déchets.

De son côté, le Réseau "Sortir du nucléaire" se "félicite" de la décision de Jean-Louis Borloo tout en souhaitant que de nombreux autres sites nucléaires gérés par Areva fassent l'objet de mesures similaires. L'organisation anti-nucléaire estime par ailleurs que, pour que les résultats "ne puissent souffrir d'aucun soupçon", ces prélèvements doivent être faits par des organismes indépendants "n'ayant aucun lien avec les industriels du nucléaire ni avec l'Etat français".

La Loi OGM adoptée au Parlement

  • Les sénateurs on voté jeudi en faveur du projet de loi sur les OGM.
  • Fin d'une bataille parlementaire mais pas d'un débat de société.
183 voix pour, 42 contre. Dans un ultime vote, le Sénat permet jeudi au Parlement d'adopter la loi sur les OGM. Et à la France d'être en règle avec la directive européenne de 2001 qui reconnaît "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM".

Déjà entériné mardi par les députés, le texte issu de la Commission mixte paritaire (Sénat/Assemblée) a été adopté par 183 sénateurs : le groupe UMP rejoint par une partie des élus centristes et des radicaux du RDSE. PCF et Verts ont voté contre, les socialistes ont quant à eux décidé de ne pas prendre part au scrutin. La bataille acharnée entre les élus s'achève donc.

Coexistence

Issu du Grenelle de l'environnement, le texte vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect de la directive de 2001, que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national. Il compte parmi ses dispositions les règles en matière de "coexistence" des cultures, la création d'un Haut conseil des biotechnologies et l'institution d'un "délit de fauchage". Autant de sujets qui sont loin d'avoir fait l'unanimité au sein de la représentation nationale, des ONG, du monde paysan et des semenciers. Le débat risque donc fort de continuer à agiter la société civile.

Prochaine étape : la présidence française de l'Union européenne, en juillet prochain. Le gouvernement français pourrait tenter de mettre à plat les questions posées par la présence de plantes transgéniques sur le sol européen. Questions qui divisent également les membres de l'UE.

"Faut-il rappeller que la directive a été signé par le gouvernement Jospin
et que c'est le gouvernement Fillon qui va l'appliquer !"
Sarkozyfrance2007

Sarkozy "ne trahira pas" le Grenelle de l'environnement

  • En déplacement à Orléans, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours pour faire le point sur le Grenelle de l'environnement.
  • Et de défendre une politique industrielle volontariste en matière environnementale.
"Donner à la France quelques décennies d'avance en matière de développement durable". Tel est l'objectif du Grenelle de l'environnement, a précisé Nicolas Sarkozy dans un discours prononcé mardi à Orléans.

Evoquant un "exercice réussi de régénération des choix publics" qui a fait des émules dans d'autres domaines, le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il "ne trahirait pas" pas cette démarche collective. Il a rappelé s'être engagé à arbitrer les grands projets en fonction de leur coût en carbone et de leur impact sur la biodiversité ainsi qu'à inverser la charge de la preuve en matière d'environnement, les industriels devant désormais prouver que leur activité n'a aucun impact écologique négatif.

Fiscalité écologique

Le président a souligné la volonté du gouvernement d'utiliser la fiscalité écologique pour modifier le comportement des Français. Objectif : "ne pas interdire mais convaincre et inciter". Et de rappeler les principes de la fiscalité verte : pas d'augmentation des prélèvements obligatoires ; compenser pour les ménages tout prélèvement nouveau ; pouvoir pour chacun adopter des comportements vertueux, sur le principe des bonus-malus. Justement, le système des bonus-malus mis en place sur les véhicules neufs s'est traduit par un changement d'habitudes "prodigieux" : en avril, les cinq modèles de voitures les plus vendus étaient soumis au bonus tandis que, sur les trois derniers mois, la vente des véhicules soumis au malus ont baissé de 40%.

OGM

Dénonçant le "tour irrationnel, déplacé et ridicule" pris par l'adoption du projet de loi sur les OGM au Parlement, Nicolas Sarkozy a défendu la "position forte d'équilibre" qui avait été prise à l'occasion du Grenelle. La clause de sauvegarde a été mise en œuvre pour interdire l'utilisation du maïs transgénique MON810, a-t-il pointé. "Il fallait transposer la directive européenne de 2001", a-t-il encore justifié, rappelant que le gouvernement Jospin aurait pu refuser cette directive mais qu'il ne l'avait pas fait. Pique contre l'opposition qui bataille contre l'adoption de la loi OGM.

Emploi

D'ici à 2020, si la politique industrielle est adaptée à cette démarche de développement durable, ce sont 500.000 emplois supplémentaires qui seront possibles, a promis le président. Avant la fin de l'année, un "événement national" sera d'ailleurs organisé pour présenter les nouveaux métiers liés au développement durable. En s'adaptant à cette nouvelle donne écologique, Etat et collectivités publiques permettront de faire travailler les nouvelles filières vertes, ce qui favorisera l'essor du secteur tout en faisant baisser les prix de ces nouvelles technologies. L'Elysée donnera l'exemple en faisant le bilan de son impact écologique.

Transports et Energie

Nicolas Sarkozy a évoqué le report massif des transports sur routes vers le rail, le fleuve et la mer. "La modernisation du fret est incontournable", a-t-il insisté. Idem pour la réforme des ports : "sur trois containers qui entrent en France, deux entrent par l'étranger", a-t-il regretté. Dénonçant la situation des transports en commun en région parisienne, le président a pointé que "l'Etat reprendra la main (...) s'il le faut". Par ailleurs, le gouvernement s'attèlera à tripler le parc actuel d'éoliennes (6000 actuellement).

Ouverture

Le chef de l'Etat souhaite que la Constitution soit modifiée afin que le Conseil économique et social devienne aussi environnemental. Il sera alors saisi pour tout texte lié à l'environnement. Il devra par ailleurs être plus représentatif de la société française, en accueillant en son sein des représentants des ONG mais aussi de la jeunesse, de l'armée et des différentes religions.

