NOUVEAU SITE EN PREPARATION
Ce blog est suspendu
Messages les plus récents portant le libellé Economie. Messages plus anciens
Messages les plus récents portant le libellé Economie. Messages plus anciens

GDF et Suez sont mariés, un géant de l'énergie est né

  • Les actionnaires de Suez et GDF ont approuvé mercredi la fusion des deux groupes, qui va donner naissance à l'un des leaders mondiaux de l'énergie.
  • La fusion effective et la première cotation du nouveau groupe GDF Suez, ainsi que l'entrée en Bourse de Suez Environnement, doivent avoir lieu le 22 juillet, après deux ans et demi de fiançailles.
Ça y est. Après deux ans et demi de longues et difficiles fiançailles, la fusion est actée. En présence des futurs numéros 1 et 2 du groupe, Gérard Mestrallet, PDG de Suez et de Jean-François Cirelli, PDG de GDF, les actionnaires de Suez ont approuvé à 99,6% la fusion de leur groupe avec Gaz de France, qui sera effective le 22 juillet, jour de sa mise en bourse. Quelques heures plus tard, les actionnaires de Gaz de France ont à leur tour approuvén, à 99,9%, une résolution portant sur la réalisation de ce mariage.

Cette fusion est "l'aboutissement d'un rêve" et "l'une des plus grandes fusions menées en France depuis vingt ans", a souligné Gérard Mestrallet, qui s'est félicité d'avoir "franchi toutes les étapes" d'un mariage annoncé en février 2006, qui a connu moult rebondissements. Le patron de Gaz de France, Jean-François Cirelli, futur numéro deux du groupe d'énergie, a souligné, lui, mercredi le "besoin d'entreprises énergétiques fortes" en Europe, où "la sécurité énergétique (...) est un enjeu de premier ordre". Les patrons de La Poste, d'Air France, d'Areva ou du Groupe Bruxelles Lambert seront membres du conseil d'administration (CA) du futur groupe. Nicolas Sarkozy s'est félicité mercredi de cette fusion. "Avec la création de GDF Suez, la France compte un quatrième acteur de rang mondial dans le secteur stratégique de l'énergie, y prenant ainsi une place déterminante au moment où les enjeux y sont les plus forts depuis trente ans", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Ce mariage, qui est en fait une fusion-absorption de Suez par GDF, prévoit l'échange de 22 actions Suez contre 21 actions GDF, et la mise en Bourse de Suez Environnement, dont 65% du capital sera distribué aux actionnaires de Suez. La fusion aura un effet rétroactif au 1er janvier. Le nouvel ensemble sera détenu d'abord par l'Etat français (35,6% du capital), suivi par le Groupe Bruxelles Lambert (5,3%). Les administrateurs de GDF et de Suez avaient déjà approuvé début juin le projet de fusion, validé ensuite mi-juin par l'Autorité des marchés financiers. Jeudi, l'arrêté de privatisation de GDF paraîtra au Journal officiel et les deux patrons tiendront un point presse au siège du nouvel ensemble, un immeuble du VIIIe arrondissement occupé un temps par EDF, principal concurrent du nouveau groupe.

Le nouveau groupe affiche l'un des premiers chiffres d'affaires du secteur, soit, près de 75 milliards d'euros, davantage qu'EON, Gazprom ou EDF, et va employer près de 200.000 personnes.

Bruxelles fait un geste pour les pêcheurs

  • La Commission européenne a annoncé mardi son intention de débloquer 600 millions d'euros pour les aider à faire face à l'envolée des prix du carburant.
  • Le plan doit encore être approuvé par les ministres européens de la Pêche.
Ils réclamaient depuis des semaines une aide face à l'envolée des prix du carburant. Ils sont en passe d'obtenir gain de cause. La Commission européenne a annoncé mardi son intention de débloquer une enveloppe allant jusqu'à 600 millions d'euros pour aider les pêcheurs de l'UE.

Ces fonds, qui doivent permettre à la profession de s'adapter à la nouvelle donne créée par la hausse des prix des hydrocarbures, sont inclus dans un plan d'aide d'urgence plus général mis au point par la Commission après le mouvement de grogne des marins pêcheurs ces dernières semaines.