Lois

Le projet de loi Grenelle 1 sera adopté début juin en Conseil des ministres, a indiqué le président, pour une adoption définitive à l'automne 2008. L'objectif étant que les premières décisions prises au Grenelle puissent être adoptées dès début 2009.

Europe

La France se mobilisera pour faire passer ses idées au niveau européen, notamment lorsqu'elle assurera la présidence de l'Union européenne. Mais, a fait remarquer Nicolas Sarkozy, l'UE ne sera pas "éternellement seule" à faire des efforts sur des problèmes qui concernent la planète entière. S'il n'y avait pas d'accord mondial sur les émissions de CO2, l'Europe pourrait taxer les produits extra-communautaires. Le chef de l'Etat a invoqué la "réciprocité et pas la naïveté". Et d'affirmer : "Il n'y aura pas de dumping écologique".

Massacre des phoques au Canada

- DOSSIER -
  • La chasse aux phoques au Canada est le plus important et cruel massacre de mammifères marins dans le monde.
  • Près d’un million de phoques ont été tués ces 3 dernières années, dont 224 000 l’an passé (98.5% avaient moins de 3 mois !).
  • En 2008, le quota est fixé à 275 000. Les phoques sont principalement tués pour leur peau, qui sera utilisée par l’industrie de la mode.
Des méthodes particulièrement barbares

La chasse vise les très jeunes phoques. Les phoques sont tués à coups de gourdin ainsi qu’au fusil. Quelle que soit la méthode utilisée pour chasser les phoques, rien n’assure qu’ils soient tués sur le coup. Beaucoup d’entre eux se font retirer leur peau alors qu’ils sont encore vivants. En 2001, une équipe de vétérinaires a observé la chasse et a examiné les cadavres dépecés. La conclusion de leur rapport est accablante : 42% des phoques se font dépouiller de leur peau alors qu’ils sont probablement conscients. Les vidéos prouvent de nombreuses infractions au règlement canadien sur les mammifères marins. L’on peut y voir des bébés phoques saignés ou écorchés vifs et traînés sur la glace à l’aide de crochets affûtés...

Les boucs émissaires

Alors que le gouvernement canadien prétendait que la chasse aux phoques se justifiait par la raréfaction des poissons dans l’Atlantique et notamment des morues, dont les phoques se nourrissent, voici que cet argument est classé sur le site officiel du gouvernement canadien comme un "Mythe" ! La "Réalité" est enfin donnée : "Plusieurs facteurs ont contribué à entraver le rétablissement des stocks de morue, dont la pêche, la mauvaise condition physique des poissons, leur faible taux de croissance et des changements environnementaux." La raison de l’effondrement de la population de poissons n’a jamais fait de doutes : des années de pêche intensive. Aucune justification ou fondement scientifique ne permet d’établir un lien entre le nombre de phoques et la raréfaction des poissons. De nombreux scientifiques pensent même que la diminution de la population de phoques pourrait aller à l’inverse du but recherché, car les phoques consomment des calmars, qui font partie des prédateurs des morues. Tout le monde est désormais d’accord sur un point : les massacres de phoques ne font pas revenir la population de morues. Le gouvernement canadien utilise aujourd’hui un nouvel argument basé sur la pauvreté de la région et le fort taux de chômage : la création d’emplois. Un argument qui a pour but de monter le reste de la population contre les défenseurs des animaux.

Un impact économique minime

La chasse aux phoques ne fera pas sortir les régions concernées de la pauvreté économique, d’autant plus que le commerce de la fourrure est un marché très instable et ne peut fournir des revenus réguliers. Très peu d’emplois sont créés par la chasse aux phoques. Cette activité saisonnière ne représente que 5% des salaires des pêcheurs, et une très faible partie de l’économie de la côte Est du Canada.Devant l’obstination du gouvernement canadien, plusieurs organisations internationales ont alors lancé un boycott sur les poissons canadiens, afin que le Canada abandonne la chasse aux phoques. Aux côtés d’autres associations de défense des animaux, Fourrure Torture propose au gouvernement canadien de remplacer cette cruelle chasse aux phoques par de l’écotourisme, source de revenu plus fiable que la vente de peaux de phoques, soumise aux tendances du marché.

La survie du phoque du Groenland est aujourd’hui menacée

Le gouvernement canadien a bien du mal à justifier ses quotas, sachant qu’un grand nombre de bébés phoques mourront cette année à cause du mauvais état de la glace. Selon des scientifiques, la survie du phoque du Groenland est aujourd’hui compromise au Canada.

Une opposition grandissante...

Les sondages révèlent qu’une majorité de Canadiens, d’Américains et d’Européens sont opposés à cette chasse aussi cruelle qu’injustifiable. En effet, les citoyens, aux quatre coins du globe, n’accordent pas de crédibilité au gouvernement canadien, quand il justifie ce massacre pour des raisons économiques ou écologiques. C’est pourquoi une très large partie de l’opinion publique souhaite que le gouvernement canadien cesse de promouvoir la chasse. De nombreuses personnalités à travers le monde, dont Paul McCartney qui s’est déplacé au Canada en 2006 , ont permis d’attirer l’attention du grand public sur la cruauté de cette chasse. Au final, le Canada risque de pâtir de la barbarie de la chasse aux phoques, qui ne peut être que néfaste pour son image internationale et donc nuire à son tourisme et aux exportations de ses produits.

Que faire ?

L'ours polaire, une espèce menacée

  • Les glaces de mer et la banquise constituent le principal habitat des 25 000 ours polaires de la zone arctique.
  • En 2050, en Alaska, deux tiers des plantigrades auront disparu à cause de la fonte des glaces. La protection de l'espèce n'entravera pas l'exploitation pétrolière dans la région.
Mercredi, le secrétaire américain aux Affaires intérieures (DOI) a classé l'ours polaire d'Alaska sur la liste nationale des espèces menacées d'extinction (ESA). Une pétition dans ce sens avait été lancée en janvier 2007 par des associations écologistes qui avaient intenté un procès contre l'Administration. Cette dernière avait été sommée en début d'année par un tribunal d'arrêter une décision.

L'inscription sur la liste rouge s'appuie sur plusieurs études de l'US Geological Survey indiquant qu'en 2050, si le réchauffement continue au rythme actuel, 97 % de la glace arctique aura fondu et deux tiers des ours polaires auront disparu d'Alaska. Ce classement n'entraîne toutefois aucune modification en matière de politique climatique de la part des États-Unis, a tenu à préciser le secrétaire du DOI. Pour lui, la science n'a pas démontré que l'augmentation actuelle des températures est due aux activités humaines, comme l'affirment les derniers rapports du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat). La protection de l'ours polaire n'entraînera donc aucune limitation de l'exploration pétrolière et gazière en Alaska.

Saluée comme une victoire

L'inscription sur la liste ESA a été saluée comme une victoire par des associations comme le WWF, qui ont affirmé leur intention de s'en servir comme d'un outil efficace de protection de l'habitat des animaux.

Les glaces de mer et la banquise constituent le principal habitat des 25 000 ours polaires sur l'ensemble de la zone arctique, répartis en dix-neuf populations distinctes. En hiver, ces grands prédateurs y chassent principalement les phoques.

Durant l'été, la réduction accélérée de la banquise observée depuis plusieurs années limite dangereusement leurs ressources alimentaires. Des plantigrades affamés ont déjà été observés dans ces immenses territoires à cette époque de l'année. Situés tout en haut de la chaîne alimentaire, les ours polaires concentrent dans leur organisme des substances chimiques toxiques. Les spécialistes estiment qu'ils vont devoir migrer dans les régions du Canada et du Groenland où les glaces restent en place au cours de l'été.

Borloo présente la loi d'orientation du Grenelle de l'environnement

  • Le ministre de l'Ecologie a détaillé mercredi matin le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement. Il sera soumis au Parlement avant l'été.
"Nous avons tenu le pari de mettre dans une loi les engagements et les conclusions du Grenelle. Le texte du projet de loi d'orientation reprend fidèlement les conclusions du Grenelle". Visiblement satisfait, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a présenté mercredi matin en détails le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement. "On avait dit que le texte serait prêt avant l'été. Il sera soumis au Parlement avant l'été comme le président de la République s'y était engagé". Le texte du projet de loi (appelé Grenelle I) est envoyé ce mercredi au Conseil économique et social.

La loi d'orientation sera présentée ensuite au Conseil d'Etat puis examinée en Conseil des ministres fin mai pour une première lecture à l'Assemblée nationale avant l'été. Cette loi sera suivie par un paquet Grenelle II, consacré à la mise en forme réglementaire et législative des dispositions dans le bâtiment et les transports, avant l'été également. Un Grenelle III, consacré notamment aux pratiques agricoles, arrivera au Parlement à l'automne.

Le détail de quelques points importants :
  • Les 30 pesticides les plus dangereux retirés d'ici fin 2008
Les trente produits phytopharmaceutiques "les plus préoccupants" seront retirés du marché d'ici fin 2008. Il s'agit de "généraliser les pratiques agricoles soutenables et productives. Il est ainsi prévu de retirer du marché les substances phytopharmaceutiques les plus préoccupantes en fonction de leur substitualité : 30 d'ici fin 2008, 10 d'ici fin 2010", précise le texte. Il s'agit également de diminuer de 50% d'ici 2012 celles pour lesquelles il n'existe pas de produits ni de pratiques de substitution. L'objectif est de réduire de moitié les usages des pesticides en dix ans "en accélérant la mise au point de méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point". Le projet de loi indique par ailleurs que l'objectif pour la surface agricole utile en agriculture biologique est d'atteindre 6% du total en 2013 et 20% en 2020. Le crédit d'impôt en faveur de l'agriculture bio sera doublé dès 2009 afin de favoriser la conversion des exploitations agricoles vers le bio. Enfin, la part des produits bio dans la restauration collective publique devra atteindre 15% en 2010 et 20% d'ici 2012.
  • Multiplication par 6 des transports urbains en site propre en 15 ans
Les transports urbains en site propre hors Ile-de-France seront multipliés par six en quinze ans, de 329 à 1.800 km, afin de permettre notamment "le désenclavement de quartiers sensibles", selon le texte. Sur une première tranche de travaux de 12 milliards d'euros d'ici 2020, l'Etat contribuera aux projets nouveaux à hauteur de 2,5 milliards, précise le texte.
  • 2000 km de lignes TGV supplémentaires d'ici 2020
L'Etat entend créer 2.000 km de lignes supplémentaires pour les trains à grande vitesse d'ici 2020 pour relier les capitales régionales, selon le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement présenté mercredi à la presse par le ministère de l'Ecologie. "La réalisation de 2.000 km de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse sera lancée d'ici 2020", indique le texte. Sont concernées : la ligne Tours-Bordeaux, le contournement de Nîmes et Montpellier, la ligne Montpellier-Perpignan, la ligne Bretagne-Pays de la Loire, les deuxièmes phases de la ligne Est et de la branche Est de la ligne Rhin-Rhône, l'interconnexion sud des lignes à grande vitesse en Ile-de-France, les lignes Provence-Alpes Côte d'Azur, Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Hendaye, et les branches sud et ouest de Rhin-Rhône. "Un programme supplémentaire de 2.500 km sera défini dans une perspective de long terme incluant notamment la mise à l'étude d'un barreau est-ouest", indique également le texte de loi, sans autre précision.
  • Réduire de 38% la consommation énergétique dans le bâtiment d'ici 2020
L'Etat veut réduire "d'au moins 38%" d'ici 2020 les consommations énergétiques du parc existant de bâtiments, selon le texte de loi d'orientation du Grenelle de l'environnement présenté mercredi à la presse par le ministère de l'Ecologie. Dans le neuf, le gouvernement veut imposer la norme "basse consommation" (consommant moins de 50 kWh par an et par m2) à toutes les constructions neuves dès la fin 2012 et par anticipation dès la fin 2010 à tous les bâtiments publics et tertiaires. La norme "énergie positive" (des bâtiments qui consomment moins d'énergie qu'ils n'en produisent à partir d'énergies renouvelables) sera imposée à partir de la fin 2020 pour toutes les constructions neuves. Dans l'ancien, l'Etat mettra en place des "incitations financières destinées à encourager et accélérer la réalisation de travaux" en favorisant la conclusion d'accords avec les banques et les assurances. Il s'agira notamment de développer des prêts aux particuliers dont le remboursement des annuités d'emprunt ne devra pas dépasser le montant des économies d'énergie réalisées grâce aux travaux de rénovation. Le secteur du bâtiment contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre et consomme plus de 40% de l'énergie finale consommée en France. De son côté, l'Etat entend se montrer exemplaire : audit énergétique généralisé de ses bâtiments d'ici 2010 et lancement de la rénovation pour la totalité d'entre eux avant 2012 afin de réduire de 40% au moins la consommation d'énergie et de moitié les émissions de gaz à effet de serre dans un délai de dix ans.