Ce dernier prévoit d'autoriser le versement d'aides financières spécifiques aux pêcheurs contraints de rester temporairement à quai et permettra aux gouvernements de débloquer des montants d'aide publique plus importants que ce qui était toléré jusqu'à présent par Bruxelles. Le plan doit encore être approuvé par les ministres européens de la Pêche. Ces derniers devraient en discuter dans le courant du mois de juillet.

Le G8 se réunit sur fond de crise économique

  • Les dirigeants du G8 doivent entamer lundi au Japon un sommet dominé par la crise économique, la hausse du pétrole et la lutte contre le réchauffement.
  • Dans un quotidien japonais, Nicolas Sarkozy souhaite que le G8 encourage la "transparence" sur le marché du pétrole.
Les dirigeants du G8 doivent entamer lundi à Toyako (Japon) un sommet dominé par la crise économique et la lutte contre le réchauffement. Les premiers dirigeants, dont le président américain George W. Bush, sont arrivés dimanche à Sapporo avant de gagner le site du sommet, un hôtel de luxe sur les bord du lac Toya sur l'île de Hokkaido, dans le nord du Japon. Le lac Toya est situé à environ 150 kilomètres de Sapporo où sont confinés plusieurs milliers de manifestants altermondialistes. Quatre personnes, ont d'ailleurs été arrêtées dimanche lors de légers incidents. Quoiqu'il en soit, voici les principaux thèmes qui seront abordés durant les trois jours de ce sommet.

Flambée du pétrole et des prix alimentaires
Les prix record du pétrole et la flambée des prix des produits alimentaires, qui menacent la croissance mondiale, occuperont la première place au menu des préoccupations des huit pays les plus industrialisés. Les dirigeants du G8 veulent prendre des mesures concrètes pour enrayer la crise qui alimente l'inflation mondiale et aggrave la pauvreté dans le monde. Plusieurs mesures sont à l'étude pour augmenter la productivité agricole dans les pays en développement, approvisionner certaines régions en semences et engrais, voire lever les restrictions aux exportations des pays riches vers les pays pauvres. Le président américain George W. Bush suggère pour sa part de lever les barrières aux cultures génétiquement modifiées. Une déclaration sur les moyens de stabiliser les marchés mondiaux, alors que l'économie américaine est en berne, sera également étudiée.

Changement climatique
Après leur accord a minima au dernier sommet du G8 en Allemagne en juin 2007 promettant "d'envisager sérieusement" une réduction d'au moins 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, les Huit sont pressés de confirmer un véritable engagement en ce sens. Mais les Etats-Unis restent hostiles à la définition d'objectifs chiffrés auxquels ne seraient pas soumises les grandes économies émergentes comme la Chine ou l'Inde.

Le développement et l'Afrique
Devant les leaders de sept pays africains - dont l'Algérie, le Sénégal, l'Afrique du Sud et le Nigeria - invités à une session spéciale du sommet lundi, les Huit seront mis devant leurs engagements de doubler leur aide à l'Afrique. Au sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, ils avaient promis d'augmenter cette aide de plus de 25 milliards de dollars d'ici 2010 pour la porter à 50 milliards de dollars par an.

Zimbabwe
Les Huit doivent discuter de la réélection du président zimbabwéen Robert Mugabe, largement condamnée par la communauté internationale, et de la légitimité de son gouvernement. Le président Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a été investi le 29 juin pour un sixième mandat à la tête du Zimbabwe après un scrutin où il était seul en lice, son opposant Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour, s'étant retiré de la course en raison des violences contre ses partisans.

Corée du Nord
Les cinq pays qui négocient avec Pyongyang d'une dénucléarisation de la Corée du Nord - Etats-Unis, Chine, Japon, Russie, Corée du Sud - doivent examiner les moyens de vérifier que les installations nucléaires nord-coréennes sont bien démantelées.

Iran
Les leaders du G8 discuteront de la réponse de l'Iran, donnée la semaine dernière mais pas encore rendue publique, à une proposition des Six grandes puissances d'une offre de coopération en échange d'une suspension de son programme d'enrichissement d'uranium.