L'Europe face au défi de la crise alimentaire

  • Après les "émeutes de la faim" et les cris d'alarme de dirigeants d'institutions internationales, la France presse l'UE de rester "une puissance agricole forte".
  • Mais la politique européenne se retrouve en première ligne aussi sur la question des biocarburants. Officiellement, l'objectif européen en la matière est maintenu.
Les "émeutes de la faim" ont touché pour l'instant des pays de la région Afrique-Caraïbes, certains redoutent de les voir s'étendre en Asie... et déjà, leur écho a gagné l'Europe. En première ligne, la Politique Agricole Commune (PAC), depuis toujours objet de vifs bras de fer entre partenaires européens. Par la voix de Michel Barnier, la France a ainsi exhorté lundi l'UE à tout faire pour rester une puissance agricole forte.

A l'occasion d'une réunion avec ses collègues européens à Luxembourg, le ministre français de l'Agriculture a présenté une "initiative européenne pour la sécurité alimentaire", face à un "contexte grave de crises". Il propose que l'UE produise "plus et mieux". Une manière de répondre à ceux qui, comme le Royaume-Uni, prônent une baisse des subventions agricoles de l'UE, alors que les 27 sont en train d'établir un "bilan de santé" de la PAC. Pour Michel Barnier, la situation actuelle prouve notamment que l'UE doit rester intransigeante dans les négociations en cours à l'Organisation mondiale du commerce, où elle est sous pression pour réduire ses aides et droits de douane agricoles.

Une analyse sur laquelle le consensus pourrait être difficile. Si les déclarations d'intention sur la sécurité alimentaire devraient faire l'unanimité des 27, la France, soupçonnée de défendre aussi ses intérêts nationaux - elle est la première puissance agricole européenne - risque d'avoir plus de difficultés à emporter l'adhésion sur cette question de l'attitude envers l'OMC.

Les biocarburants, une idée hier, un crime aujourd'hui

Mais la politique de l'UE se retrouve au coeur des tensions par d'autres biais - notamment celui des biocarburants, accusés de contribuer à la flambée des prix. Entre autres denrées, le prix du riz s'est envolé de 75% en deux mois et celui du blé a grimpé de 120% au cours de l'année écoulée. Le problème est d'autant plus aigu que la part du revenu consacrée à l'alimentation atteint jusqu'à 75% dans les pays pauvres, contre 10 à 20% dans les pays riches. Or, l'un des facteurs expliquant cette envolée des prix est l'utilisation d'une part croissante et significative des terres arables pour produire des biocarburants. Pratiquement tout le supplément de récolte mondiale de maïs entre 2004 et 2007 a servi à fabriquer aux Etats-Unis cette alternative au pétrole. "La fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité", a ainsi tonné lundi le Suisse Jean Ziegler.

L'Agence européenne de l'Environnement, un organisme relevant directement de la Commission européenne, a recommandé de "suspendre" l'objectif pour les biocarburants en raison des "menaces pour l'environnement". Mais la politique européenne n'est officiellement pas remise en cause : "Il n'est pas question pour l'instant de suspendre l'objectif fixé pour les biocarburants", a réaffirmé lundi Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.
Crise alimentaire et crise écologique !
Que faire ?

Le Défi pour la Terre

"Changement climatique, pollution, menaces sur la biodiversité... il est urgent d'agir !"


La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) ont décidé d’unir leurs forces pour lancer un grand Défi pour la Terre aux Français afin qu’ils agissent en faveur de la protection de la planète.

Relever le Défi pour la Terre, c’est s’engager à réduire son impact sur l’environnement à travers des gestes simples et concrets au quotidien. S'engager rien de plus simple : choisissez le Défi qui vous convient
Aujourd'hui, Dimanche 13 Avril, j'ai fait le pas en m'engageant pour la planète parce qu'il est temps d'agir. A votre tour de le faire, il n'est jamais trop tard...

Les prémices d'une catastrophe écologique

  • Un morceau de banquise d'une taille équivalente à quatre fois celle de Paris qui s'est détaché du plateau de Wilkins.
  • Et selon les experts cela risque de se reproduire.
Un morceau de banquise antarctique, équivalent à près de quatre fois la ville de Paris, a commencé à se désintégrer. Selon le centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC), la rapidité du réchauffement climatique est à l'origine de cette désintégration. Les images satellite montre que le détachement porte déjà sur un pan de glace de 414 km2, faisant partie du plateau Wilkins, dont la superficie totale est de 12.950 km2.

Tout a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large. Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu.

Perturbation de l'écosystème

Si l'ampleur du phénomène impressionne, il ne surprend pas les scientifiques qui s'attendent à ce type d'évolution."Cela fait déjà plusieurs années que cela arrive et on peut penser que ça se reproduira. En 2002, déjà, un morceau gros comme la Corse s'était mis à dériver" a expliqué Françoise Vimeux, chargée de recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement.

La péninsule Antarctique a enregistré les plus fortes augmentations de température au cours des cinquante dernières années, avec en moyenne une augmentation de 0,5 degré Celsius tous les 10 ans. La désintégration de parties de banquise, comme le détachement de petits icebergs témoignent de cette hausse des températures.

Selon les experts, le réchauffement de cette région du globe ne sera pas sans conséquences. Pour Françoise Vimeux, il y a un risque de perturbation de l'écosystème. La fonte de la glace modifie totalement les conditions de vie des organismes vivants et l'ensemble de la chaîne alimentaire peut être touchée.

Evolution inéluctable

Autre problème, si les icebergs se mettent à fondre, l'eau douce qu'ils contiennent vient se mêler à l'eau salée de l'océan. Dès lors les courants océaniques qui régulent en partie la température sur l'ensemble de la planète se trouvent changés. Les températures peuvent par conséquent se mettre à baisser ou à augmenter selon les endroits.

La spécialiste souligne également, un autre risque, plus marginal, celui de "perturber la circulation des navires" dans la zone, même si celle-ci "reste peu fréquentée".

"Nous avons déjà émis tellement de gaz à effet de serre que cette évolution est inéluctable, déplore Françoise Vimeux. Mais si l'on fait des efforts aujourd'hui pour les diminuer, on peut espérer limiter les variations dans le futur."

Sabella : Première hydrolienne française

Malgré la difficulté à concevoir les financements d’un projet d’une telle ampleur, la société HydroHélix a enfin réussi à boucler le projet de prototype de son hydrolienne de 1MW baptisé SABELLA, nom d'un ver marin. Et les perspectives sont loin d’être négligeables : si l’expérience s’avère concluante, cette technologie pourrait couvrir jusqu’à 40 % des besoins de la Bretagne, l’équivalent de deux centrales EPR, et générer de nombreux emplois.

SABELLA est un démonstrateur, une sorte d'éolienne sous l'eau. Une partie de l'énergie des courants de marée est transformée en énergie mécanique grâce à une hélice entrainant une génératrice qui produit de l'électricité. Ce modèle d'essai sera immergé dans l'estuaire de l'Odet au sud de la balise du Coq à Bénodet (Bretagne), à une profondeur de 19m. Dotée d'un rotor de 3m de diamètre et posée sur le fond, elle sera retirée à la fin de la période d'essai. Pendant cette période elle n'aura aucun impact visuel. L'ensemble des retours d'expérience du projet SABELLA seront intégrés dans la définition de la machine "vraie grandeur" du projet suivant MARENERGIE

1. En quoi consiste le projet SABELLA ?
  • Tester, en mer, la capacité de l'hydrolienne à récupérer l'énergie des courants pour produire de l'électricité, selon différents paramètres (conception mécanique, appréhender les premières notions de performance, apprécier les processus d'installation et de maintenance).
  • Observer et étudier comment les poissons réagissent à la présence de la machine en fonction et à l'arrêt. Une caméra sous-marine permettre de vérifier le comportement réel de la faune.
2. Quelle est la ressource de cette forme d'énergie en France et ailleurs ?
Les côtes françaises de la façade Manche-Atlantique sont soumises à des marées particulièrement puissantes. La ressource théorique en France est évaluée par les chercheurs entre 3 et 5 GW, soit l’équivalent de 3 à 5 tranches de centrale nucléaire. La ressource est double autour des iles Britanniques.
Bien que seule une partie de cette énergie soit effectivement exploitable, cette ressource présente un appoint précieux en énergie renouvelable.

3. Quelles sont les principales caractéristiques de l'hydrolienne SABELLA ?
L’hydrolienne SABELLA possède un rotor de 3 mètres de diamètre. Elle est posée sur le fond sur une structure lestée par des sacs de sable. L’ensemble sera retiré à l’issue de la période d’essai. Cette hydrolienne n’a pas pour vocation de fournir de l’électricité exportée à terre. La puissance électrique fabriquée est dissipée par des résistances installées sur la structure de la machine. Il n’y a donc pas de câble électrique transportant de la puissance posé au fond.
La vitesse de rotation a été choisie assez lente. Le rotor effectue 50 tours par minute maximum lors des marées les plus fortes. La vitesse périphérique du rotor est alors de 5m/s, soit seulement 2 à 3 fois plus que la vitesse du courant lui-même.

4. Quel est le bruit généré par l'hydrolienne ?
L’hydrolienne ne générera pas de bruit audible pour les plongeurs. La vitesse de rotation lente élimine les risques de cavitation qui sont la principale source de bruit des hélices de bateau.
De plus, la génératrice ne comporte pas de multiplicateur de vitesse à engrenages qui aurait pu être une source de bruit mécanique potentiel. Si le bruit sous-marin est inexistant, il l’est bien entendu pour les personnes sur le rivage ou circulant en bateau en surface.