Le baril de pétrole s'est envolé comme jamais

  • Le pétrole a clôturé vendredi à 138,54 dollars le baril, sur un bond de près de 11 dollars, le plus important en une séance.
C'est du jamais vu, de l'inédit : les cours du brut ont bondi vendredi de 10,75 dollars en une seule séance. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet a encore pulvérisé les records, tout au long de la journée : 137, 138 et même 139,01 dollars, avant de clôturer à 138,54 dollars à New York.

A Londres, sur l'Intercontinental Exchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord, également pour échéance en juillet, a lui grimpé jusqu'à 138,12 dollars. Vers 18h45 GMT, le "light sweet crude" avançait encore de 10,64 dollars à 138,43 dollars et le Brent de 9,86 dollars à 137,40 dollars.

La faiblesse du billet vert n'a fait qu'accentuer la tendance. Les cours de l'or noir se sont envolés d'environ 17 dollars jeudi et vendredi, le marché réagissant avec une nervosité extrême à une retombée du dollar, à plus de 1,57 dollar pour un euro. Le Dow Jones a plongé à la clôture de 3,13% et le Nasdaq de 2,96%. Il s'agit de la plus forte baisse de l'indice Dow Jones depuis février 2007. Un peu plus tôt, le CAC avait cédé 2,28 %.

Le chômage, à 7,2%, poursuit sa décrue

  • La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a révélé jeudi matin que le taux de chômage en France s'établissait à 7,2% au premier trimestre.
Christine Lagarde n'y tenait plus. La ministre de l'Economie a annoncé, une heure avant la publication officielle des chiffres par l'Insee, que le taux de chômage s'établissait à 7,2% au premier trimestre 2008. C'est 0,2 point de moins par rapport au précédent trimestre, selon les statistiques de l'Insee.

"C'est vraiment la très très bonne direction et c'est une confirmation de ce que tous les efforts que nous mettons en place, tous les efforts développés par les entreprises, sont en train de payer", a commenté Christine Lagarde qui a noté que le taux d'emploi a progressé au premier trimestre à 65,1% contre 64,7% au quatrième trimestre 2007. "L'effet démographique n'est absolument pas suffisant pour expliquer ces chiffres-là", a estimé la ministre.

Les jeunes toujours très touchés

Ce taux "provisoire", en baisse de 1,2 point sur un an, correspond à deux millions de chômeurs en France métropolitaine. La décrue du chômage, entamée en 2006, a connu un palier au tournant de l'année 2006-2007, avant de reprendre à partir du deuxième trimestre 2007.

Pour les moins de 25 ans, le taux de chômage a encore reculé tout en restant plus de deux fois supérieur à celui des 25-49 ans. En métropole, il a atteint 17,2% (21,1% au premier trimestre 2007), soit 461.000 personnes. . Le chômage a aussi décliné pour les 25-49 ans, passant à 6,6%. Pour les 50 ans ou plus, le taux s'est établi en repli à 4,7%.

"Je reste cependant pessimiste pour la croissance
Mais il s'agit d'une très bonne nouvelle"
Sarkozyfrance2007

La France reste n°1 du tourisme

  • Avec près de 82 millions de touristes, la France a conservé en 2007 son rang de première destination mondiale, devant l'Espagne.
  • Un chiffre en hausse de 4% par rapport à 2006, selon le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Hervé Novelli.
C'est une bonne nouvelle pour le tourisme français. En 2007, la France a conservé son rang de première destination mondiale, devant l'Espagne. Que ce soit pour le Louvre, les châteaux de la Loire, le Pays-Basque, la capitale des Gaules... la France a accueilli près de 82 millions de touristes en 2007. Un chiffre en hausse de 4% par rapport à 2006, selon le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Hervé Novelli.

"Le gouvernement est décidé à soutenir et à accompagner" tous les efforts des professionnels du tourisme "pour que la France reste une destination d'exception, la favorite des voyageurs étrangers", a commenté Hervé Novelli avant de se féliciter de cette "excellente performance de la France".