5. Quels sont les risques pour la vie marine ?
L’hydrolienne ne possède aucune pièce mobile ayant une vitesse beaucoup plus élevée que celle du courant.
Les pales ont des bords arrondis non coupants et l’hélice est ceinturée par un anneau lisse qui élimine les arêtes de bout de pales. Un poisson s’approchant du rotor devrait réagir comme lorsqu’il s’approche d’un rocher dans le courant en l’évitant sur le côté. Si le poisson est relativement lent et se trouve entrainé à travers le rotor, il sera balloté comme dans un remous autour d’un rocher sans dommage particulier.
L’électricité produite par la génératrice est soigneusement isolée de l’eau, il n’y a donc pas de risque électrique aux alentours immédiats de l’hydrolienne. L’électricité est consommée sur place, il n’y a donc aucun champ électrique émis par la machine ou par un câble.
L’énergie produite est transformée en chaleur par des résistances. La chaleur est dissipée dans l’eau. La température de l’eau en aval de l’hydrolienne est augmentée de 0,001°C environ, soit une valeur négligeable.

6. Qui finance cet essai ?
Le consortium SABELLA a sollicité les acteurs publics territoriaux pour soutenir financièrement le projet.
C’est ainsi que le Conseil Régional de Bretagne, le Conseil Général du Finistère, les communautés de communes de Brest et de Quimper, et l’ADEME Bretagne ont contribué à financer à hauteur de 40% le budget du projet de démonstration, lequel s’élève à 750.000 euros. Il est financé pour son solde (60%) par les partenaires du consortium SABELLA.

Source : HydroHelix

Erika : Total fait appel de sa condamnation

  • La compagnie pétrolière fait appel mais a décidé de verser "immédiatement et de manière irrévocable" aux victimes les indemnités fixées par le tribunal.
  • Total a été condamné le 16 janvier à une amende de 375.000 euros pour "pollution maritime" lors du naufrage du pétrolier Erika survenu au large de la Bretagne en 1999.

Fin du suspens. Le groupe Total a en effet annoncé vendredi qu'il faisait appel de sa condamnation dans le procès Erika mais a décidé de verser "immédiatement et de manière irrévocable" aux victimes de la pollution les indemnités fixées par le tribunal. Dans un communiqué, le groupe estime sa condamnation, le 16 janvier dernier, à une amende de 375.000 euros "injustifiée et allant à l'encontre du but recherché : améliorer la sécurité dans le transport maritime".

"Il est reproché à Total d'avoir provoqué le naufrage en commettant une faute d'imprudence dans la sélection du navire, alors que Total a été trompé par des certificats qui ne correspondaient pas à la réalité de l'état gravement dégradé de la structure du navire", ajoute le groupe, soulignant que ce n'est "ni le rôle ni le métier" du groupe de se substituer aux sociétés de contrôle et de classification.

Les "parties civiles qui l'accepteront" indemnisées

Outre l'amende maximale de 375.000 euros au pénal, Total a été condamné à 192 millions d'euros de dommages et intérêts, solidairement avec le propriétaire, le gestionnaire et la société de classification de l'Erika. La société, quatrième groupe pétrolier mondial, précise dans un communiqué qu'une organisation a été mise en place pour que les paiements, aux "parties civiles qui l'accepteront", soient "immédiats et définitifs, quel que ce soit le résultat de l'appel". "Si nous indemnisons quelqu'un, cette personne renonce à faire appel après", et donc à être représenté en appel, a souligné une porte-parole.

Lors du procès, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu le droit des associations d'obtenir réparation au titre des dommages à l'environnement - une première jurisprudentielle proche du "préjudice écologique" que réclamaient les défenseurs de la nature. Le nouveau procès se tiendra dans un délai probable d'un an à Paris.

OGM : la France engage la clause de sauvegarde

  • Matignon a annoncé que la France allait déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810.
  • José Bové a annoncé qu'il cessait sa grève de la faim.
La France a décidé de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture. "Le Gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810, jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", déclarent dans un communiqué les services du Premier ministre, qui soulignent avoir pris cette décision "en application du principe de précaution".

Techniquement, la clause doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Monsanto, le géant américain de l'agro-chimie qui produit ce maïs, a par ailleurs 15 jours pour présenter sa défense. Le gouvernement a ajouté que "les doutes sur cet OGM actuellement cultivé en France ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux". Il a également a annoncé dans la foulée "un plan sans précédent d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels".

Bové cesse sa grève de la faim

José Bové a immédiatement annoncé vendredi soir qu'il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants. "C'est ce qu'on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l'ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s'alimenter", a-t-il déclaré. "On recommencera à s'alimenter demain à midi", a-t-il ajouté. Tous réclamaient l'activation par la France de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne afin de suspendre la culture en France du maïs MON810.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, "c'est l'esprit de responsabilité du Grenelle de l'environnement qui permet ce soir au gouvernement d'enclencher la clause de sauvegarde. Le plus important maintenant, c'est la loi. Il faudra appliquer à ce texte le même esprit de principe de précaution". Même réaction du côté de Greenpeace. Arnaud Apotheker, spécialiste des OGM à Greenpeace-France, a exprimé "sa joie". "Cette décison fait qu'il n'y aurait pas d'OGM en culture sur le territoire français en 2008 et va permettre de discuter de la loi de manière sereine. Cette loi devra prendre en compte de la même façon ce principe de précaution", a-t-il ajouté.

Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause "en cas de doute sérieux" sur le MON810. Or, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de "doutes sérieux" sur ce maïs, dans un avis remis mercredi au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Un avis toutefois contesté, notamment par douze scientifiques membres de la Haute autorité. Dans un communiqué jeudi soir, ils "font remarquer" que "le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de doutes sérieux, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de négatifs", comme l'a déclaré le président, le sénateur Jean-François Le Grand. Ils se disent donc "gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription" et "regrettent le manque de temps qui ne leur a pas permis, d'une part de réaliser une expertise plus complète du MON810 selon les critères de l'expertise collective, et d'autre part de relire sereinement l'avis avant sa diffusion".