Sur ces 82 millions d'arrivées, il faut compter 14 millions de touristes en transit et 68 millions qui ont eu la France comme destination principale, un "résultat net" qui "reste supérieur" à celui de l'Espagne, relève le communiqué du ministère. Quelque 59,2 millions de touristes étrangers ont visité l'Espagne en 2007, en hausse de 1,7%, avait annoncé en janvier le ministère espagnol du Tourisme. La France et l'Espagne restent cependant en retrait par rapport à l'évolution du marché touristique mondial : l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a recensé 898 millions de voyageurs en 2007, en hausse de 6,1% sur 2006.

Mauvais chiffres pour la consommation

  • Les dépenses de consommation des ménages ont reculé de 0,8% au mois d'avril, après avoir baissé de 1,0% en mars. Une alerte sérieuse pour la croissance.
  • Les économistes évoquent "un retour à la triste réalité".
Si la croissance a tenu mieux que prévu en ce début d'année, elle est en train de perdre son principal moteur. Les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont reculé de 0,8% au mois d'avril, après avoir baissé de 1,0% en mars, a annoncé l'Insee vendredi.

Sur un an, la consommation des produits manufacturés, qui représente environ un quart de la consommation des ménages mais représente un bon indicateur de la tendance générale, progresse de 0,4%, selon l'Institut national de la statistique. Par rapport à mars, la consommation des ménages a cédé du terrain dans la plupart des secteurs, à l'exception des équipements du logement, qui ont progressé de 1,6% après être restés stables le mois dernier.

"L'heure du retour à la triste réalité"

Les économistes s'en inquiètent. Pour Nicolas Bouzou (Asterès), "ce n'est plus une alerte, c'est un changement d'orientation : la consommation des ménages lâche". "Ce sont bien les tensions inflationnistes qui expliquent le recul de la consommation. Les prix augmentent en effet désormais plus rapidement que les salaires de base, ce qui signifie que le pouvoir d'achat des salariés n'augmente plus", poursuit-il.

Marc Touati (Global Equities) est sur la même ligne : "Déjà, il y a tout juste une semaine, la faible augmentation de l'emploi au premier trimestre a refroidi les ardeurs. Mais aujourd'hui, avec l'annonce d'un deuxième mois consécutif de baisse de la consommation des ménages en produits manufacturés, c'est vraiment l'heure du retour à la triste réalité".

Alexander Law (Xerfi), pointe "une nouvelle alerte très sérieuse pour la croissance française". "Comme par ailleurs le moral des ménages a poursuivi sa spirale infernale ces derniers mois, il est plus que probable que l'économie française doive se passer pour quelques temps encore du soutien des ménages. C'est un handicap très lourd, car l'industrie n'a pas les reins assez solides pour porter la croissance à bouts de bras".

Les premiers résultats sur la croissance

  • Tranchant avec la sinistrose ambiante, les chiffres de la croissance sont revus à la hausse par l'Insee, ce qui ravit la ministre de l'Economie et l'Elysée.
  • Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement".
La sinistrose n'est que dans les têtes ! Les bons chiffres de la croissance française révélés jeudi par l'Insee abondent en tout cas dans ce sens. Le produit intérieur brut (PIB) de la France a nettement accéléré au premier trimestre 2008, progressant de 0,6% après 0,3% au dernier trimestre 2007. L'institut national de la statistique a par ailleurs revu à la hausse la croissance pour 2007 à 2,1%, après une précédente estimation à 1,9%. L'acquis de croissance, c'est-à-dire le niveau de croissance dont on est sûr qu'il sera atteint sauf récession à venir, s'établit donc à 1,4% à la fin mars 2008.

Le gouvernement tablait pour 2007 sur une croissance comprise entre 2% et 2,5%. "Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit", a dit Christine Lagarde. "On s'est beaucoup moqué de moi quand j'ai dit nous ferons au moins 2%", "on sort à 2,2% : c'est plus que la fourchette basse de nos prévisions", a constaté une Christine Lagarde revancharde. "On a eu un bon investissement des entreprises et une bonne contribution des exportations, qui prennent un peu le relais de la consommation, plutôt faible au premier trimestre 2008", a-t-elle estimé.

"Les remèdes sont confortés"

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de ces chiffres qui "traduisent l'impact des mesures prises en application de ses engagements par le gouvernement en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat". "Les résultats de 2007 comme les estimations pour le premier trimestre 2008 sont conformes aux prévisions du gouvernement en dépit d'un contexte international difficile", relève le chef de l'Etat. "Le diagnostic posé sur la situation de notre pays et les remèdes à y apporter sont confortés", estime-t-il.

Dans la même veine, François Fillon a saisi l'occasion pour valider la politique de son gouvernement. "C'est une très, très bonne nouvelle" et "j'invite tous ceux qui pendant six mois nous ont expliqué que la croissance française serait bien inférieure à réfléchir à deux fois avant de faire de nouvelles prévisions", a lancé le Premier ministre devant la presse sur le perron de Matignon. "Les chiffres de la croissance montrent que l'économie française, dans un climat international très difficile, résiste très bien".

L'enthousiasme a aussi gagné le ministre du Budget Eric Woerth qui estime que les chiffres annoncés sont une "bonne surprise", et affirme que la prévision de croissance du gouvernement pour 2008 est "crédibilisée". "La croissance en France tient plutôt bien. Sur la moyenne des pays européens nous avons réduit l'écart", a-t-il déclaré sur iTélé. L'économie allemande a en effet affiché de son côté une robustesse surprenante début 2008, son PIB ayant progressé de 1,5% au premier trimestre.

Cerise sur le gâteau, cette révision à la hausse de la croissance permet à la France de réduire sa dette publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) à 63,9% du PIB en 2007, contre 64,2% précédemment. A 50,3 milliards d'euros, le déficit public pour 2007 reste quant à lui à 2,7% du PIB, en-deçà du seuil de 3% prévu dans le pacte de stabilité de l'Union européenne.

Réforme de l'Etat - 7 milliards d'économies

  • Nicolas Sarkozy prévoit notamment d'économiser en durcissant l'accession au logement social et en confirmant la baisse du nombre de fonctionnaires.
  • Le président de la République n'a pas chiffré ces économies dans son discours.
Partiellement dévoilé par la presse cette semaine, le plan de "modernisation des politiques publiques" a été présenté ce matin par Nicolas Sarkozy. Il comprend quelque 166 mesures visant à faire sept milliards d'économies budgétaires, sur fond de dérive des déficits français.

"Le temps de la réforme de l'Etat est venu", "je m'y étais engagé, nous la faisons", a annoncé Nicolas Sarkozy qui a demandé à son gouvernement de passer au crible les 272 milliards d'euros de dépenses de l'Etat français pour y faire un maximum d'économies structurelles. Cette réforme a été "sans arrêt scandée et toujours différée", a raillé Nicolas Sarkozy arguant que "si on réforme l'Etat, c'est pour les Français".

Le président était venu inaugurer la Direction générale des finances publiques, fusion des directions générales des Impôts et de la Comptabilité. Il a salué à ce sujet la fusion à venir des différents services de l'impôts sur le territoire français, estimant qu'il était "incompréhensible que ce ne soit pas le même organe qui calcule et perçoive l'impot".

"La différence entre la rigueur et la réforme"

"Je le dis et je le répète, ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c'est la réforme qui permettra les économies", a déclaré Nicolas Sarkozy dans son discours depuis Bercy. "C'est la différence entre la rigueur et la réforme".

"L'équilibre des finances en 2012 est à notre portée", a-t-il estimé rappelant qu'"aucun ministère ne sera écarté de la nécessité de la réforme". "J'observe un enthousiasme différencié selon les ministères", a d'ailleurs pointé le président. Voici les grandes annonces évoquées par le président français depuis le ministère de l'Economie. Nicolas Sarkozy ne les a pas chiffrées dans son discours mais la réforme de l'Etat devrait se traduire par un total de 7 milliards d'euros d'économies d'ici à 2011, selon le rapport du ministère du Budget publié vendredi.
  • Retraite des fonctionnaires
Un fonctionnaire sur deux seulement devrait être remplacé au moment de son départ à la retraite, cela permettra de faire 50% des économies souhaitées par le gouvernement. "Cet engagement sera tenu, c'est indispensable", a promis Nicolas Sarkozy. "Il y a 300.000 fonctionnaires de l'Etat en plus aujourd'hui qu'en 1982", s'est-il désolé évoquant aussi les fortes augmentations d'effectifs des fonction publiques territoriale et hospitalière. La moitié des gains réalisés grâce à la réduction du nombre de fonctionnaires sera redistribuée aux agents, ce qui représentera "plus d'un milliard d'euros" en 2011, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy. Ce qui rabaisse les économies effectivement réalisées entre 5 et 6 milliards d'euros.