OGM : la Haute autorité émet des "doutes sérieux"

  • Dans un avis, elle relève "un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" pour la faune et la flore.
  • Selon José Bové, il n'y a désormais "qu'une seule possibilité" : la clause de sauvegarde.
La Haute autorité provisoire sur les OGM a "relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" dans son avis sur le maïs OGM MON 810, à propos duquel elle exprime des "doutes sérieux", a indiqué mercredi son président, Jean-François Le Grand. Selon lui, les éléments scientifiques nouveaux sont "la dissémination à longue distance, sur plusieurs dizaines, voire centaines de km" de l'OGM en question, "la résistance chez des insectes" et "les effets constatés sur la flore et la faune", notamment sur le lombric et les micro-organismes.

"Cet avis est conforme à l'état d'esprit du Grenelle" de l'environnement, a de son côté souligné Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement. "Des scientifiques pointus nous ont répondu qu'il y avait des éléments scientifiques nouveaux par rapport à ceux qui avaient permis l'autorisation du MON 810 en 1998 et ils ont fait état de doutes sérieux".

"Une seule possibilité"

Pour le leader altermondialiste José Bové, il n'y a désormais "qu'une seule possibilité" : la clause de sauvegarde. "On attend la décision du ministre de l'Ecologie (...). A mon avis il n'y a qu'une seule possibilité", a-t-il déclaré sur LCI, faisant allusion à l'activation par la France de la clause de sauvegarde qui lui pemettrait d'interdire la culture du MON 810. Même réaction au sein des associations écologistes. "Je vois mal comment avec un avis pareil on pourrait ne pas appliquer la clause de sauvegarde", a déclaré Arnaud Apoteker, de Greenpeace. "Il est évident pour nous ce soir que la clause de sauvegarde sera activée par le président de la République", a déclaré de son côté Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement.

Du côté de la FNSEA par contre, "rien ne devrait pousser le gouvernement à accélérer un processus de décision sur cette clause de sauvegarde, à moins d'agir d'une facon politicienne", explique le vice-président du syndicat agricole, Pascal Férey. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a indiqué que le gouvernement prendrait une position officielle sur l'activation, ou non, de la clause de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Mardi, Nicolas Sarkozy s'était déclaré prêt à faire jouer cette clause en cas de "doute sérieux" sur ces cultures "jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème". Cette clause permet à un pays européen d'interdire un organisme génétiquement modifié autorisé par l'Union européenne à condition de le justifier par des éléments scientifiques nouveaux.

Climat : deux ans pour mettre en place l'après-Kyoto

  • Fortement hués, les Etats-Unis ont finalement accepté de se rallier aux négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement climatique.
  • Alors que Ban Ki-moon était venu assister à la dernière séance plénière pour y peser de toute son influence.
La communauté internationale a lancé samedi à Bali sous les applaudissements, mais dans la douleur, les négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement climatique qui devront aboutir en 2009, pour remplacer le protocole de Kyoto qui expire en 2012. Après un épuisant marathon nocturne et un dénouement mélodramatique, qui en a retardé encore la conclusion de plusieurs heures, la conférence climat de l'ONU a formellement adopté la "feuille de route de Bali". L'accord stipule que le processus de négociations qui doit arrêter les suites à donner au protocole de Kyoto devra être lancé "dès que possible et pas plus tard qu'avril 2008".

"Franchement, je suis déçu par le manque de progrès" dans les discussions, avait solennellement lancé le secrétaire général Ban Ki-moon, venu assister à la dernière séance plénière pour y peser de toute son influence. "Mais il se fait tard, il est temps de décider, de prendre une décision, vous avez dans vos mains la capacité d'apporter au monde une issue positive à cette conférence", avait-il ajouté. Yvo de Boer, le responsable de la lutte contre le changement climatique à l'ONU a craqué à la tribune, s'exprimant avec des sanglots dans la voix, à l'issue de plusieurs interruptions de séances et de menaces de veto américain.

Les Etats-Unis hués

Le texte élude notamment les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire, auxquelles s'opposaient les Etats-Unis. Mais soumis à une énorme pression internationale, les Etats-Unis ont finalement accepté de "se rallier au consensus" sur l'accord final, après avoir exigé sans les obtenir davantage d'engagements des pays en voie de développement.

Toute la journée, les Etats-Unis avaient menacé à la mi-journée de rejeter le texte. "Nous ne pouvons accepter la formulation retenue parce qu'elle représente un changement significatif dans l'équilibre que beaucoup d'entre nous ont cherché à trouver", avait indiqué Paula Dobriansky, chef de la délégation américaine à Bali, copieusement huée par la salle. Auparavant, les premiers blocages étaient le fait de la Chine, de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh qui ont demandé plusieurs suspensions de séance et des amendements au texte pour contrebalancer les efforts attendus de la part des pays en développement.

Hulot donne 18/20 à Sarkozy

  • L'animateur de télévision se réjouit des annonces faites par le président de la République.
Le satisfecit semble général après 4 mois de Grenelle de l'Environnement. En tout cas, pour Nicolas Hulot, c'est une réussite, en particulier en matière de fiscalité écologique. "A ce stade-là, pour gagner une petite marge de manoeuvre, on va mettre 18 sur 20", a déclaré à Reuters l'animateur de télévision, qui avait fait du "prix du carbone" son cheval de bataille.

"C'est plus qu'un lancement d'idée, c'est même assorti d'une réforme profonde de la fiscalité comme je le souhaitais - sans d'ailleurs penser qu'on en arriverait là -, d'un transfert de la fiscalité du travail sur la fiscalité éconologique", a-t-il dit.

Pour Nicolas Hulot, le "Grenelle de l'environnement", inédit en France, a permis de faire "un saut qualitatif". "On a fait en quleques mois ce que l'on n'a pas fait en une dizaine d'années, il y a une vraie rupture", s'est-il réjoui. "Il y un changement de cap qui est induit et de nouvelles logiques vont se mettre en branle, ça c'est évident".

Allocution de M. AL GORE au Grenelle de l'environnement

Allocution de M.José Manuel BARROSO au Grenelle de l'environnement

Sarkozy lance un "New Deal écologique"

  • Le chef de l'Etat a conclu jeudi le Grenelle de l'environnement en annonçant une série de programmes ambitieux.
  • Al Gore et Manuel Barroso étaient à ses côtés.
C'est dans un "plan Marshall" du développement durable, dans un "New Deal écologique" que la France veut s'engager, a affirmé jeudi Nicolas Sarkozy. Son discours volontariste a conclu les deux journées du Grenelle de l'environnement et repris les principales mesures proposées par les négociateurs de ces tables rondes : représentants de l'Etat, des associations écologistes, de l'entreprise et des collectivités territoriales.

"Vos mesures, je les fais miennes (...) je les mettrai en œuvre", leur a assuré le président de la République, après avoir rendu un hommage appuyé aux participants et à Jean-Louis Borloo. "C'est bien à une révolution que nous amène le Grenelle de l'environnement, a-t-il pointé. Révolution des comportements, des objectifs, des politiques, des critères."

Fiscalité

Nicolas Sarkozy s'est prononcé "contre toute fiscalité supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises". Selon lui, "tout impôt nouveau doit être compensé". Il demandera ainsi à l'Union européenne "une TVA à taux réduit sur tous les produits écologiques". La création de la taxe climat-énergie, ou taxe carbone que réclamaient les ONG écologistes, sera ainsi adoptée "en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail". "L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail", a-t-il poursuivi.

En revanche, Nicolas Sarkozy veut s'attaquer au "dumping environnemental", qu'il considère comme une "déloyauté", en taxant les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. Il a souhaité que ses partenaires européens prennent part à ce combat.

Investissements

Rappelant que la politique en faveur de l'environnement est avant tout une politique d'investissements, Nicolas Sarkozy a annoncé un "programme national de développement durable", doté d'investissements massifs, à l'image du Plan Marshall américain qui a permis à l'Europe de se relever après la deuxième guerre mondiale. Un milliard d'euros sur quatre ans seront ainsi consacré à la recherche "verte". Des fonds seront également consacrés au développement des transports alternatifs à la route (voies ferrées, fluviales...) afin de réduire de trois millions le nombre de camions circulant en France d'ici à 2020.

Le gouvernement souhaite aussi investir dans le bâtiment neuf et ancien (800.000 HLM à rénover en priorité) ainsi que dans une "agriculture durable", utilisant moins de pesticides. Les cantines publiques proposeront ainsi au moins un repas bio par semaine. Tous ces engagements financiers se traduiront par "100.000 nouveaux emplois dans le bâtiment, 50.000 dans les énergies nouvelles", a précisé le président, évoquant une baisse de 40% de la facture énergétique des ménages en 2020.

Transparence

"Les Français ont le droit de savoir et de se faire leur propre opinion", a souligné le chef de l'Etat, qui prône un "droit de transparence total, y compris sur le nucléaire et les OGM". Face aux "doutes" que soulèvent les cultures transgéniques, le président a ainsi annoncé la "suspension de la commercialisation des OGM pesticides avant la fin de l'année". En revanche, "il est illusoire de relever le défi climatique sans le nucléaire", a-t-il dit, mais "le nucléaire n'est pas la solution unique". D'où le lancement prochain d'un "programme national des énergies renouvelables" avec la "même ambition" que le programme nucléaire démarré en 1974. Double objectif : réduire les besoins d'énergie et parvenir à 95% d'énergie électrique sans carbone.

Le chef de l'Etat a par ailleurs défendu le "principe de précaution", contesté par les travaux de la Commission Attali sur la croissance, expliquant qu'il devait "être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions.

Hommage aux Français

Trois invités d'honneur étaient également présents : l'Américain Al Gore et la Kényane Wangari Maathai, deux prix Nobel de la Paix honorés pour leur combat en faveur de la préservation de la planète, ainsi que le président de la commission européenne, Manuel Barroso. L'ex-vice président américain a adressé ses "félicitations au peuple français" et au président Sarkozy pour avoir su organiser le Grenelle de l'environnement. "Nous avons besoin d'un Grenelle mondial, a déclaré Al Gore, pour aller loin et vite."

L'ourse Franska tuée par une voiture

L'ourse Franska, amenée de Slovénie en France dans le cadre de la réintroduction de l'ours brun dans les Pyrénées, a été tuée jeudi matin par une voiture près de Lourdes. La collision est survenue sur la RN21 à Viger, à environ 5 kilomètres au sud de Lourdes. Les circonstances de l'accident n'étaient pas encore très claires, jeudi matin. Le conducteur du véhicule serait hors de danger, selon le ministère.

Cette ourse slovène avait été lâchée le 28 avril 2006 sur la commune de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Elle avait attaqué depuis des troupeaux à plusieurs reprises, tuant près de 150 brebis, ce qui lui avait valu d'être cataloguée comme "ourse à problème" par nombre de responsables locaux.

Franska avait été relâchée dans les Pyrénées avec quatre autres plantigrades venus aussi de Slovénie. L'un de ses congénères, Palouma, avait été retrouvée morte quelques semaines plus tard, apparemment victime d'une chute accidentelle. Avant l'arrivée des ours slovènes, les Pyrénées ne comptaient plus que 14 à 18 ours. Ils étaient des centaines il y a un siècle.

Mon avis : (Je modifie mon avis après autopsie de l'animal.) Je ne coyais pas à l'accident mais obliger de l'admettre cependant je suis très déçu et toujours en colère car l'autopsie a montré que l'ourse avait du plomb c'est à dire que des imbéciles lui on tiré dessus. Il faut vraiment arrêter ce massacre. L'ourse des Pyrénées à toujours vécu là, l'homme la chasser et notre devoir c'est de réparer.

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