Nicolas Sarkozy a ensuite jugé ironiquement "fantastique" que des fonctionnaires touchent des suppléments de pension s'ils prennent leur retraite Outre-mer et promis de revoir cette disposition. "Je ne vois pas pourquoi nous laisserions perdurer des dépenses qui ne sont pas justifiées. Nous proposerons donc au Parlement la suppression de ce dispositif, en veillant à la situation de ceux qui ont fait des choix de vie en fonction de ce système", a-t-il ajouté.
  • Armée
Le président a annoncé une réorganisation de certains services de l'Etat et des armées, notamment certains services qui pourrait être fusionées plutôt que d'exister pour chaque branche (terre, mer, air). "Je me demande si c'est vraiment nécessaire que nos trois armées aient chacune un service d'achat, un service d'alimentation, un service d'habillement, des services administratifs", a-t-il souligné.
  • Diplomatie
Les effectifs diplomatiques dans certains pays jugés pléthoriques par le Président vont être réduits. Nicolas Sarkozy a ainsi cité les "721 personnes au sein de nos services diplomatiques au Sénégal" qu'il a comparé à ceux de l'Inde et ses "un milliard d'habitants" qui sont moins de 300. "C'est le poids de l'histoire, mais il est temps, et Bernard Kouchner et l'ensemble du Quai d'Orsay ont décidé de s'y atteler, de mieux adapter notre présence diplomatique aux enjeux du XXIème siècle". Selon le président de la République, "c'est un défi crucial de modernisation
qui est à la portée de la diplomatie française".
  • Logement social : des conditions de ressource durcies
"70% des Français peuvent prétendre à un HLM. Est-ce bien raisonnable alors que nous nous sommes engagés à loger ceux qui sont le plus en difficulté ?", s'est interrogé le président de la République. Le plafond de ressources donnant droit à un logement social va donc être abaissé. Nicolas Sarkozy a aussi indiqué que les personnes bénéficiant déjà d'un logement social mais qui dépassent les plafonds de ressources devraient payer un surloyer. "Il y a des personnes au sein du parc social qui dépassent les plafonds de ressource. N'est-il pas normal qu'elles payent un loyer plus élevé que les autres, pour financer la construction de nouveaux logements sociaux ou y contribuent en accédant à la propriété ?", s'est encore interrogé le chef de l'Etat.
  • Aides aux entreprises
Le crédit d'impôts-recherche va être réorienté vers les PME.
  • Police et gendarmerie
Nicolas Sarkozy a annoncé que le potentiel opérationnel de la police et de la gendarmerie "sera maintenu", mais que des économies seront réalisées notamment en évitant des transferts de détenus grâce à la vidéoconférence.
  • Un audit pour suivre les dépenses
Nicolas Sarkozy a enfin souhaité vendredi "la constitution d'un grand organisme d'audit des politiques publiques". "Il faut renforcer notre capacité d'évaluation pour que la réforme de l'Etat soit durable et continue", a déclaré le président de la République. "C'est pour cette raison que j'ai demandé au premier président de la Cour des Comptes de réfléchir à la constitution d'un grand organisme d'audit des politiques publiques, qui permettra de nourrir le débat et d'alimenter les décisions", a-t-il ajouté.

Rachida Dati ne fait pas dans l'économie

  • La garde des Sceaux fait grimper les dépenses du ministère de la Justice et reconnaît qu'en 2007 une avance de 100.000 euros a été nécessaire.
  • Je tiens ici à la rappeler à l'ordre, parce que j'estime que tout le monde doit participer aux maitrises des dépenses et plus particulièrement quand on est ministre.
Rachida Dati mène-t-elle la grande vie au ministère de la Justice ? Entre réceptions, restaurants et voyages, le site internet Mediapart affirme que les dépenses de la garde des Sceaux "ont grimpé de manière vertigineuse". En décembre 2007, les frais de représentation auraient atteints 270 000 euros, soit un dépassement de 30% du budget initialement alloué.

A la Chancellerie, on reconnaît qu'il y a effectivement eu "une rallonge de 100.000 euros à l'automne 2007". Mais selon le porte-parole du ministère, Guillaume Didier, cette somme se justifie "par l'organisation de réceptions telles que celle tenue à l'occasion de la fête nationale, le 13 juillet".

Enfin, le porte-parole a réfuté la moindre "prise en charge des dépenses personnelles" de Rachida Dati. Selon Mediapart, cela concernerait "des paires de collants" et des "frais de maquillage". Guillaume Didier a expliqué qu'il y avait simplement au ministère "le minimum nécessaire pour permettre des raccords de maquillage".

Pour 2008, François Fillon a alloué une enveloppe de 200.000 euros de frais de représentation à chaque ministère. Selon Médiapart, Rachida Dati en aurait déjà dépensé 112.356,67. Un chiffre que ne conteste pas Guillaume Didier : "il est exact qu'en début d'année, les dépenses sont plus importantes". Il a en revanche démenti qu'une nouvelle rallonge de 100.000 euros était d'ores et déjà prévue.

Le chômage au plus bas depuis 25 ans

  • Christine Lagarde se félicite des chiffres de l'Insee "historiquement au plus bas depuis 1983" annonçant un recul du chômage de 0,3% au 4e trimestre 2007, à 7,5% de la population active.
  • Entre 2006 et 2007, le taux de chômage moyen a diminué de 0,8%, passant de 8,8% à 8% de la population active.
Le taux de chômage au quatrième trimestre 2007 a fortement reculé à 7,5% de la population active en France métropolitaine (-0,3% par rapport au troisième trimestre) et à 7,8% si l'on inclut les départements d'Outre-mer, selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee. "C'est historiquement au plus bas depuis 1983", s'est félicitée dans la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, pour qui "l'évolution tient tout simplement à la création d'emplois, environ 340.000 au total en 2007, du jamais vu depuis 2000".

Pour la ministre, "il y a certes une partie non négligeable, mais pas dominante, de création d'emplois dans les services à la personne, mais aussi dans le tertiaire général, qui correspond à des externalisations par les entreprises, maintenance, logistique, etc.". Christine Lagarde a ironisé sur "les esprits chagrins qui s'accordent à conclure qu'il s'agirait d'emplois dégradés" : "en réalité, les CDI sont stables, il n'y a pas plus de travail à temps partiel, donc pas de dégradation de la qualité de l'emploi, mais au contraire une légère amélioration", a-t-elle dit. "Cela m'encourage vivement à engager plus encore les réformes de modernisation du marché du travail car on est à un moment historique pour peut-être véritablement tourner le dos au chômage comme l'ont fait nos voisins des pays nordiques", a-t-elle ajouté.

"Le passage d'un emploi à un autre, une évolution"

La décrue du chômage, entamée en 2006, a connu un palier au tournant de l'année 2006-2007, avant de reprendre à partir du deuxième trimestre 2007. Les chiffres fournis par l'Insee permettent de calculer un taux de chômage moyen pour l'année 2007 de 8% de la population active, contre 8,8% en 2006. Si l'on inclut les DOM, le taux de chômage moyen 2007 ressort à 8,3%, selon les chiffres fournis par l'Insee, dont le communiqué ne permet pas de calculer le taux de chômage moyen métropole + DOM en 2006.

Selon la ministre, "il faut pondérer les fermetures et les restructurations, et surtout s'efforcer de les anticiper, pour mettre en place des mécanismes de formation professionnelle qui permettent aux salariés qui quitteront un travail d'en retrouver un le plus rapidement possible". "C'est tout le sens de la modernisation du marché du travail : réforme de l'ANPE avec la fusion avec les Assedic, réforme de la formation, renégociation de la convention d'assurance chômage" (prévue entre syndicats et patronat probablement à partir de la mi-avril). "Le but", a-t-elle précisé, est que "le passage d'un emploi à un autre ne soit plus vécu comme une fatalité, mais comme une évolution" et qu'"en échange d'un parcours un peu plus sécurisé, il y ait évidemment l'obligation de chercher activement et prendre des offres d'emploi considérées comme valables".

Archive de blog
2007 : Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre
2008 : Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet